Le premier promoteur immobilier français, Nexity, a publié ce lundi 24 juillet 2026 son point d'activité semestriel, révélant une baisse significative de son chiffre d'affaires et de ses réservations au premier semestre. Selon BFM Bourse, l'action du groupe a immédiatement réagi à cette annonce en chutant de 7,5% en Bourse, soit le plus fort recul de la journée sur le CAC 40.
Ce qu'il faut retenir
- Chute de 18% du chiffre d'affaires, à 1,057 milliard d'euros, contre une attente de 1,179 milliard d'euros formulée par Oddo BHF
- Recul de 10% en volume et 13% en valeur des réservations de logements neufs (3 858 unités, pour un total de 809 millions d'euros)
- Baisse de 26% des ventes aux primo-accédants, attribuée à l'attentisme lié au contexte géopolitique et à la crainte d'une hausse de l'inflation
- Résultat opérationnel courant en hausse, passant de 6 à 12 millions d'euros, grâce notamment à des économies de 92 millions d'euros déjà réalisées sur le plan de réorganisation
- Endettement net en progression de 66 millions d'euros pour atteindre 394 millions d'euros, reflétant la saisonnalité habituelle du groupe
- Perspectives maintenues pour 2026, avec l'objectif de réduire le ratio dette nette/EBITDA sous 3,5x d'ici 2027
Dans un environnement économique marqué par une pression persistante et un climat d'incertitude géopolitique, Nexity, leader du secteur immobilier en France, a présenté un bilan contrasté pour les six premiers mois de l'année 2026. Selon BFM Bourse, le groupe évolue « dans un marché encore sous pression, caractérisé par un attentisme prononcé de la part des clients », comme l'a expliqué Véronique Bédague, PDG du groupe, lors d'une conférence de presse citée par l'AFP.
Ce ralentissement se traduit par une baisse de 18% du chiffre d'affaires, qui s'élève à 1,057 milliard d'euros contre 1,179 milliard d'euros attendus par les analystes d'Oddo BHF. La baisse la plus marquée provient de la division Aménagement et Promotion, en recul de 22% à 857 millions d'euros. Seule l'activité Services, stable à 198 millions d'euros (+1%), limite partiellement l'ampleur de ce repli, notamment grâce à une progression de 9% de l'Exploitation.
Des réservations en net recul, notamment auprès des primo-accédants
Sur le plan commercial, Nexity a enregistré 3 858 réservations de logements neufs au premier semestre, soit un recul de 10% en volume et 13% en valeur par rapport à 2025. « Cette tendance laisse apparaître un deuxième trimestre à -15%, après un premier trimestre à +1%. Ce résultat est légèrement décevant par rapport à nos attentes (-10%), mais s'inscrit dans le cadre d'une offre commerciale en baisse de 9%, avec une volonté du management d'être plus sélectif dans ses opérations », a précisé Oddo BHF.
L'analyse d'Alphavalue, bureau d'études indépendant, souligne que « le chiffre d'affaires de Nexity s'ajuste rapidement à la baisse des réservations observées ces dernières années, ainsi qu'à une stratégie commerciale recentrée sur des projets à plus forte marge ».
Parmi les segments les plus touchés, celui des primo-accédants enregistre une chute de 26% en volume par rapport au premier semestre 2025. Véronique Bédague a expliqué ce recul par « l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur les deux tiers de la période, générant une crainte de hausse de l'inflation et un attentisme marqué de la part des acheteurs potentiels ». La dirigeante a ajouté que « la reprise attendue se décale », sans pour autant préciser de calendrier.
Une rentabilité opérationnelle en amélioration, mais un endettement qui s'accroît
Malgré ce contexte difficile, Nexity affiche une hausse de son résultat opérationnel courant « New Nexity », qui double presque pour atteindre 12 millions d'euros, contre 6 millions d'euros un an plus tôt. Ce résultat dépasse légèrement les attentes d'Oddo BHF, qui tablait sur 10 millions d'euros. La progression s'explique par la recomposition des marges de la promotion résidentielle, la contribution récurrente des Services, ainsi que par la réalisation de 92% des économies prévues dans le cadre de son plan de réorganisation, soit 92 millions d'euros sur les 100 millions d'euros ciblés à fin 2026.
La marge opérationnelle s'améliore également, passant de 0,5% à 1,2% sur un an. Cependant, le résultat net reste négatif à -31 millions d'euros, contre -44 millions d'euros un an plus tôt. Quant à l'endettement net hors norme comptable IFRS 16, il s'élève à 394 millions d'euros, en hausse de 66 millions d'euros par rapport à fin 2025. Cette progression s'inscrit dans la saisonnalité habituelle du groupe, le premier semestre étant traditionnellement moins générateur de cash que le second.
« Les indicateurs opérationnels, hors dette, affichent une amélioration mesurée sur ce semestre, sans pour autant traduire une sortie du bas de cycle, comme en témoigne le recul persistant des réservations. L'enjeu de court terme reste le désendettement, dans un environnement qui ne s'y prête pas. »
Un marché immobilier toujours en difficulté, des perspectives maintenues
Malgré ces résultats mitigés, Nexity confirme ses perspectives pour l'exercice 2026, tablant sur une amélioration de la rentabilité opérationnelle et une poursuite de la baisse du ratio de levier (dette nette/EBITDA), avec un objectif de retour sous 3,5x d'ici 2027. Oddo BHF anticipe une « quasi-stabilité de la dette nette » par rapport à fin 2025 (328 millions d'euros), tandis que le groupe mise sur une « amélioration graduelle de la profitabilité » et une possible reprise des réservations au second semestre.
Cependant, tous les analystes ne partagent pas cet optimisme. Alphavalue, qui maintient une recommandation de vente, estime que « les performances économiques du second semestre 2026, et dans une moindre mesure du premier semestre 2027, seront déterminantes ». Le bureau d'études ajoute que « ces perspectives sont actuellement compromises par un marché final toujours en difficulté » et anticipe une « nouvelle baisse du chiffre d'affaires pour l'exercice 2027 ». Quant aux profits futurs, ils dépendront « en partie de la solvabilité des acheteurs, que nous estimons vulnérables aux facteurs externes ».
En conclusion, Nexity se trouve à un carrefour stratégique. Si certains indicateurs opérationnels montrent des signes d'amélioration, le groupe reste sous la pression d'un marché immobilier atone et d'un endettement qui continue de progresser. Les prochains mois seront cruciaux pour confirmer ou non une sortie du cycle baissier.
Reste à savoir si Nexity parviendra à concilier amélioration de sa rentabilité et désendettement dans un environnement économique toujours aussi incertain. Une chose est sûre : la volatilité du secteur immobilier n'a pas fini de tester la résilience du premier promoteur français.
Le recul des ventes chez Nexity s'explique principalement par un attentisme marqué des clients, notamment des primo-accédants, en raison de l'incertitude économique et géopolitique. La guerre au Moyen-Orient a également pesé sur le moral des ménages, générant une crainte de hausse de l'inflation. Par ailleurs, la stratégie du groupe, qui a volontairement réduit son offre commerciale de 9% pour privilégier des projets à plus forte marge, a aussi contribué à la baisse des volumes réservés.
L'action de Nexity a réagi négativement à la publication de résultats en deçà des attentes des analystes, notamment en termes de chiffre d'affaires et de réservations. Le marché a sanctionné cette performance en demi-teinte, d'autant plus que le groupe a maintenu un endettement net élevé. L'incertitude persistante sur la reprise du marché immobilier a également joué en défaveur de l'action.