Une population de scinques d'Alborn, l'un des reptiles les plus rares au monde, ne survit plus que dans une zone humide isolée de cinq hectares, près de Reefton, sur l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande. Selon Euronews FR, il ne resterait plus que trente individus de cette espèce menacée, un chiffre alarmant qui place son avenir au cœur d'une course contre la montre.

Ce qu'il faut retenir

  • Les trente derniers scinques d'Alborn vivent dans une zone humide de cinq hectares en Nouvelle-Zélande, selon Euronews FR.
  • Cette espèce pourrait disparaître d'ici cinq ans sans intervention humaine.
  • Une augmentation des populations de souris, qui se nourrissent de jeunes reptiles, a mis en péril leur survie.
  • Une clôture anti-prédateurs de plus de deux mètres de haut a été installée pour protéger les derniers spécimens.
  • Huit scinques ont été transférés au zoo d'Auckland pour constituer une population de secours.
  • Deux naissances en captivité ont déjà eu lieu, augmentant les chances de survie de l'espèce.

Une espèce au bord de l'extinction

Avec seulement trente individus recensés à travers le monde, le scinque d'Alborn (Oligosoma alborni) est l'un des lézards les plus rares au monde. Tous vivent confinés dans une zone humide isolée de cinq hectares, près de Reefton, sur l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande. Sophie Handford, porte-parole de la NZ Nature Fund, a souligné l'urgence de la situation : « Nous vivons un moment vraiment décisif pour l’avenir de ce magnifique petit lézard. Avec seulement 30 individus restants, c’est soit l’extinction, soit la protection et le sauvetage de l’espèce, et nous avons toutes et tous la possibilité d’y contribuer. »

Selon les experts, l'espèce pourrait disparaître d'ici cinq ans sans une action immédiate. Leur survie dépend désormais entièrement des mesures de conservation mises en place par les défenseurs de l'environnement.

Les souris, principale menace pour les scinques

Les équipes de conservation ont récemment identifié une menace majeure : l'explosion des populations de souris dans la zone humide. Ces rongeurs, qui se nourrissent de petits reptiles, notamment des jeunes, pourraient décimer rapidement les trente derniers scinques. « Les souris se reproduisent très vite et peuvent anéantir une population aussi réduite en très peu de temps », explique Charlotte Crummack, garde forestière sur place. Face à cette situation, des pièges et des appâts ont été déployés pour éliminer les souris déjà présentes.

Une clôture anti-prédateurs pour protéger les derniers spécimens

Pour empêcher toute nouvelle intrusion, une clôture anti-prédateurs a été construite autour de la zone humide. Haute de plus de deux mètres et enterrée à plus d'un mètre de profondeur, cette barrière est conçue pour bloquer l'accès aux souris, mais aussi à d'autres prédateurs invasifs comme les hermines et les opossums, courants en Nouvelle-Zélande. « L'an dernier, les populations de souris étaient extrêmement élevées dans cette zone. Grâce à cette clôture et aux pièges, nous avons réussi à les réduire à zéro et à maintenir ce niveau depuis plusieurs mois », précise Charlotte Crummack.

Les résultats sont encourageants : depuis plusieurs mois, aucune trace de souris n'a été détectée à l'intérieur de l'enclos. Les scinques bénéficient ainsi d'un répit pour reconstituer leur population. Gemma Hunt, cheffe garde sur le site, a indiqué que « si une nouvelle invasion avait lieu, cela pourrait anéantir les trente individus encore en vie. Mais pour l'instant, ils ont une chance de se développer. »

Une population de secours au zoo d'Auckland

Malgré la clôture, le risque persiste. Pour sécuriser l'avenir de l'espèce, huit scinques ont été transférés au zoo d'Auckland. Dans cet environnement contrôlé, les soigneurs recréent des conditions proches de leur milieu naturel, notamment grâce à des lampes chauffantes et une humidité régulée. Ces installations permettent aux reptiles de thermoréguler leur température, un comportement essentiel pour leur survie. « Ces conditions reproduisent leur habitat naturel, ce qui est vital pour leur bien-être », explique un responsable du zoo.

Cette mesure a déjà porté ses fruits : deux petits sont nés en captivité, augmentant ainsi le nombre total d'individus placés sous gestion humaine. Une avancée majeure pour une espèce aussi fragile.

Un financement indispensable pour assurer la survie à long terme

Les organisations de conservation recherchent activement des financements pour soutenir ce projet sur plusieurs années. L'entretien de la clôture, la surveillance des pièges et la présence de personnel sur le site nécessitent des ressources pérennes. L'objectif est de garantir au moins cinq années de gestion active pour permettre aux scinques de se rétablir. « Sans ces moyens, tout notre travail pourrait être vain », rappelle Sophie Handford de la NZ Nature Fund.

Les donateurs et partenaires sont appelés à contribuer pour éviter que cette espèce ne disparaisse définitivement. Chaque contribution, même minime, peut faire la différence dans la survie des trente derniers scinques d'Alborn.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie des financements obtenus et de l'efficacité des mesures de protection mises en place. Si la clôture et les pièges continuent de fonctionner sans nouvelle invasion de souris, les scinques pourraient commencer à se reproduire plus activement. Une évaluation régulière de la population sera effectuée pour ajuster les actions si nécessaire. La NZ Nature Fund et ses partenaires devraient annoncer d'ici la fin de l'année un plan détaillé pour les cinq prochaines années, incluant des objectifs de reproduction et de réintroduction éventuelle dans d'autres zones sécurisées.

La survie du scinque d'Alborn repose désormais sur une combinaison de protection physique, de gestion contrôlée et de soutien financier. Une situation critique, mais pas encore désespérée.

Les souris se nourrissent de jeunes reptiles, et une population aussi réduite que celle des scinques d'Alborn peut être anéantie en très peu de temps si les rongeurs prolifèrent. Leur voracité et leur capacité à se reproduire rapidement en font une menace majeure pour cette espèce déjà en danger critique.