Le robot Link, envoyé par la Nasa pour sauver le télescope spatial Swift de sa rentrée atmosphérique inévitable, a perdu le contrôle de son orientation, transformant l’engin en une véritable toupie. Selon Futura Sciences, cette première mission de ce type, conçue pour prolonger la durée de vie des satellites en orbite, pourrait désormais échouer.
Lancé le 3 juillet 2026 à bord du lanceur Pegasus XL, Link avait pour mission de rediriger le télescope Swift depuis son orbite actuelle à 370 kilomètres d’altitude vers une orbite plus haute à 600 kilomètres, évitant ainsi une désintégration inéluctable. Pourtant, après des débuts prometteurs, l’engin a commencé à présenter des dysfonctionnements majeurs.
Ce qu'il faut retenir
- Le robot Link, conçu par la startup Katalyst Space, devait capturer le télescope spatial Swift pour le replacer en orbite plus haute.
- Lancé le 3 juillet 2026, Link a connu des problèmes dès le 15 juillet avec des difficultés de communication et de contrôle d’attitude.
- Depuis le 28 juillet, deux des trois roues de réaction de Link sont hors service, entraînant une rotation incontrôlée.
- Un propulseur du robot est également affecté par une perte partielle de fonctionnalité.
- Les équipes de Katalyst Space tentent de stabiliser le vaisseau pour éviter l’échec de la mission.
Une mission historique mise en péril par des défaillances techniques
Le télescope Swift, conçu pour observer les sursauts gamma, est condamné à une rentrée atmosphérique inévitable si son orbite n’est pas corrigée. Pour éviter cette issue, la Nasa a lancé une opération inédite : envoyer un robot, baptisé Link et développé par la startup Katalyst Space, afin de le saisir et de le rediriger vers une orbite plus stable. Une première dans l’histoire spatiale, visant à démontrer la faisabilité de telles missions de sauvetage.
Cependant, la mission a rapidement pris une tournure critique. Dès le 15 juillet, la Nasa avait signalé des problèmes de communication et de contrôle d’attitude, notamment liés à une roue de réaction défectueuse. Malgré des correctifs logiciels appliqués dans les jours suivants, les difficultés se sont aggravées. Selon un rapport du 28 juillet, deux des trois roues de réaction de Link sont désormais hors service, provoquant une rotation incontrôlée du vaisseau. À cela s’ajoute une perte partielle de fonctionnalité d’un des propulseurs.
La Nasa et Katalyst Space en mode crise pour stabiliser le robot
Les équipes techniques de Katalyst Space et de la Nasa travaillent d’arrache-pied pour tenter de stabiliser le robot. Dans un premier temps, elles ont réussi à rétablir des communications fiables et un contrôle d’attitude stable, selon le rapport du 15 juillet. Mais la situation s’est rapidement dégradée, rendant la mission bien plus complexe qu’initialement prévu.
Les ingénieurs doivent désormais arrêter la rotation de Link avant de pouvoir envisager toute manœuvre de capture du télescope Swift. Pour y parvenir, ils prévoient de mettre à jour le système de guidage, de navigation et de contrôle du robot, en tenant compte de ses nouvelles contraintes techniques. « Après avoir identifié la cause, ils ont mis en place des correctifs logiciels de vol et des mises à jour opérationnelles qui ont rétabli des communications fiables et un contrôle d’attitude stable », a indiqué la Nasa dans son rapport.
« Une erreur infime peut tout dérégler. » — Un expert spatial cité par Futura Sciences
Pourtant, malgré ces efforts, le succès n’est pas garanti. La Nasa pourrait être contrainte de reconsidérer l’ensemble de la mission si les risques deviennent trop élevés. La capture du télescope Swift, déjà complexe en temps normal, risque de devenir impossible dans les conditions actuelles.
Un enjeu majeur pour l’avenir de l’entretien des satellites en orbite
Cette mission illustre les défis croissants liés à l’entretien des satellites en orbite, alors que l’espace devient de plus en plus encombré. Selon Futura Sciences, de nombreux satellites voient leurs missions s’achever non pas faute de fonctionner, mais parce que leur orbite se dégrade jusqu’à provoquer leur rentrée atmosphérique. La capacité à prolonger la durée de vie de ces engins pourrait révolutionner l’industrie spatiale.
Cependant, des missions comme celle de Link soulignent aussi les risques inhérents à ces opérations. Un simple dysfonctionnement peut compromettre l’ensemble de la mission, transformant un outil de sauvetage en un danger potentiel pour d’autres satellites ou pour la Station spatiale internationale. Les agences spatiales et les startups comme Katalyst Space doivent donc perfectionner leurs technologies pour garantir la fiabilité de telles opérations.
Si la mission échoue, le télescope Swift ne devrait pas survivre au-delà de quelques mois, compte tenu de sa trajectoire actuelle. Pour la Nasa et Katalyst Space, cette opération reste un test crucial pour valider le concept de robot de sauvetage spatial, une technologie qui pourrait s’imposer comme une solution pour préserver les précieuses infrastructures en orbite.