Selon BDM, l’année 2025 a marqué un tournant dans l’équipement numérique des Français, avec une adoption massive des smartphones et une première utilisation de l’intelligence artificielle générative par plus d’un tiers de la population. Pourtant, derrière ces avancées, des disparités marquées subsistent, liées à l’âge, au niveau de diplôme et au revenu. Autant dire que le numérique reste un sujet de fracture sociale autant que technologique.
Ce qu'il faut retenir
- 84 % des Français possédaient un smartphone en 2025, selon BDM.
- 37 % des Français avaient déjà utilisé un outil d’IA générative cette même année.
- L’illectronisme touche encore 15 % des adultes, avec des écarts importants selon les profils démographiques.
- L’usage de l’IA et du numérique varie fortement selon l’âge, le diplôme et le niveau de vie.
Un équipement numérique en forte progression
En 2025, la France comptait 84 % de possesseurs de smartphones, un chiffre en constante augmentation depuis plusieurs années. Ce taux reflète une adoption massive de ces appareils, devenus indispensables dans le quotidien, que ce soit pour le travail, les loisirs ou les démarches administratives. D’après BDM, cette progression s’inscrit dans une tendance européenne similaire, où les smartphones ont dépassé les ordinateurs comme device principal pour accéder à internet.
Cependant, cette généralisation ne doit pas occulter les disparités dans les usages. Si le smartphone est désormais banalisé, son utilisation reste inégale selon les tranches d’âge et les catégories sociales. Les jeunes générations, par exemple, l’utilisent davantage pour des activités variées, tandis que les seniors se limitent souvent à des fonctions basiques.
L’IA générative : une adoption encore limitée
Autre enseignement de l’étude de BDM : 37 % des Français avaient déjà eu recours à un outil d’IA générative en 2025. Ce chiffre, bien qu’encourageant, révèle une adoption encore partielle de ces technologies, souvent perçues comme complexes ou réservées à un public averti. Les usages les plus courants concernent la recherche d’informations, la rédaction de contenus ou l’aide à la décision, mais restent marginaux par rapport à d’autres pays comme les États-Unis ou la Chine.
Les freins à cette adoption sont multiples : méconnaissance des outils, craintes liées à la protection des données, ou simplement un manque d’intérêt pour ces technologies. « L’IA générative est encore perçue comme un gadget par une partie de la population », a expliqué un expert interrogé par BDM, soulignant que son intégration dans le quotidien prendra du temps.
L’illectronisme : un défi persistant
Malgré ces avancées, l’illectronisme reste un enjeu majeur. Selon les données de BDM, 15 % des adultes français sont encore considérés comme illectronistes, c’est-à-dire incapables d’utiliser les outils numériques de base. Ce phénomène touche particulièrement les personnes âgées, les individus peu diplômés et ceux vivant dans des zones rurales ou défavorisées. Les conséquences sont multiples : exclusion des démarches administratives en ligne, difficultés d’accès à l’emploi ou à la formation, et isolement social.
Les politiques publiques, comme les ateliers numériques ou les formations dispensées par les collectivités, tentent d’y remédier. Pourtant, leur efficacité reste inégale, en raison d’un manque de moyens ou d’une méconnaissance des dispositifs existants. « Le numérique ne doit pas creuser les inégalités, mais les réduire », a rappelé un responsable associatif cité par BDM.
Des fractures sociales et générationnelles
Les écarts dans l’usage du numérique ne se limitent pas à l’illectronisme. BDM souligne que l’âge, le diplôme et le niveau de vie jouent un rôle clé dans la maîtrise des outils technologiques. Par exemple, les 18-24 ans utilisent bien plus l’IA générative que les 60 ans et plus, et les diplômés du supérieur sont deux fois plus susceptibles d’y avoir recours que les non-diplômés. De même, les revenus élevés favorisent une adoption plus rapide des innovations numériques.
Ces disparités reflètent des inégalités plus larges dans l’accès à la culture numérique. Sans une politique volontariste, elles risquent de s’aggraver avec l’arrivée de nouvelles technologies, comme la réalité augmentée ou les assistants vocaux, qui exigent des compétences toujours plus pointues.
Une question se pose alors : dans quelle mesure les pouvoirs publics et les acteurs privés parviendront-ils à rendre le numérique accessible à tous, sans laisser personne au bord du chemin ?
