Un bateau de croisière se retrouve immobilisé à quelques encablures des côtes capverdiennes, son accostage interdit par les autorités locales. La raison ? Une épidémie de virus respiratoire inconnu a déjà causé la mort de trois passagers et contaminé trois autres à bord. Selon Franceinfo - Santé, cette situation a contraint les 149 personnes à bord – dont cinq Français – à rester confinées, alors que le navire devait rallier Ushuaïa (Argentine) au Cap-Vert en une croisière de 35 jours.
Ce qu'il faut retenir
- Trois décès et trois cas graves recensés parmi les passagers d’un navire de croisière bloqué au large du Cap-Vert.
- Les autorités capverdiennes refusent l’accostage en raison d’un virus inconnu, suspecté d’être un hantavirus.
- Le bateau transporte 149 personnes, dont cinq Français, et devait relier Ushuaïa au Cap-Vert en une croisière de 35 jours.
- L’opérateur du navire affirme appliquer des mesures strictes d’isolement et d’hygiène, tandis que les passagers réclament un rapatriement.
- Le navire pourrait prochainement se diriger vers les Canaries pour une prise en charge médicale.
À quelques dizaines de mètres seulement des côtes du Cap-Vert, le navire reste interdit de débarquement. Les passagers, confinés dans leurs cabines, vivent dans l’incertitude la plus totale. Un passager néerlandais, filmant joyeusement le départ du bateau quelques jours plus tôt, témoigne aujourd’hui de sa détresse : « Il y a beaucoup d’incertitude, c’est ça le plus difficile. Tout ce que nous voulons maintenant, c’est nous sentir en sécurité, avoir de la visibilité, rentrer chez nous. » Selon Franceinfo - Santé, son épouse a depuis succombé à la maladie à bord, portant à trois le nombre de victimes.
Parmi les passagers, trois personnes restent hospitalisées, dont une d’origine allemande toujours à bord. Les autres victimes – un Néerlandais de 70 ans et son épouse de 69 ans – ont été débarquées à Sainte-Hélène, où le corps du premier a été transféré. Leur décès a été confirmé, mais les causes exactes de leur contamination restent floues, bien que les autorités médicales penchent pour un hantavirus. « Il y a peut-être eu une contamination à bord du bateau, explique le docteur Scott Miscovich, président de Premier Mediacl Group. Dans le cas d’un hantavirus, il s’agit généralement de rats ou de souris dont les excréments ou l’urine se seraient propagés dans l’air. »
Un virus aux origines encore floues
Les premiers symptômes sont apparus en cours de route, lors de la traversée entre l’Argentine et le Cap-Vert. Les médecins à bord suspectent une transmission interhumaine, bien que le hantavirus soit traditionnellement contracté par contact avec des rongeurs infectés. Aucun détail n’a été communiqué sur les conditions sanitaires à bord avant l’apparition de l’épidémie. Les passagers, majoritairement européens, attendent désormais des réponses concrètes.
Côté opérateur, la situation est présentée comme maîtrisée. Dans un communiqué, la compagnie maritime affirme appliquer des « mesures de précaution strictes », incluant « des protocoles d’isolement, d’hygiène et une surveillance médicale renforcée ». Cependant, ces déclarations ne suffisent pas à rassurer les familles des victimes ou les passagers encore sains, qui réclament un rapatriement immédiat.
Un rapatriement envisagé vers les Canaries
Face à l’urgence sanitaire, les autorités capverdiennes ont choisi la fermeté : pas d’accostage tant que l’épidémie n’est pas maîtrisée. Une décision qui place l’opérateur du navire dans une position délicate. Selon des sources proches du dossier, une solution est à l’étude pour transférer les passagers vers les Canaries, où des structures médicales pourraient prendre en charge les malades. Aucune date n’a encore été arrêtée, mais cette piste est évoquée depuis plusieurs heures par les équipes de secours.
En attendant, le bateau, bloqué en mer, continue de dériver au large des côtes africaines. Les passagers, privés de tout contact extérieur, dépendent désormais des communications satellites pour recevoir des nouvelles de leurs proches. Certains, comme ce passager ayant filmé le départ du navire, ont vu leur rêve de croisière tourner au cauchemar en l’espace de quelques jours.
Cette épidémie rappelle les risques sanitaires liés aux voyages en groupe, surtout dans des espaces confinés comme les bateaux de croisière. Les compagnies maritimes pourraient être amenées à revoir leurs protocoles sanitaires à la lumière de cet incident, afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise.
Le hantavirus est une maladie virale transmise principalement par l’inhalation d’air contaminé par les excréments, l’urine ou la salive de rongeurs infectés. Il ne se transmet pas d’humain à humain, sauf dans de rares cas documentés. Les symptômes incluent fièvre, douleurs musculaires et difficultés respiratoires, pouvant évoluer vers une forme sévère appelée « syndrome pulmonaire à hantavirus ».