Alors que les réseaux de narcotrafic gagnent en puissance et en dangerosité, le militant écologiste et adjoint au maire de Marseille Amine Kessaci a de nouveau interpellé l’État ce 7 mai 2026 sur la nécessité de « se doter de tous les moyens nécessaires pour mettre fin à cette guerre ». Son frère a été assassiné en novembre 2025 en représailles à son engagement contre le trafic de stupéfiants, une perte qui a renforcé sa détermination à dénoncer l’inaction des pouvoirs publics, selon Franceinfo – Politique.

Ce qu'il faut retenir

  • Amine Kessaci, adjoint écologiste au maire de Marseille, exige une législation plus claire pour lutter contre les mafias du narcotrafic, dont il dénonce l’influence croissante.
  • Il demande à l’État d’inclure des mesures contre le trafic dans le projet de loi Ripost sur la sécurité quotidienne, malgré l’échec annoncé d’une proposition de loi sur la protection des lanceurs d’alerte.
  • Le militant souligne l’évolution des réseaux, passés de « petits groupes de quartier » à des « organisations criminelles structurées », capables d’orchestrer des meurtres ciblés.
  • Il plaide pour le déblocage de moyens financiers afin de protéger les témoins et reloger les familles menacées, estimant que « des personnes peuvent encore être sauvées ».

Un système législatif jugé trop permissif

Pour Amine Kessaci, la législation actuelle en matière de lutte contre le narcotrafic et la corruption manque de clarté. « Ce pays a besoin de se doter de textes législatifs qui lui permettent de ne plus laisser aux narcotrafiquants le pouvoir de contourner la loi », a-t-il déclaré ce matin sur franceinfo. Il critique notamment l’action des « meilleurs avocats du pays », qu’il accuse de travailler à « contourner la loi » plutôt qu’à défendre leurs clients, une stratégie selon lui facilitée par des failles juridiques.

Le militant, dont le frère a été tué dans des circonstances liées à son engagement, dénonce une « narcocratie » qui instrumentalise le système judiciaire pour échapper à ses responsabilités. « Des moyens financiers doivent être débloqués pour protéger ces personnes », a-t-il insisté, évoquant la nécessité de mettre à l’abri les témoins et les familles exposées aux représailles.

La proposition de loi sur les lanceurs d’alerte en suspens

Une proposition de loi écologiste, visant à mieux protéger les habitants des quartiers et les lanceurs d’alerte menacés par les narcotrafiquants, avait été adoptée par l’Assemblée nationale avant d’être examinée au Sénat ce 7 mai 2026. Pourtant, Amine Kessaci estime que « ce texte ne passera pas », malgré l’urgence qu’il représente. « Il faut que l’on apprenne à protéger les personnes contre le narcotrafic », a-t-il martelé, appelant le gouvernement à intégrer des mesures ciblées dans la future loi Ripost sur la sécurité du quotidien.

Cette loi, portée par l’exécutif, doit selon lui répondre à une menace désormais « systémique ». « Cela nécessite beaucoup de responsabilités », a-t-il conclu, invitant l’État à « ouvrir les yeux » sur l’ampleur du phénomène. Une prise de conscience tardive, selon lui, alors que les groupes criminels « commanditent, organisent et structurent » leurs activités depuis les prisons.

Des réseaux criminels passés à l’échelle industrielle

Amine Kessaci dresse un constat sans appel : « Il ne s’agit plus des petits réseaux de quartier que l’on connaissait. » D’après lui, le paysage du narcotrafic a radicalement changé. « On est face à de vrais groupes mafieux, à de vrais criminels, des personnes qui depuis la prison commanditent, organisent, structurent », a-t-il décrit. Ces organisations n’hésitent plus, selon le militant, à « assassiner des innocents » pour imposer leur loi, transformant certains quartiers en zones de non-droit.

Pourtant, il reconnaît les « moyens sans précédent » déployés par le président de la République pour endiguer ce fléau. Une avancée saluée, mais jugée insuffisante face à l’ampleur de la menace. « La guerre contre le narcotrafic ne sera gagnée que si l’État assume pleinement ses responsabilités », a-t-il souligné, sans pour autant préciser quelles mesures concrètes il attend de l’exécutif.

Et maintenant ?

La proposition de loi sur les lanceurs d’alerte, bien qu’examinée aujourd’hui au Sénat, devrait selon Amine Kessaci « ne pas aboutir », faute de soutien suffisant. L’enjeu désormais réside dans l’intégration de mesures anti-trafic dans le projet de loi Ripost, dont l’adoption est prévue d’ici la fin de l’année. Reste à voir si le gouvernement répondra aux exigences portées par les acteurs de terrain, alors que les réseaux criminels poursuivent leur expansion.

Ce débat s’inscrit dans un contexte où la question de la sécurité et de la lutte contre les mafias domine l’agenda politique. Les prochains mois pourraient voir émerger des propositions législatives plus ambitieuses, ou au contraire un statu quo préjudiciable aux populations les plus exposées.

Le militant dénonce principalement l’absence de clarté dans la législation actuelle, permettant aux narcotrafiquants de contourner la loi grâce à des failles juridiques et à l’intervention d’avocats spécialisés. Il critique également l’insuffisance des moyens financiers alloués à la protection des témoins et des familles menacées, ainsi que l’inaction politique face à l’évolution des réseaux criminels.

Selon Amine Kessaci, ce texte, bien qu’adopté par l’Assemblée nationale, ne devrait pas être voté par le Sénat en l’état. Le militant évoque un manque de volonté politique pour faire avancer ce dossier, malgré son urgence. Il appelle donc le gouvernement à intégrer ses revendications dans un autre texte, la loi Ripost, pour contourner cet obstacle.