Une attaque attribuée aux djihadistes de Boko Haram a coûté la vie à neuf civils dans la localité de Milari, située à environ sept kilomètres de Kousseri, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. L’assaut, qui s’est déroulé dans la nuit du 2 au 3 juillet 2026, constitue l’un des épisodes les plus meurtriers enregistrés dans cette zone ces derniers mois, selon RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • Neuf civils ont été tués lors de l’attaque dans la nuit du 2 au 3 juillet 2026 à Milari, près de Kousseri.
  • L’attaque est attribuée à Boko Haram, groupe jihadiste actif dans la région depuis plusieurs années.
  • Milari se trouve à 7 kilomètres de Kousseri, une ville frontalière avec le Nigeria, régulièrement ciblée par des violences.
  • Cette attaque est l’une des plus meurtrières des derniers mois dans l’Extrême-Nord du Cameroun.

Une attaque nocturne ciblant des civils

L’attaque a visé la localité de Milari, un village situé dans un rayon de sept kilomètres autour de Kousseri, chef-lieu du département du Logone-et-Chari. Les assaillants, identifiés comme des membres de Boko Haram par les autorités locales, ont ouvert le feu sur des habitations civiles dans la nuit du 2 au 3 juillet. Selon les premiers bilans, neuf personnes ont été tuées, dont des femmes et des enfants, selon des sources sécuritaires citées par RFI.

Les circonstances précises de l’attaque restent floues. Les habitants de Milari, qui ont préféré garder l’anonymat par crainte de représailles, ont indiqué que les assaillants avaient agi rapidement, sans tentative de négociation préalable. « Les hommes armés sont arrivés peu après minuit et ont tiré sans discernement », a témoigné un rescapé sous couvert d’anonymat.

Un contexte de violence persistante dans l’Extrême-Nord

L’Extrême-Nord du Cameroun, frontalier avec le Nigeria et le Tchad, est en proie à une insécurité chronique depuis l’émergence de Boko Haram en 2009. Le groupe jihadiste, basé principalement dans le nord-est du Nigeria, mène régulièrement des attaques transfrontalières, ciblant aussi bien les forces de sécurité que les civils. Selon les Nations unies, plus de 3 000 personnes ont péri dans des violences liées à Boko Haram dans la région depuis 2014.

Kousseri, ville stratégique en raison de sa position géographique, est l’une des zones les plus touchées par ces attaques. Les autorités camerounaises, soutenues par des forces multinationales comme la force conjointe du G5 Sahel, tentent de contenir la menace. Cependant, les groupes armés adaptent leurs méthodes, multipliant les incursions nocturnes et les attaques éclair pour semer la terreur et fragiliser la population.

« Malgré les opérations militaires, Boko Haram conserve une capacité de nuisance importante dans la région. Les attaques contre les civils visent à déstabiliser les efforts de reconstruction et à alimenter la peur », a expliqué un analyste spécialiste des questions sécuritaires en Afrique centrale, sous couvert d’anonymat.

Des réactions attendues des autorités

À la suite de l’attaque, les autorités camerounaises n’ont pas encore réagi officiellement. Le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, qui supervise la coordination des opérations de sécurité, a indiqué que des enquêtes étaient en cours pour identifier les responsables et les éventuels complices locaux. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté cet acte barbare et promettons de tout mettre en œuvre pour traduire les coupables en justice », a déclaré une source gouvernementale, sans préciser de mesures concrètes.

Du côté de la société civile, des associations locales demandent une protection accrue des populations vulnérables, notamment dans les zones rurales. « Les civils paient un lourd tribut dans ce conflit. Il est urgent de renforcer la présence militaire et de faciliter l’accès à des abris sécurisés », a souligné un représentant d’une ONG locale, cité par RFI.

Et maintenant ?

Cette attaque pourrait relancer les débats sur l’efficacité des mesures de sécurité actuelles dans l’Extrême-Nord. Les autorités pourraient annoncer un renforcement des patrouilles et des dispositifs de surveillance dans les zones frontalières, une région où la porosité des frontières facilite les mouvements des groupes armés. Une réunion d’urgence du comité de sécurité régional est attendue dans les prochains jours, selon des sources proches du dossier.

Pour les habitants de Milari, la priorité reste la protection des vies humaines. « Nous vivons dans la peur permanente. Sans sécurité, aucun développement n’est possible », a confié un responsable local. La situation, déjà fragile, pourrait encore se dégrader si les réponses apportées restent insuffisantes.

Alors que l’enquête se poursuit, la question de la résilience des populations face à cette insécurité chronique reste entière. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les autorités camerounaises parviennent à inverser la tendance et à rétablir un climat de confiance.

Boko Haram, dont l’objectif initial était de renverser le gouvernement nigérian pour instaurer un État islamique, a étendu ses actions au Cameroun pour affaiblir les forces régionales et semer la division. Les attaques contre les civils visent à créer un climat de terreur, à déstabiliser les autorités locales et à fragiliser les communautés, notamment dans les zones frontalières où la présence militaire est parfois insuffisante.