La nomination de Todd Blanche au poste de procureur général des États-Unis a été reportée mercredi 6 août 2026 après que deux sénateurs républicains influents ont bloqué un vote en commission. Selon Euronews FR, cette décision intervient dans un contexte tendu autour d’un accord controversé entre l’administration Trump et l’Internal Revenue Service (IRS).
Ce qu'il faut retenir
- Le vote pour confirmer Todd Blanche au poste de procureur général a été reporté en raison de l’opposition de deux sénateurs républicains.
- Le différend porte sur un accord de 10 milliards de dollars (8,7 milliards d’euros) entre Donald Trump et l’IRS, incluant une immunité fiscale pour le président et sa famille.
- Les sénateurs John Cornyn (Texas) et Thom Tillis (Caroline du Nord) exigent des garanties écrites sur l’abandon d’un fonds controversé de 1,78 milliard de dollars.
- Le ministère de la Justice a envoyé une nouvelle version du texte aux sénateurs pour tenter de débloquer la situation.
- Donald Trump a minimisé les retards, qualifiant la nomination de Blanche d’« exceptionnelle ».
Un vote reporté après des mois de tensions
La commission judiciaire du Sénat devait initialement valider jeudi 7 août 2026 la nomination de Todd Blanche, proposée par Donald Trump après le départ de Pam Bondi. Cependant, l’opposition des sénateurs John Cornyn et Thom Tillis a contraint les parlementaires à annuler le vote prévu en commission. Un porte-parole de la commission a précisé dans un communiqué publié mercredi soir que le scrutin serait reporté « alors que se poursuivent les efforts pour obtenir un soutien suffisant ».
Ce blocage s’inscrit dans un bras de fer plus large entre l’administration Trump et le Congrès sur la gestion d’un procès intenté par le président contre l’IRS. En juin 2026, le ministère de la Justice avait abandonné l’idée de créer un « fonds anti-instrumentalisation » de 1,78 milliard de dollars, initialement destiné à indemniser les personnes estimant avoir été lésées par les décisions judiciaires. Pourtant, les deux sénateurs républicains exigent désormais des garanties écrites confirmant l’abandon définitif de ce fonds, ainsi que des précisions sur la portée de l’immunité fiscale accordée à Trump et sa famille.
Cornyn et Tillis réclament des clarifications sur l’immunité fiscale
Au cœur des négociations figure la résolution d’un procès de 10 milliards de dollars (8,7 milliards d’euros) intenté par Donald Trump contre l’IRS. L’accord en vigueur prévoit l’abandon des redressements fiscaux visant le président, mais Cornyn et Tillis souhaitent s’assurer que cette immunité ne couvre pas les déclarations fiscales futures de Trump. Selon eux, le texte doit être modifié pour préciser que l’accord ne s’applique qu’aux contrôles en cours.
John Cornyn, qui a récemment perdu la primaire républicaine au Texas, a accusé le ministère de la Justice de « faire obstruction ». « Cela fait un moment que nous essayons de les aider à parvenir à une conclusion, et ils nous en empêchent. C’est déroutant pour moi », a-t-il déclaré aux journalistes. Pour sa part, Thom Tillis a refusé de commenter directement, mais son soutien à Cornyn dans cette opposition laisse présager une alliance stratégique au sein du parti.
Le ministère de la Justice tente de répondre aux exigences des sénateurs
Pour débloquer la situation, le ministère de la Justice a envoyé mercredi soir une nouvelle version du texte à Cornyn et Tillis, espérant ainsi répondre à leurs revendications. Une source proche du dossier, citée par l’Associated Press, a confirmé que ces négociations se poursuivaient activement. Le ministère a réaffirmé que l’accord d’immunité contre les contrôles fiscaux reste en vigueur, tout en insistant sur le fait que le « fonds anti-instrumentalisation » a bien été abandonné après des critiques venues des deux côtés de l’échiquier politique.
Cependant, les deux sénateurs ne semblent pas convaincus. « La balle est dans le camp de Blanche », a souligné Cornyn, suggérant que la responsabilité de faire avancer la nomination repose désormais sur le candidat lui-même. Cette pression s’ajoute aux tensions internes au Parti républicain, où certains élus remettent en cause la stratégie de l’administration sur les questions fiscales.
Donald Trump défend sa nomination et critique Cornyn
Interrogé sur les retards concernant la confirmation de Todd Blanche, Donald Trump a minimisé les inquiétudes en qualifiant son choix pour le poste de procureur général d’« exceptionnel ». « Peut-être que John Cornyn est fâché contre moi parce que je ne l’ai pas soutenu », a-t-il déclaré aux journalistes, évoquant une possible motivation personnelle derrière l’opposition du sénateur texan.
Blanche, ancien avocat personnel de Trump, a occupé divers postes au sein du département de la Justice sous l’administration actuelle. Sa nomination avait été saluée par les partisans de Trump comme un choix stratégique pour consolider l’influence du président sur les institutions judiciaires. Pourtant, les divisions au sein du Parti républicain risquent de compliquer son accession à la confirmation, d’autant plus que la majorité des sénateurs est actuellement serrée.
Pour l’heure, Todd Blanche reste en attente de validation, tandis que les républicains du Sénat continuent de peser sur les conditions de son accession au poste de procureur général. La situation illustre les tensions persistantes entre l’exécutif et le législatif, ainsi que les divisions au sein même du Parti républicain sur les questions de transparence et de contrôle des institutions.
Les sénateurs républicains John Cornyn et Thom Tillis exigent des garanties écrites sur l’abandon définitif d’un fonds controversé de 1,78 milliard de dollars, initialement destiné à indemniser des personnes lésées par le ministère de la Justice. Ils demandent également des précisions sur la portée de l’immunité fiscale accordée à Donald Trump et sa famille, insistant pour que celle-ci ne couvre pas les déclarations fiscales futures du président.
Todd Blanche est un ancien avocat personnel de Donald Trump, proposé par ce dernier pour succéder à Pam Bondi au poste de procureur général des États-Unis. Sa nomination est contestée en raison des tensions autour d’un accord fiscal entre Trump et l’IRS, ainsi que des divisions au sein du Parti républicain sur la gestion de ce dossier. Certains sénateurs, comme John Cornyn, remettent en cause la stratégie de l’administration et exigent des clarifications avant de valider sa confirmation.