Huit mois après son arrestation et son transfert aux États-Unis dans le cadre de l’opération «Absolute Resolve», l’ancien président vénézuélien Nicolas Maduro a publié ce dimanche ses premières photographies prises depuis sa détention. Selon le Figaro, ces clichés, montrant l’ex-dirigeant souriant en survêtement gris et faisant le signe «V» de la victoire, ont été partagés sur le réseau social X avec le message suivant : «Un petit cadeau d’amour et d’espoir».

Ce qu'il faut retenir

  • Nicolas Maduro a été arrêté en janvier 2026 puis transféré aux États-Unis dans le cadre de l’opération «Absolute Resolve».
  • Il apparaît amaigri mais souriant sur les premières photos prises au Metropolitan Detention Center de Brooklyn.
  • Maduro consacre une partie de son temps à l’étude de la Bible et maintient des contacts quotidiens avec Caracas.
  • Son procès aux États-Unis débutera le 1er juin 2027, accusé de trafic de drogue et d’armes à feu.
  • Le gouvernement vénézuélien, désormais dirigé par Delcy Rodriguez, a annoncé un accord avec Washington prévoyant la cession de 65 milliards de barils de pétrole.
  • Les photos ont été prises le 25 juin 2026, la veille d’un double séisme ayant fait plus de 6 500 morts au Venezuela.

Une détention sous haute surveillance et des contacts limités

Les clichés publiés par Nicolas Maduro ont été pris, selon nos confrères de El Pais, le 25 juin 2026, soit la veille d’un double séisme meurtrier ayant frappé le Venezuela et causé la mort de plus de 6 500 personnes, avec des milliers de disparus. Sur ces images, l’ancien président vénézuélien apparaît vêtu d’un survêtement gris, affichant un sourire et brandissant le signe «V» de la victoire à deux mains. Son message, accompagné des photos, évoque un «cadeau d’amour et d’espoir» pour sa famille et ses soutiens.

D’après El Pais, qui cite son entourage, Maduro conserve des liens réguliers avec Caracas. Il bénéficie d’environ 300 minutes de communication par mois avec l’extérieur, chaque appel étant limité à quinze minutes. Son fils, Nicolas Maduro Guerra, surnommé «Nicolasito», a assuré que son père était en bonne forme physique et morale, précisant qu’il consacrait une partie de son temps à l’étude de la Bible. Les conditions exactes de sa détention au Metropolitan Detention Center de Brooklyn restent, pour l’instant, peu documentées.

Un procès prévu pour juin 2027 et un contexte géopolitique en mutation

Les anciennes autorités vénézuéliennes, dont Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, sont accusées par les États-Unis de trafic de drogue et de trafic d’armes à feu. Ces accusations, que les deux intéressés démentent catégoriquement, font l’objet d’un procès dont l’ouverture est prévue pour le 1er juin 2027. Dans son message, l’ancien président vénézuélien a conclu en affirmant : «Nous resterons forts, sereins et confiants : Dieu est avec nous. Dieu pourvoira. Le Venezuela renaîtra», reprenant ainsi le slogan officiel du gouvernement vénézuélien actuel, «Venezuela renacera».

Le timing de la publication des photos n’est pas anodin. En effet, il intervient seulement deux jours après l’annonce par le gouvernement vénézuélien — désormais dirigé par l’ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez — d’un accord controversé avec l’administration américaine de Donald Trump. Cet accord prévoit le transfert à Washington de l’équivalent de 65 milliards de barils de pétrole, soit environ 22 % des réserves totales du pays. Delcy Rodriguez a justifié cette décision en affirmant avoir «choisi la voie de la diplomatie» et souhaitant faire du Venezuela une «puissance énergétique».

Un message adressé à la famille et aux soutiens

Dans son message publié sur X, Nicolas Maduro a tenu à remercier publiquement sa famille et ses partisans pour leur soutien. «Merci infiniment pour chaque parole, chaque geste, chaque bénédiction», a-t-il écrit, avant d’ajouter : «Je veux que vous sachiez que nous tenons bon, le cœur rempli de votre amour, cet amour qui nous parvient sous forme de prières, d’actions permanentes, de solidarité et de soutien véritable». Il a également adressé des mots particuliers à ses petits-enfants et à tous les «enfants et personnes généreuses qui m’aiment».

Les clichés et le message de Maduro surviennent dans un contexte marqué par une série de crises au Venezuela. Outre le double séisme de juin, le pays fait face à une crise économique persistante et à des tensions politiques internes, alors que la pression internationale s’accentue. L’ancien président, qui continue de nier les charges retenues contre lui, semble chercher à maintenir un lien avec ses soutiens, tant au Venezuela qu’à l’international.

Et maintenant ?

Le procès de Nicolas Maduro et de son épouse, prévu pour juin 2027, devrait constituer un moment clé dans les relations entre les États-Unis et le Venezuela. Dans l’immédiat, l’ancien président pourrait continuer à utiliser les réseaux sociaux pour communiquer avec l’extérieur, tout en préparant sa défense. Côté vénézuélien, le gouvernement de Delcy Rodriguez devra gérer les conséquences de l’accord pétrolier avec Washington, un dossier qui suscite déjà des débats au sein de la population et des forces politiques locales. La situation humanitaire, aggravée par les séismes récents, restera également un défi majeur pour les mois à venir.

Cette publication survient alors que le Venezuela tente de se repositionner sur la scène internationale, tout en affrontant des défis internes majeurs. Si le procès américain s’annonce comme un tournant judiciaire, il pourrait aussi avoir des répercussions politiques au Venezuela, où l’influence de Maduro reste un sujet de division. Pour l’heure, les conditions réelles de sa détention et les détails de son procès restent entourés de discrétion, dans l’attente des prochaines étapes judiciaires.

Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores sont accusés par les autorités américaines de trafic de drogue et de trafic d’armes à feu. Ces accusations, qu’ils démentent, font l’objet d’un procès dont l’ouverture est prévue pour le 1er juin 2027.

L’accord prévoit la cession à Washington de l’équivalent de 65 milliards de barils de pétrole, soit environ 22 % des réserves totales du Venezuela. Cet accord a été annoncé deux jours avant la publication des photos de Maduro en détention.