Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête pour « injure publique en raison de la race ou de la religion » après qu’un rabbin de la ville a été la cible d’insultes antisémites dans un supermarché, selon Le Figaro. Les faits, rendus publics mercredi soir par l’opposition municipale de droite et du centre « Nanterre Ensemble », se sont produits dimanche dernier dans un magasin Lidl de la commune.
Ce qu'il faut retenir
- Une enquête pour « injure publique » a été ouverte par le parquet de Nanterre à la suite d’une plainte déposée par le rabbin David Naccache.
- Les insultes, proférées dimanche dans un supermarché Lidl, comprenaient l’expression « sale juif » ainsi qu’un ordre de « retourner en Israël ».
- Les investigations sont en cours pour identifier l’autrice ou l’auteur des propos, sous la responsabilité du commissariat de Nanterre.
- En 2025, plus de la moitié des 2 489 actes antireligieux recensés en France étaient des actes antisémites, selon le ministère de l’Intérieur.
- Les élus d’opposition de Nanterre ont pointé du doigt « la gauche extrême et l’extrême gauche » sans apporter de preuves, tandis que des responsables politiques ont dénoncé une instrumentalisation politique du dossier.
Une plainte déposée après des insultes répétées
David Naccache, rabbin du Centre communautaire juif de Nanterre, a été victime d’insultes antisémites dimanche dernier dans un supermarché Lidl de la ville. Selon le communiqué rendu public par l’opposition municipale « Nanterre Ensemble », la cliente aurait traité à plusieurs reprises le religieux de « sale juif », avant de lui intimer l’ordre de « retourner en Israël ». Ces propos ont été rapportés par des élus locaux, qui précisent que l’incident s’est déroulé en présence d’autres clients.
Dans un message publié sur son compte Facebook, David Naccache a réagi à cet événement en soulignant l’importance du dialogue interreligieux à Nanterre : « Personne ne devrait être insulté en raison de sa religion ou de son identité. Depuis quinze ans, je m’efforce de servir Nanterre et de faire vivre le dialogue entre les communautés. Je continuerai à le faire avec la même détermination. »
Une enquête confiée au commissariat de Nanterre
Le parquet de Nanterre a indiqué jeudi à l’Agence France-Presse (AFP) avoir ouvert une enquête pour « injure publique en raison de la race ou de la religion ». Les poursuites sont engagées sur la base de l’article 24 de la loi sur la liberté de la presse de 1881, qui sanctionne les propos discriminatoires. Les investigations sont actuellement menées par les forces de l’ordre afin d’identifier la personne responsable des insultes, a précisé la juridiction.
Cette affaire intervient dans un contexte national marqué par une hausse des actes antisémites. Selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur, 1 320 des 2 489 actes antireligieux recensés en France en 2025 visaient spécifiquement la communauté juive, représentant ainsi plus de la moitié des incidents enregistrés.
Réactions politiques et accusations croisées
Les élus de l’opposition municipale « Nanterre Ensemble » ont publié un communiqué dans lequel ils mettent en cause « la gauche extrême et l’extrême gauche », leur reprochant d’« alimenter de fortes ambiguïtés par des discours, des interventions et des prises de position radicales ». Selon eux, ces propos ne permettraient pas d’instaurer un cadre de vie serein pour toutes et tous dans la commune.
Cette accusation a immédiatement suscité une réponse de Raphaël Adam, figure politique locale, qui a dénoncé une tentative d’instrumentalisation du drame. Dans un communiqué, il a appelé « à la responsabilité et au rassemblement » face à l’antisémitisme, tout en condamnant fermement cette « intolérable agression ». « Au nom d’Allah, je vais les tuer » : un homme hurle des menaces antisémites sur la plage de Deauville, une plainte déposée », rappelle-t-il, soulignant l’urgence de lutter contre toutes les formes de haine.
« Je déplore que l’opposition de droite cherche à instrumentaliser ce grave événement en alimentant de dangereuses confusions. Face à l’antisémitisme, la réponse doit être l’unité et la fermeté, pas la division. »
Un phénomène national qui s’amplifie
L’affaire de Nanterre s’inscrit dans une tendance nationale alarmante. En 2025, les actes antisémites ont représenté plus de la moitié des actes antireligieux enregistrés en France, selon les données officielles. Cette proportion reflète une augmentation constante des violences et des discriminations envers la communauté juive depuis plusieurs années, poussant les autorités à renforcer les dispositifs de lutte contre la haine.
Les associations de défense des droits humains et les responsables communautaires appellent régulièrement à une mobilisation accrue des pouvoirs publics pour protéger les minorités et sanctionner les actes de haine. À Nanterre, comme ailleurs, cette affaire rappelle l’importance de préserver le vivre-ensemble et de condamner sans ambiguïté les propos discriminatoires.
Alors que les tensions communautaires persistent dans certains quartiers, les autorités locales et les associations appellent à la vigilance et au dialogue pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent. La prochaine étape consistera à analyser les résultats de l’enquête et à déterminer si des mesures supplémentaires doivent être prises pour renforcer la cohésion sociale à Nanterre.
Cette affaire intervient quelques mois après plusieurs autres incidents antisémites en France, rappelant la nécessité d’une mobilisation constante contre toutes les formes de haine. Les prochaines semaines pourraient voir émerger de nouvelles initiatives locales ou nationales pour lutter contre ce fléau, dans un contexte où les actes antisémites restent une préoccupation majeure pour les autorités.
Les injures antisémites, comme toute injure publique en raison de la religion, sont passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à 45 000 euros et d’une peine d’emprisonnement pouvant atteindre six mois, selon l’article 24 de la loi sur la liberté de la presse de 1881.
En 2025, le ministère de l’Intérieur a recensé 2 489 actes antireligieux en France, dont 1 320 actes antisémites, représentant plus de la moitié des incidents. Ces chiffres marquent une hausse constante des violences envers la communauté juive depuis plusieurs années.