Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé dimanche 7 juin 2026 que les procureurs généraux disposaient d’un délai jusqu’au 14 juillet pour reprendre l’intégralité des plaintes impliquant des enfants victimes de violences sexuelles. Selon Franceinfo – Faits divers, cette mesure fait suite à l’affaire Lyhanna, une enfant de 11 ans dont le décès a révélé des dysfonctionnements dans le traitement des signalements antérieurs. Le garde des Sceaux a précisé que près de 70 000 procédures seraient examinées afin de vérifier leur traitement.

Ce qu'il faut retenir

  • Un délai imposé aux procureurs généraux jusqu’au 14 juillet 2026 pour réexaminer 70 000 plaintes concernant des violences sexuelles sur mineurs.
  • Le mis en cause dans la mort de Lyhanna avait fait l’objet de plusieurs signalements sans avoir été entendu par les enquêteurs.
  • Une réunion de travail est prévue lundi 8 juin avec les procureurs généraux, suivie d’une conférence de presse.
  • Une enquête administrative conjointe (Inspection générale de la justice et de la gendarmerie) a été lancée et rendra ses premières conclusions le 19 juin.
  • Gérald Darmanin évoque un risque de « justice privée » si les familles ne se sentent pas entendues.

Un audit complet pour éviter de nouveaux échecs judiciaires

Gérald Darmanin a martelé sa volonté de s’assurer que toutes les plaintes pour viols et attouchements sur mineurs aient été « correctement traitées ». Cette initiative intervient après la révélation que le principal suspect dans l’affaire Lyhanna avait fait l’objet de plusieurs signalements pour violences sexuelles sur mineures sans que les enquêteurs ne l’aient jamais entendu. « Il n’y a pas un haut magistrat qui partira en vacances tant que je n’aurai pas vu un par un les procureurs généraux », a-t-il déclaré lors d’une interview sur LCI. Le ministre a souligné l’urgence de la situation, évoquant un risque « énorme » : celui de voir des parents, lassés par l’inaction judiciaire, prendre des mesures de rétorsion.

Une réunion décisive prévue dès lundi 8 juin

Pour superviser ce vaste audit, Gérald Darmanin a convoqué l’ensemble des procureurs généraux à une réunion de travail dès lundi 8 juin. Une conférence de presse est également programmée à 10h30 le même jour. L’objectif ? « Faire le bilan de chaque cour d’appel, identifier les manquements, les difficultés avec le ministère de l’Intérieur, ou encore les problèmes liés aux experts », a expliqué le garde des Sceaux. Cette démarche s’inscrit dans une logique de transparence et de responsabilité institutionnelle, alors que l’affaire Lyhanna a mis en lumière les lacunes du système judiciaire.

Le ministre a également annoncé la mise en place d’un bilan individuel pour chaque cour d’appel, afin de cerner les obstacles concrets – qu’ils soient administratifs, humains ou logistiques – ayant pu entraver le traitement des plaintes. « On va voir ce qui manque », a-t-il insisté, sans exclure les dysfonctionnements structurels.

Une enquête administrative pour faire la lumière sur les dysfonctionnements

Parallèlement à cette révision générale des dossiers, une enquête administrative a été confiée à l’Inspection générale de la justice et à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale. Cette mission vise à analyser le traitement d’une plainte antérieure visant le suspect, afin d’en tirer des enseignements sur les failles du système. Les premières conclusions de cette enquête sont attendues pour le 19 juin 2026. Si des responsabilités individuelles ou collectives sont identifiées, des sanctions pourraient être envisagées, bien que le ministre n’ait pas encore évoqué de mesures précises.

« Il n’y a pas un haut magistrat qui partira en vacances tant que je n’aurai pas vu un par un les procureurs généraux. »
Gérald Darmanin, ministre de la Justice, le 7 juin 2026

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des conclusions de l’audit et de l’enquête administrative. Si des manquements graves sont avérés, des réformes pourraient être annoncées pour accélérer le traitement des plaintes et renforcer les moyens alloués aux enquêtes sur les violences sexuelles. Une conférence de presse prévue dès demain, lundi 8 juin, devrait préciser la méthodologie retenue. Reste à savoir si ces mesures suffiront à restaurer la confiance des familles dans l’institution judiciaire.

Cette affaire rappelle les critiques récurrentes sur la lenteur de la justice dans les dossiers de violences sexuelles, malgré les multiples alertes lancées par les associations et les familles. La pression politique et médiatique pourrait accélérer les changements, mais les résultats concrets ne seront visibles qu’à moyen terme.

Gérald Darmanin a imposé cette échéance pour garantir que l’audit des 70 000 plaintes soit mené à bien avant les départs en vacances des magistrats, afin d’éviter tout ralentissement estival. Le ministre souhaite également éviter que des familles ne se tournent vers des solutions extrajudiciaires par désespoir.