Face à l’épuisement des procédures et à l’impossibilité de dialoguer avec des occupants illégaux, certains propriétaires n’ont plus d’autre choix que de céder leur bien à vil prix pour mettre fin à un cauchemar qui s’éternise. Une situation que tente de résoudre l’entreprise Libère ton squat, comme le rapporte BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • Un squat ne se limite pas aux bâtiments désaffectés : il peut s’agir d’un appartement dont le locataire a cessé de payer depuis des années, d’un meublé touristique occupé sans autorisation ou d’une résidence secondaire squattée en l’absence prolongée du propriétaire.
  • Les procédures d’expulsion peuvent s’étendre sur plusieurs années, durant lesquelles le propriétaire doit continuer à assumer les charges (crédit, taxe foncière, travaux de remise en état) sans percevoir de revenus.
  • Certains occupants maîtrisent les délais légaux et exploitent les recours disponibles pour gagner du temps, rendant toute négociation impossible.
  • Libère ton squat, fondée par Jérémy Dray en 2022, propose trois solutions aux propriétaires : le rachat immédiat du bien occupé, sa commercialisation auprès d’investisseurs spécialisés ou un accompagnement complet jusqu’à l’expulsion.
  • L’entreprise traite une trentaine de dossiers par an en France, illustrant l’ampleur croissante du phénomène et le besoin d’un accompagnement spécialisé.

Depuis plusieurs années, les propriétaires de biens immobiliers en France sont confrontés à une montée en puissance des occupations illégales, plus communément appelées « squats ». Selon BFM Business, ces situations ne se limitent plus aux images classiques de bâtiments désaffectés squattés par des personnes en situation de précarité. Désormais, le phénomène touche tous les types de logements : un appartement dont le locataire a cessé de payer depuis des années, un meublé touristique occupé sans autorisation, ou encore une résidence secondaire squattée pendant une absence prolongée du propriétaire. Ces cas, en nette progression dans les grandes métropoles comme Paris ou Marseille comme dans les communes rurales, génèrent des conséquences économiques dévastatrices pour les propriétaires concernés.

Pour ces derniers, le problème ne se résume pas à la perte de revenus locatifs. Les charges continuent de peser lourdement : échéances de crédit, taxe foncière, charges de copropriété et éventuels travaux de remise en état s’accumulent année après année. Pendant ce temps, les procédures d’expulsion s’étirent sur des périodes souvent très longues. Entre le dépôt de plainte, les recours administratifs, la décision préfectorale et l’intervention des forces de l’ordre, plusieurs années peuvent s’écouler sans garantie d’aboutissement. Une réalité qui pousse certains propriétaires à envisager la vente de leur bien, quitte à subir une décote importante, simplement pour mettre fin à une situation intenable.

La complexité de ces dossiers réside aussi dans le fait que certains occupants maîtrisent parfaitement les rouages des procédures légales. Ils connaissent les délais, exploitent les recours disponibles pour gagner du temps, et s’appuient parfois sur des réseaux informels pour affiner leurs stratégies. Résultat : le dialogue devient rapidement impossible. C’est cette absence de communication qui transforme une situation déjà difficile en impasse totale. Une réalité que vit Jérémy Dray, fondateur de Libère ton squat, depuis qu’il gère des biens en location touristique et a été confronté à plusieurs occupations illégales successives.

En 2022, il décide de structurer une réponse professionnelle à ces situations. Son constat est simple : les propriétaires ont besoin d’être accompagnés par des professionnels capables de comprendre à la fois les enjeux juridiques, les réalités du marché immobilier et la dimension humaine de ces conflits. Car tous les occupants ne sont pas de mauvaise foi. Certains traversent de réelles difficultés financières ou personnelles et, contrairement aux fraudeurs aguerris, restent dans une logique de dialogue. Pour ces situations, Libère ton squat cherche en priorité des solutions amiables et oriente les occupants vers les services sociaux compétents si nécessaire. C’est cette capacité à distinguer les profils, à adapter la réponse plutôt que d’appliquer une procédure uniforme, qui fonde l’approche de l’entreprise.

Pour les cas où la négociation est impossible ou la mauvaise foi manifeste, la société s’appuie sur un réseau de partenaires juridiques, d’avocats et d’huissiers spécialisés, avec lesquels elle a négocié des conditions tarifaires accessibles. Un gestionnaire dédié suit chaque dossier de bout en bout, offrant aux propriétaires un interlocuteur unique capable d’analyser l’évolution de la situation et de les conseiller à chaque étape. Une approche qui permet de distinguer les situations et d’éviter l’application de procédures standardisées dans des cas où une solution négociée serait possible.

