Un nouveau rebondissement secoue l’affaire de l’assaut du Capitole américain du 6 janvier 2021. Selon BMF - International, le ministère de la Justice des États-Unis a retiré de son site officiel plusieurs communiqués de presse relatifs aux militants condamnés pour leur participation à l’insurrection. Une décision justifiée par la volonté de « réparer le préjudice » subi par ces derniers, considérés comme des « persécutés politiques » par l’administration en place.
Cette suppression, confirmée samedi 23 mai sur le réseau social X, intervient dans un contexte où Washington multiplie les gestes en faveur des insurgés. Depuis son retour à la Maison Blanche, l’administration Trump a déjà gracie, réduit les peines ou promis l’abandon des poursuites pour plus d’un millier de participants à l’assaut. Un fonds d’indemnisation de plus d’un milliard de dollars a également été annoncé pour compenser financièrement ces militants, présentés par la Maison Blanche comme « injustement poursuivis ».
Ce qu'il faut retenir
- Le ministère de la Justice américain a supprimé de son site des communiqués de presse concernant des assaillants du Capitole du 6 janvier 2021.
- Ces documents étaient qualifiés de « propagande partisane » par la chancellerie, qui dénonce une instrumentalisation politique sous l’ère Biden.
- Un fonds d’indemnisation de plus d’un milliard de dollars a été annoncé pour les insurgés, présentés comme « persécutés ».
- Des procédures judiciaires en cours, notamment contre des membres des groupes Proud Boys et Oath Keepers, ont été annulées ou suspendues.
- Plus de 1 000 participants à l’assaut ont bénéficié de mesures de clémence depuis 2025.
Une suppression justifiée par la lutte contre la « propagande partisane »
Le ministère de la Justice a justifié sa décision dans un message publié sur X samedi 23 mai. Sous le compte « Rapid Response », la chancellerie a affirmé mettre fin à « l’utilisation du ministère à des fins politiques sous l’administration Biden ». « Nous sommes fiers de réparer le préjudice subi par ceux qui ont été persécutés pour des raisons politiques », a déclaré le ministère, avant d’ajouter : « Cela implique notamment de supprimer toute propagande partisane du site web du ministère de la Justice. »
Cette annonce fait suite à une observation de la journaliste du Washington Post, qui avait remarqué la disparition « discrète » de plusieurs communiqués. Parmi les exemples cités, figure celui d’un homme mis en cause pour « sollicitation sexuelle de mineur » et qui avait utilisé un spray anti-ours lors de l’assaut. Le ministère a balayé ces critiques, assurant qu’il n’y avait « rien de "discret" là-dedans ».
Un contexte judiciaire en pleine mutation
La suppression de ces documents s’inscrit dans une stratégie plus large de révision des poursuites liées à l’assaut du Capitole. Selon l’Associated Press (AP), des communiqués concernant des procès pour « complot séditieux » visant des membres des groupes d’extrême droite Proud Boys et Oath Keepers ont également été retirés. Jeudi 21 mai, une cour d’appel fédérale a accepté la demande d’annulation de condamnations pour complot séditieux formulée par le ministère, précise AP. Le lendemain, ce dernier a demandé le classement sans suite des poursuites engagées contre les autres membres de ces groupes.
Ces décisions s’ajoutent à une série de mesures prises depuis 2025 en faveur des insurgés. Dès son retour à la Maison Blanche, l’administration Trump a multiplié les actes de clémence : grâces présidentielles, réductions de peine ou promesses d’abandon des poursuites pour plus d’un millier de personnes impliquées dans l’assaut. Ces gestes s’accompagnent désormais d’une indemnisation financière, présentée comme une réparation pour des poursuites jugées « injustes ».
Des réactions contrastées et des questions en suspens
Cette politique de réhabilitation des assaillants du Capitole suscite de vives réactions. Du côté des forces de l’ordre, certains policiers présents lors de l’insurrection ont d’ailleurs attaqué Donald Trump en justice pour tenter de bloquer l’indemnisation des militants. Une initiative qui illustre les tensions persistantes autour de cet événement historique.
Par ailleurs, la suppression de ces communiqués interroge sur la transparence des institutions. Des observateurs soulignent que ces documents, autrefois accessibles au public, constituaient une source d’information sur les procédures judiciaires en cours. Leur retrait pourrait ainsi limiter l’accès à des éléments concrets sur l’avancée des enquêtes et des procès. — Autant dire que cette décision renforce les craintes d’une instrumentalisation politique de la justice.
Reste à voir si cette politique de clémence et de réhabilitation des insurgés du 6 janvier 2021 répondra aux attentes de ses partisans ou, au contraire, alimentera les divisions au sein de la société américaine. Une chose est sûre : les prochaines étapes judiciaires et politiques seront scrutées de près, tant aux États-Unis qu’à l’international.
Selon le ministère, ces documents étaient utilisés à des fins de « propagande partisane » sous l’administration Biden. Il affirme vouloir mettre fin à cette instrumentalisation et « réparer le préjudice » subi par les militants condamnés pour leur rôle dans l’assaut du Capitole.