Un rapport d'inspection commandé par le gouvernement révèle des dysfonctionnements graves dans le traitement des plaintes déposées à l'encontre de Jérôme Barella, principal suspect dans l'affaire Lyhanna, décédée dans le Gers. Selon BFM - Faits Divers, les conclusions de cette inspection, remises ce dimanche 21 juin 2026, soulignent une série d'anomalies ayant empêché toute poursuite judiciaire contre Barella, malgré une plainte pour viols déposée en août 2025 par Audrey, la mère de Rosa.

Ce qu'il faut retenir

  • Un rapport d'inspection révèle des dysfonctionnements graves dans le traitement des plaintes visant Jérôme Barella, principal suspect dans la mort de Lyhanna.
  • La plainte déposée en août 2025 par Audrey, mère de Rosa, pour viols contre Barella n'a jamais abouti à une audition du suspect.
  • Le document indique un délai de trois semaines pour l'ouverture d'une plainte non urgente au parquet d'Auch, puis un mois et demi pour sa transmission à un service d'enquête.
  • La substitute chargée des mineurs et l'OPJ chargés de l'enquête initiale sont mis en cause par le rapport.
  • Audrey envisage de porter plainte pour « faute lourde » contre l'État en raison de ces manquements.
  • Des enquêtes administratives individuelles pourraient être ouvertes par les ministres de la Justice et de l'Intérieur.

Le rapport, réalisé par l'Inspection générale de la justice, met en lumière le temps perdu dans le traitement de la plainte d'Audrey, qui accusait Jérôme Barella de viols. Selon BFM - Faits Divers, Audrey a indiqué n'avoir reçu « aucune nouvelle » de la gendarmerie concernant la suite donnée à sa plainte. Le suspect n'a jamais été entendu, une situation que la mère de Rosa qualifie de « dysfonctionnement » et qui pourrait donner lieu à une action en justice pour « faute lourde » contre l'État.

Les conclusions de l'inspection sont d'autant plus accablantes qu'elles détaillent des retards administratifs incompréhensibles. Toujours selon BFM - Faits Divers, lorsqu'une plainte arrive sous forme papier sans caractère d'urgence au parquet d'Auch, le pli n'est ouvert que trois semaines après. Une fois ouverte, la plainte met un mois et demi à être transmise à un service d'enquête. Ces délais, déjà signalés par BFMTV début juin, ont contribué à l'impunité de Barella.

Le rapport pointe également la responsabilité de la substitute chargée des mineurs du parquet d'Auch et de l'officier de police judiciaire (OPJ) en charge de l'enquête initiale. Ces deux acteurs, qui avaient la main sur le dossier après le dépôt de plainte, sont aujourd'hui sous le feu des critiques. Leurs manquements ont permis à Barella de ne jamais être inquiété, malgré des accusations graves.

Face à ces dysfonctionnements, le gouvernement pourrait engager des enquêtes administratives individuelles à l'encontre des responsables. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, et Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, devraient en décider dans les prochains jours, selon les informations rapportées par BFM - Faits Divers.

Une plainte au parcours chaotique

La plainte déposée par Audrey en août 2025 a suivi un parcours erratique, symptomatique des dysfonctionnements structurels. Après avoir été initialement traitée à Auch, elle a été redirigée vers Toulouse, le parquet s'étant dessaisi de l'affaire. Ce transfert, ajouté aux retards accumulés, a encore retardé toute perspective de poursuite contre Barella. Le parcours de cette plainte illustre les lacunes du système judiciaire dans le traitement des affaires impliquant des mineurs ou des victimes de violences sexuelles.

Pour Audrey, ces retards et négligences représentent une double injustice. Non seulement Barella n'a jamais été inquiété, mais elle n'a obtenu aucune réponse de la part des autorités pendant des mois. « Aucune nouvelle » ne lui a été communiquée, a-t-elle déclaré lors de son passage sur BFMTV mardi dernier. Son désarroi reflète l'ampleur des manquements administratifs et judiciaires.

Des dysfonctionnements qui interrogent le système judiciaire

Les révélations de ce rapport soulèvent des questions sur l'efficacité du système judiciaire dans la prise en charge des plaintes pour violences sexuelles. Les retards dans l'ouverture des plaintes et leur transmission aux services compétents sont autant d'obstacles à la protection des victimes. Dans le cas de Barella, ces dysfonctionnements ont permis à un suspect de rester en liberté malgré des accusations graves, avec des conséquences dramatiques.

Le cas de Lyhanna, dont la mort est liée à ces dysfonctionnements, rappelle l'urgence de réformer les procédures. Les enquêtes administratives envisagées pourraient déboucher sur des sanctions disciplinaires ou des mesures correctives pour éviter que d'autres affaires ne subissent le même sort. La transparence et la rapidité dans le traitement des plaintes restent des enjeux majeurs pour restaurer la confiance dans les institutions.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des décisions prises par les ministres de la Justice et de l'Intérieur. Une fois les conclusions du rapport étudiées, ils pourraient ordonner des enquêtes administratives pour faire la lumière sur les responsabilités individuelles. Par ailleurs, Audrey a annoncé son intention de déposer plainte pour « faute lourde » contre l'État, une démarche qui pourrait aboutir à une reconnaissance officielle des manquements. Enfin, ce rapport pourrait accélérer les réformes visant à améliorer le traitement des plaintes pour violences sexuelles, notamment en réduisant les délais administratifs et en renforçant la formation des magistrats et des OPJ.

Cette affaire met en lumière les failles d'un système où la lenteur administrative peut avoir des conséquences irréversibles. Elle rappelle aussi l'importance d'une justice réactive et efficace, surtout lorsqu'il s'agit de protéger les victimes les plus vulnérables. Les décisions à venir pourraient redéfinir les attentes en matière de responsabilité institutionnelle.

Selon le rapport d'inspection, la plainte déposée en août 2025 par Audrey n'a jamais été traitée dans des délais raisonnables. Le pli n'a été ouvert que trois semaines après son arrivée au parquet d'Auch, puis a mis un mois et demi à être transmis à un service d'enquête. Ces retards ont empêché toute audition de Barella et permis à l'affaire de s'enliser.