« Le football a toujours cristallisé les enjeux politiques de la gauche », affirme Nicolas Kssis-Martov, historien du sport et auteur de Latéral gauche. Dans cet ouvrage engagé, il explore les liens entre ce sport populaire et les espoirs progressistes qui l’ont traversé, comme en témoignent des figures et des moments clés de son histoire. Une analyse que Le Monde met en avant à l’heure où la Coupe du monde 2026 bat son plein.
Ce qu'il faut retenir
- Nicolas Kssis-Martov publie Latéral gauche, un essai qui lie football et engagements politiques de gauche.
- L’auteur y analyse des moments historiques où le sport a incarné des luttes sociales et idéologiques.
- L’ouvrage sort à un moment où le football, via la Coupe du monde 2026, reste un terrain de débats et de projections politiques.
Un livre entre histoire et engagement politique
Avec Latéral gauche, Nicolas Kssis-Martov propose une plongée dans l’histoire du football, non pas seulement comme un sport, mais comme un vecteur d’idées et de mobilisations. Selon lui, le ballon rond a souvent servi de caisse de résonance aux revendications de gauche, qu’il s’agisse de l’égalité sociale, des luttes antiracistes ou encore des combats féministes. Le Monde souligne que l’auteur y déploie une thèse forte : le football ne serait pas neutre, mais bien un espace où se jouent des rapports de force politiques.
L’historien s’appuie sur des exemples concrets, comme le rôle des clubs ouvriers au début du XXe siècle ou l’engagement de joueurs emblématiques dans des causes progressistes. Ces éléments illustrent, selon lui, la manière dont le football a pu être un outil d’émancipation, mais aussi un miroir des contradictions de la société. « Le football est un terrain où se projettent les rêves et les désillusions de la gauche », explique-t-il dans son livre.
Des figures et des moments clés mis en lumière
Parmi les exemples cités par Kssis-Martov, on retrouve des clubs comme le FC Barcelone, souvent associé à l’identité catalane et aux valeurs républicaines, ou encore des joueurs comme l’Allemand Bert Trautmann, devenu légende malgré son passé de soldat nazi, dont l’histoire symbolise les recompositions politiques d’après-guerre. L’auteur aborde aussi la question des stades comme lieux de contestation, évoquant les mouvements ultras ou les mobilisations contre les prix des billets.
Le livre s’intéresse également à des épisodes moins connus, comme l’implication de certains footballeurs dans la guerre d’Espagne ou leur rôle dans les mouvements pour les droits civiques aux États-Unis. Autant de cas qui, selon Kssis-Martov, montrent que le football a rarement été un simple divertissement. « Il a souvent été un terrain de bataille idéologique », précise-t-il. Une affirmation qui résonne particulièrement dans le contexte actuel, marqué par des débats sur le financement des clubs, les inégalités dans le sport ou encore l’impact environnemental des grands événements.
Un essai publié à l’heure des grands rendez-vous sportifs
La parution de Latéral gauche coïncide avec la tenue de la Coupe du monde 2026, un événement qui, chaque fois, relance les discussions sur le rôle du football dans la société. Pour Kssis-Martov, cette compétition n’échappera pas aux enjeux politiques, qu’ils soient locaux — comme les questions d’accueil des supporters ou de sécurité — ou globaux, avec les débats sur l’éthique des sponsors ou l’impact des méga-événements. Le Monde note que l’ouvrage offre ainsi un angle original pour aborder les matchs en cours, en invitant le lecteur à voir au-delà du terrain.
L’historien rappelle que le football, en tant que phénomène de masse, a toujours été un miroir des tensions et des aspirations de son époque. Que ce soit à travers les chants des supporters, les messages portés par les maillots ou les prises de position des joueurs, le ballon rond reste un langage universel — et politique. « Regarder un match, c’est aussi lire une partie de l’histoire du monde », conclut-il.
L’ouvrage de Kssis-Martov rappelle en tout cas que le football, loin d’être un simple sport, reste un prisme à travers lequel se lisent les luttes sociales et les rêves de changement. Une perspective qui invite à repenser notre regard sur les terrains et les tribunes, bien au-delà des 90 minutes de jeu.
L’historien y défend l’idée que le football a constamment servi de vecteur aux engagements politiques de gauche, à travers des figures, des clubs et des moments historiques qui ont incarné des luttes sociales ou idéologiques.