Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN) et du groupe Les Patriotes pour l’Europe au Parlement européen, a annoncé le 30 juin 2026 la réalisation de perquisitions chez plusieurs sociétés prestataires du parti. Ces opérations, menées simultanément en France, Belgique, Italie et Espagne, interviennent alors que le parti d’extrême droite est déjà sous le feu des projecteurs pour des soupçons de détournement de fonds européens.

Selon Courrier International, cette nouvelle affaire s’inscrit dans une série de révélations qui émaillent l’histoire du RN avec les institutions européennes. « Le Rassemblement national et l’argent de Bruxelles, c’est une histoire sans fin », constate le quotidien libéral allemand Süddeutsche Zeitung, cité par Courrier International. Ces perquisitions, qualifiées par Bardella d’« opération de harcèlement » orchestrée par l’administration du Parlement européen, interviennent à quelques jours d’un rendez-vous judiciaire majeur pour le parti : la décision de la cour d’appel de Paris, prévue aujourd’hui 7 juillet 2026, concernant l’inéligibilité de Marine Le Pen dans le cadre du procès des assistants parlementaires du RN.

Ce qu’il faut retenir

  • Perquisitions en France, Belgique, Italie et Espagne le 30 juin 2026 chez des sociétés liées au RN, annoncées par Jordan Bardella.
  • Ces opérations surviennent alors que Marine Le Pen attend une décision judiciaire aujourd’hui 7 juillet 2026 sur son inéligibilité dans l’affaire des assistants parlementaires.
  • Une information judiciaire pourrait être ouverte prochainement contre Jordan Bardella pour des soupçons d’emploi fictif au Parlement européen en 2015.
  • Le RN est visé par des accusations répétées de fraude aux fonds européens, une affaire qui dure depuis plusieurs années.

Des perquisitions présentées comme une manœuvre politique

Jordan Bardella a dénoncé sur son compte X une « nouvelle opération de harcèlement » menée par l’administration du Parlement européen. Dans un communiqué, il a précisé que ces perquisitions visaient des sociétés prestataires du RN, sans pour autant évoquer de détails concrets sur les motifs exacts de ces investigations. Le Telegraph, quotidien britannique conservateur, rapporte que Bardella a qualifié cette opération de « tentative de discréditer le RN » en pleine période électorale.

Ces déclarations surviennent alors que le RN, principal parti d’opposition en France, se prépare à d’importants scrutins. La décision attendue aujourd’hui 7 juillet 2026 concernant Marine Le Pen, dont l’inéligibilité pourrait être confirmée ou infirmée, ajoute une pression supplémentaire sur l’appareil du parti. Le RN a toujours nié toute malversation et dénoncé une instrumentalisation politique des affaires judiciaires.

Une nouvelle enquête judiciaire plane sur Jordan Bardella

Selon les révélations du Canard enchaîné, rapportées par Courrier International, une information judiciaire pourrait prochainement être ouverte à l’encontre de Jordan Bardella. Les soupçons portent sur d’éventuels emplois fictifs qu’il aurait occupés au Parlement européen en 2015, une période où il était assistant parlementaire du député européen Jean-Marie Le Pen. Ces accusations s’ajoutent à celles visant Marine Le Pen, déjà mise en cause dans le cadre du même dossier.

Les médias britanniques The Telegraph et Financial Times soulignent que ces nouvelles investigations s’inscrivent dans un contexte plus large de surveillance accrue des partis européens accusés de détournement de fonds. « Bardella est désormais visé par des soupçons de fraude semblables à ceux qui pèsent sur Marine Le Pen », précise The Telegraph. Ces affaires pourraient avoir des répercussions sur la crédibilité du groupe Les Patriotes pour l’Europe, dont le RN est un pilier.

Un historique de soupçons récurrents pour le RN

Le Rassemblement national n’en est pas à sa première affaire de fraude présumée aux fonds européens. Depuis plusieurs années, le parti a été régulièrement pointé du doigt par la presse et les institutions pour des irrégularités dans la gestion de ses subventions. En 2017, Marine Le Pen avait déjà été condamnée en première instance pour détournement de fonds publics, une peine confirmée en appel avant d’être réduite en cassation. Ces précédents expliquent en partie la sensibilité actuelle autour des nouvelles investigations.

Selon Mediapart, cité par Courrier International, le RN aurait perçu entre 2014 et 2019 plus de 10 millions d’euros de fonds européens via le Parlement européen, une somme qui fait aujourd’hui l’objet d’un audit approfondi. Les perquisitions récentes s’inscrivent dans ce cadre, avec pour objectif de vérifier l’usage réel de ces fonds et l’absence de conflits d’intérêts.

Et maintenant ?

La décision de la cour d’appel de Paris concernant Marine Le Pen, attendue aujourd’hui 7 juillet 2026, pourrait avoir des conséquences immédiates sur la stratégie du RN en vue des prochaines élections. Par ailleurs, l’ouverture d’une information judiciaire contre Jordan Bardella, si elle se concrétise, devrait relancer le débat sur la transparence des partis politiques européens. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si ces affaires aboutiront à des sanctions ou si elles resteront sans suite judiciaire.

Dans ce contexte, la Commission européenne pourrait renforcer ses contrôles sur l’utilisation des fonds européens par les partis politiques, afin d’éviter de nouvelles polémiques. La pression médiatique et judiciaire sur le RN devrait également s’intensifier, alors que le parti tente de se présenter comme une alternative crédible aux partis traditionnels.

Reste à voir si ces nouvelles investigations permettront de faire la lumière sur d’éventuelles irrégularités ou si elles seront perçues comme une tentative de déstabilisation politique. Une chose est sûre : l’affaire est loin d’être close.

Selon les éléments rapportés par Courrier International, ces perquisitions ont été coordonnées dans le cadre d’une enquête élargie visant à vérifier l’usage des fonds européens perçus par le RN via des sociétés prestataires. La dimension transnationale de l’enquête s’explique par la présence de ces sociétés dans plusieurs États membres de l’Union européenne, ce qui a nécessité une coopération judiciaire entre les autorités françaises, belges, italiennes et espagnoles.

Si une information judiciaire est ouverte à son encontre, Jordan Bardella pourrait être mis en examen, ce qui entraînerait une mise en cause officielle de sa responsabilité dans l’affaire des emplois présumément fictifs au Parlement européen en 2015. Cela pourrait également avoir des répercussions politiques, notamment en termes de crédibilité et d’image publique, alors que le RN cherche à se présenter comme une force politique majeure en France et en Europe.