La force de Libère ton squat réside dans sa capacité à proposer des solutions adaptées à des situations très différentes. La réponse la plus directe et efficace proposée par l’entreprise est le rachat du bien occupé, en l’état, sans attendre la fin des procédures. Concrètement, la société étudie le dossier, formule une offre rapidement, et si le propriétaire l’accepte, reprend à sa charge l’intégralité des suites : négociations avec les occupants, procédure d’expulsion si nécessaire, frais juridiques, gestion administrative. Le règlement se fait comptant, permettant au propriétaire de récupérer des liquidités et de se libérer définitivement d’une situation épuisante. La contrepartie est une décote sur la valeur du bien, variable selon la complexité du dossier. Une décote que beaucoup choisissent d’assumer, jugeant cette certitude immédiate préférable à des années supplémentaires d’incertitude et de frais.

Pour les propriétaires qui souhaitent vendre sans subir une décote trop importante, une deuxième option existe. Libère ton squat commercialise alors le bien occupé auprès d’investisseurs spécialisés, rodés à ce type de dossiers. Ceux-ci achètent en connaissance de cause et prennent en charge eux-mêmes les procédures d’expulsion. La décote est moindre, mais la vente reste conditionnée à la rencontre d’un acquéreur, ce qui implique généralement un délai supplémentaire. Enfin, pour les propriétaires qui souhaitent conserver leur bien et mener la procédure jusqu’à son terme, l’entreprise propose un accompagnement complet : médiation entre les parties, coordination avec un réseau d’avocats et d’huissiers spécialisés, suivi administratif assuré par un gestionnaire dédié. Les honoraires sont fixés à l’avance, offrant une visibilité claire sur les coûts – un élément crucial quand une procédure peut s’étirer sur de longues années.

Présente sur l’ensemble du territoire français, Libère ton squat traite une trentaine de dossiers par an. Un volume qui témoigne à la fois de l’ampleur du phénomène et de la demande croissante d’accompagnement spécialisé. Dans ce contexte, l’existence d’un acteur capable de proposer des solutions rapides, adaptées et humaines comble un vide réel. La conviction de l’entreprise est claire : face à des procédures aussi éprouvantes, aucun propriétaire ne devrait avoir à naviguer seul.

Et maintenant ?

Si l’activité de Libère ton squat devrait continuer de croître face à l’augmentation des cas d’occupations illégales, la question de l’efficacité des procédures d’expulsion à long terme reste entière. Les pouvoirs publics pourraient être amenés à accélérer les délais ou à simplifier les recours, mais aucune réforme concrète n’a encore été annoncée. Pour les propriétaires concernés, l’enjeu sera de trouver un équilibre entre la rapidité des solutions proposées par des acteurs privés comme Libère ton squat et les garanties offertes par les voies légales traditionnelles.

La montée en puissance des squats reflète une réalité plus large : la difficulté croissante à protéger la propriété privée dans un contexte où les procédures judiciaires et administratives peinent à suivre le rythme des besoins. Une problématique qui pourrait devenir un sujet de débat politique dans les mois à venir, notamment à l’approche des prochaines élections locales.

Un bien est considéré comme squatté dès lors qu’il est occupé illégalement sans l’autorisation du propriétaire, qu’il s’agisse d’un logement locatif non payé depuis plusieurs années, d’un meublé touristique occupé sans autorisation, d’une résidence secondaire squattée en l’absence prolongée du propriétaire, ou encore d’un bâtiment désaffecté occupé par des personnes en situation de précarité. La société intervient uniquement dans les cas où l’occupation est illégale et où le propriétaire a tenté, sans succès, de récupérer son bien par des voies légales.

Selon les professionnels du secteur, une procédure d’expulsion peut s’étendre sur plusieurs années, entre le dépôt de plainte, les recours administratifs, la décision préfectorale et l’intervention des forces de l’ordre. Ce délai varie considérablement en fonction de la complexité du dossier, de la réactivité des autorités locales et des recours engagés par les occupants. Dans certains cas, l’expulsion peut intervenir en quelques mois, mais dans d’autres, le processus peut s’étirer sur trois à cinq ans.