Le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a souligné samedi 30 août 2026 que son pays figurait « parmi les principales victimes du changement climatique », alors que le Népal est frappé par des crues dévastatrices à sa frontière avec la Chine. Selon BMF - International, le bilan provisoire des victimes s’élève désormais à 734 morts, tandis que près de 3 000 personnes sont toujours portées disparues, dont quatre Français.

Ce qu'il faut retenir

  • Le bilan humain de la crue à la frontière népalais-chinoise atteint 734 morts, dont 675 côté népalais et 16 côté tibétain.
  • Près de 3 000 personnes sont toujours portées disparues, dont quatre Français, et les opérations de recherche se poursuivent dans des conditions extrêmes.
  • Les autorités népalaises alertent sur une nouvelle montée des eaux dans la rivière Bhotekoshi, dans le district de Rasuwa, mettant en garde les équipes de sauvetage.
  • Les États-Unis ont débloqué une aide humanitaire supplémentaire de 3,6 millions de dollars, incluant des denrées alimentaires pour 10 000 ménages.
  • Le Népal, bien que faiblement émetteur de gaz à effet de serre, est désigné comme l’une des premières victimes du réchauffement climatique par ses dirigeants et l’ONU.

Un bilan humain qui s’alourdit et des opérations de secours toujours en cours

Quatre jours après le passage de la coulée de boue dévastatrice, les secouristes népalais et chinois s’efforcent de localiser les 3 000 disparus et d’évacuer les rescapés encore isolés dans les zones frontalières. Le bilan, initialement annoncé à 691 morts, a été révisé à la hausse pour atteindre 734 victimes, selon les dernières estimations officielles. 675 morts sont recensés côté népalais, tandis que 16 ont été confirmés du côté chinois du Tibet.

Les opérations restent extrêmement difficiles. Un secouriste de la sécurité civile népalaise, Kawan Koirala, a décrit des conditions de travail éprouvantes : « Les gens veulent absolument retrouver leurs proches, morts ou vifs, mais on n’y arrive pas (...) Regardez toute cette boue. » Il a ajouté, visiblement affecté : « C’est très perturbant pour moi aussi. C’est la première fois que je vois ça. »

Quatre Français parmi les disparus, deux d’entre eux en voyage dans la zone sinistrée

Parmi les personnes toujours portées disparues figurent quatre Français, trois femmes et un homme, selon les autorités. Deux d’entre eux se trouvaient dans la région au moment de la catastrophe. Leur sort reste incertain, alors que les recherches s’intensifient malgré les conditions climatiques et logistiques difficiles. Les autorités locales appellent à la prudence et insistent sur la nécessité de renforcer les moyens pour couvrir l’ensemble des zones affectées.

Une nouvelle montée des eaux menace les zones déjà sinistrées

L’Autorité nationale pour la réduction et la gestion des risques de catastrophe (NDRRMA) a publié un avertissement urgent dans la nuit de samedi à dimanche, signalant une hausse du débit de la rivière Bhotekoshi, dans le district de Rasuwa. Cette nouvelle crue menace directement les zones déjà dévastées, notamment Rasuwa, Nuwakot, Dhading et Chitwan. Les autorités ont appelé les équipes de sauvetage, les riverains et les habitants à faire preuve de la plus grande prudence. « Nous avons reçu des informations selon lesquelles le débit de crue de la rivière Bhotekoshi a encore augmenté », a indiqué la NDRRMA dans un communiqué publié peu avant 4 heures, heure de Paris.

Les États-Unis débloquent 3,6 millions de dollars d’aide humanitaire

Face à l’ampleur de la catastrophe, les États-Unis ont annoncé le déblocage d’une aide humanitaire d’urgence de 3,6 millions de dollars. Ce montant s’ajoute aux 500 000 dollars déjà promis dès le jour de la catastrophe, mercredi 27 août. Selon le département d’État américain, cette nouvelle enveloppe permettra notamment de fournir des denrées alimentaires couvrant jusqu’à trois mois de besoins pour près de 10 000 ménages affectés par les inondations. « Les États-Unis se tiennent aux côtés du peuple népalais en fournissant plus de 3,6 millions de dollars d’aide humanitaire vitale », a déclaré le département d’État sur la plateforme X.

Le Népal et l’ONU pointent du doigt le changement climatique

Alors que le pays déplore déjà des centaines de victimes et des milliers de sinistrés, les autorités népalaises et les représentants de l’ONU Climat ont attribué une partie de la responsabilité de cette tragédie au réchauffement climatique. Simon Stiell, responsable de l’ONU Climat, a rappelé dans un communiqué que « le réchauffement climatique provoqué par la combustion par l’humanité de quantités colossales de charbon, de pétrole et de gaz rend des tragédies comme celle-ci, et tant d’autres à travers le monde, beaucoup plus probables, fréquentes et graves ». De son côté, le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a souligné : « Le Népal émet moins de 0,01 % des gaz à effet de serre, mais nous, le peuple népalais, sommes parmi les principales victimes du changement climatique. »

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront cruciales pour les opérations de sauvetage, alors que les autorités népalaises et internationales s’attendent à une aggravation de la situation avec la nouvelle montée des eaux. Les secouristes devront redoubler de vigilance, tandis que la communauté internationale pourrait être appelée à renforcer son soutien logistique et financier. Une mission d’évaluation conjointe, incluant des experts en gestion des catastrophes, devrait être déployée dès que les conditions le permettront pour dresser un bilan définitif et organiser la reconstruction. Reste à voir si cette catastrophe servira d’électrochoc pour accélérer les mesures de prévention et d’adaptation face aux risques climatiques au Népal.

Avec l’aggravation des conditions météorologiques et la menace persistante d’inondations, le gouvernement népalais pourrait également solliciter une assistance supplémentaire auprès des organisations internationales, comme l’ONU ou la Croix-Rouge, pour faire face à l’ampleur de la crise humanitaire.

Cette tragédie rappelle une fois de plus la vulnérabilité des pays en développement face aux conséquences du changement climatique, alors que le Népal, bien que faible émetteur de gaz à effet de serre, subit de plein fouet les effets d’un dérèglement climatique global.

Le Népal est situé dans une région montagneuse et himalayenne, où les précipitations intenses, la fonte des glaciers et les glissements de terrain sont fréquents. Son relief escarpé et sa géologie instable amplifient les risques d’inondations et de coulées de boue. Par ailleurs, bien que le pays contribue très faiblement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, il subit directement les conséquences du réchauffement climatique, comme l’augmentation des événements météorologiques extrêmes.

Les autorités népalaises ont appelé à une pause temporaire des opérations de sauvetage en raison de la nouvelle montée des eaux, tout en maintenant des équipes réduites pour localiser les derniers disparus. Une mission d’évaluation conjointe avec des experts internationaux est prévue pour évaluer les dégâts et organiser la reconstruction. Dans le même temps, la communauté internationale continue de mobiliser des aides humanitaires et logistiques.