Les inondations qui ont frappé le Népal mercredi dernier ont laissé derrière elles un bilan provisoire de 797 morts, dont 781 côté népalais et 16 sur le versant tibétain chinois. Selon nos confrères du Monde, ces crues dévastatrices ont provoqué des dégâts matériels considérables et une crise humanitaire dans plusieurs régions montagneuses, où les opérations de secours restent entravées par les conditions météorologiques.
Ce qu'il faut retenir
- 797 victimes exhumées depuis le début des inondations, dont une majorité de Népalais
- Les opérations de recherche se poursuivent dans des zones encore inaccessibles
- Les corps ont parfois été inhumés avant identification en raison des risques sanitaires
- Les dégâts matériels sont estimés à plusieurs centaines de millions d'euros
- La communauté internationale a commencé à mobiliser des aides d'urgence
Un bilan provisoire sous haute tension
Les autorités népalaises, encore en train de consolider les chiffres, reconnaissent que le bilan pourrait s’alourdir dans les prochaines heures. D’après le ministère népalais de l’Intérieur, plus de 1 200 personnes sont toujours portées disparues, une incertitude qui alourdit le climat d’angoisse parmi les familles des victimes. Côté tibétain, les autorités chinoises ont confirmé le décès de 16 personnes, sans préciser si d’autres victimes pourraient être recensées dans les jours à venir.
Les crues, déclenchées par des pluies torrentielles et la fonte accélérée des glaciers en amont, ont emporté des villages entiers, enseveli des routes et coupé l’accès à plusieurs vallées. Les équipes de secours, débordées, peinent à atteindre certaines zones, où les communications ont été coupées depuis mercredi. « Les conditions sont extrêmes », a déclaré un responsable local sous couvert d’anonymat. « Nous devons prioriser les opérations de sauvetage, mais l’accès reste très difficile. »
Des inhumations précipitées, faute de solutions
Dans certaines communes du centre du Népal, les autorités locales ont pris la décision d’enterrer les victimes sans attendre leur identification formelle. Une mesure justifiée par les risques sanitaires liés à la décomposition des corps dans des températures encore élevées. « Nous n’avons pas le choix », a expliqué un responsable du district de Sindhupalchok. « Les dépouilles s’accumulent, et les risques d’épidémie augmentent. »
Cette pratique, bien que controversée, n’est pas rare dans les catastrophes naturelles de grande ampleur. Elle permet de libérer des espaces pour de nouvelles victimes potentielles, tout en évitant la propagation de maladies. Pourtant, elle soulève des questions parmi les familles, qui réclament des analyses ADN pour identifier leurs proches. Les morgues locales, saturées, ne peuvent plus absorber l’afflux de corps, forçant les autorités à improviser des sites provisoires.
Une mobilisation internationale encore timide
Face à l’ampleur de la crise, l’ONU a appelé à une « réponse coordonnée et immédiate », tandis que plusieurs pays ont annoncé l’envoi d’aide humanitaire. L’Inde, par exemple, a promis 50 tonnes de secours, incluant des tentes, des médicaments et des denrées alimentaires. L’Union européenne, de son côté, a débloqué un fonds d’urgence de 3 millions d’euros pour soutenir les opérations.
Pourtant, les ONG sur place soulignent que ces contributions restent insuffisantes au regard des besoins. « Les routes sont bloquées, les ponts effondrés », a rapporté un représentant de la Croix-Rouge népalaise. « Sans hélicoptères supplémentaires, nous ne pourrons pas acheminer l’aide rapidement. » Les organisations humanitaires réclament également un accès sans restriction pour leurs équipes, actuellement limité par les restrictions gouvernementales.
Une question reste en suspens : le Népal, habitué aux catastrophes naturelles, parviendra-t-il à tirer les leçons de cette tragédie pour renforcer ses systèmes d’alerte et de prévention dans les années à venir ?
Les autorités locales justifient cette décision par les risques sanitaires liés à la décomposition des corps dans des températures élevées. Avec plus de 1 200 disparus et des morgues saturées, les inhumations précoces permettent de libérer des espaces et d’éviter la propagation d’épidémies, bien que cette pratique soit controversée auprès des familles.
Une réunion d’urgence est prévue ce 2 septembre 2026 avec les districts les plus touchés pour coordonner les efforts de reconstruction et d’identification. Par ailleurs, une conférence des donateurs internationaux pourrait être organisée dès la semaine prochaine pour mobiliser des fonds supplémentaires et acheminer des hélicoptères supplémentaires dans les zones inaccessibles.