OpenAI franchit une étape majeure dans son expansion médiatique en annonçant, jeudi 27 mars 2026, l’acquisition de TBPN (Technology Business Programming Network), une émission quotidienne considérée comme un passage obligé pour les acteurs de la tech. Selon Le Figaro, cette opération marque une volonté claire de l’entreprise de peser sur les discussions autour de l’intelligence artificielle et de l’AGI (Artificial General Intelligence), un niveau d’IA surpassant l’intelligence humaine.
Fidji Simo, directrice générale déléguée d’OpenAI, a justifié cette initiative dans un mémo interne rendu public par l’entreprise. « Nous sommes en train d’opérer un bouleversement technologique considérable, et la mission d’apporter au monde l’AGI s’accompagne d’une responsabilité : contribuer à créer un espace pour une conversation réelle et constructive sur les changements que l’IA engendre », a-t-elle écrit. Cette acquisition s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la communication d’OpenAI, alors que le débat public sur les implications de l’IA s’intensifie.
Ce qu'il faut retenir
- OpenAI rachète TBPN, une émission quotidienne de la Silicon Valley diffusée sur X, YouTube et Spotify, selon Le Figaro.
- L’émission revendique 70 000 spectateurs par épisode en moyenne et 5 millions de dollars de revenus publicitaires en 2025.
- Fidji Simo, n°2 d’OpenAI, souligne que TBPN conservera son indépendance éditoriale, tout en mobilisant ses animateurs pour la communication de l’entreprise.
- L’opération s’inscrit dans une stratégie de communication pour façonner le débat sur l’IA et l’AGI, selon un mémo interne.
Une plateforme incontournable pour les décideurs de la tech
TBPN, animée par John Coogan et Jordi Hays depuis Los Angeles, s’est imposée comme une référence dans la Silicon Valley. Diffusée en direct pendant trois heures chaque jour, l’émission attire startupeurs, capital-risqueurs et dirigeants de grandes entreprises technologiques. Son format interactif et son rituel emblématique – le gong frappé à chaque annonce de levée de fonds – en ont fait un symbole du dynamisme du secteur.
Avec 70 000 spectateurs par épisode en moyenne et 5 millions de dollars de revenus publicitaires en 2025, TBPN génère un trafic et une visibilité que peu de médias spécialisés peuvent égaler. « Ce n’est pas un poisson d’avril », a lancé John Coogan au début de l’émission ce jeudi, balayant d’un trait les spéculations sur une possible opération sans lendemain. L’acquisition de cette plateforme s’inscrit dans une logique d’influence, où la maîtrise de l’espace médiatique devient un levier stratégique pour les géants de la tech.
OpenAI mise sur l’indépendance éditoriale de TBPN… tout en mobilisant ses animateurs
Dans son mémo, Fidji Simo insiste sur un point clé : TBPN conservera sa pleine autonomie éditoriale. « TBPN continuera à définir sa programmation, choisir ses invités et prendre ses propres décisions éditoriales », a-t-elle écrit, précisant que « c’est fondamental pour leur crédibilité, et c’est quelque chose que nous protégeons explicitement dans le cadre de cet accord ». Cette garantie vise à rassurer le public et les acteurs du secteur, souvent méfiants envers les entreprises technologiques accusées de biaiser les débats en leur faveur.
Cependant, OpenAI compte bien tirer parti de l’influence de John Coogan et Jordi Hays en dehors de l’émission. « Ils ont aidé de nombreuses marques à se développer en ligne et, parce qu’ils ont le pouls de l’industrie, leurs idées en matière de communication et de marketing m’ont vraiment impressionnée », a souligné la dirigeante. Le duo sera donc associé à des missions de communication pour OpenAI, notamment dans le cadre de la division Strategy, dirigée par Chris Lehane, en charge des affaires publiques et de la communication de l’entreprise.
« Le manuel de communication classique ne s’applique pas à nous » — Fidji Simo, directrice générale déléguée d’OpenAI, dans un mémo interne.
Un rapprochement sous surveillance, après le précédent de CoinDesk
Cette acquisition n’est pas sans rappeler un épisode controversé : en 2024, la plateforme de cryptomonnaies Bullish avait racheté CoinDesk, un site spécialisé, avant d’ordonner le retrait d’un article. L’affaire avait provoqué une crise éditoriale et relancé les débats sur l’indépendance de la presse face aux géants technologiques. Selon Le Figaro, Le Wall Street Journal a d’ailleurs comparé les deux opérations, soulignant les risques d’ingérence éditoriale.
OpenAI, de son côté, assure que TBPN restera maître de son contenu. « On peut dire ce qu’on veut parce qu’on est en direct », a réagi John Coogan, face aux commentaires sceptiques ou moqueurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux de la tech. Pour l’heure, l’entreprise n’a pas dévoilé les termes financiers du rachat, mais l’opération marque une volonté affichée de peser sur le débat public autour de l’IA.
Pour OpenAI, l’enjeu est double : renforcer sa légitimité dans le débat public tout en capitalisant sur le réseau et l’audience de TBPN. La question reste ouverte : cette opération suffira-t-elle à apaiser les craintes d’une instrumentalisation des médias par les géants de la tech ?
OpenAI vise à peser sur le débat public autour de l’IA et de l’AGI. TBPN, avec ses 70 000 spectateurs par épisode et son audience captive dans la Silicon Valley, offre une plateforme idéale pour diffuser ses messages auprès des décideurs du secteur. Fidji Simo a souligné dans un mémo interne que les animateurs de l’émission, John Coogan et Jordi Hays, possèdent une expertise en communication et un réseau influent, ce qui en fait des relais précieux pour l’entreprise.
Non, selon les garanties apportées par OpenAI. Fidji Simo a précisé dans un mémo que TBPN « continuera à définir sa programmation, choisir ses invités et prendre ses propres décisions éditoriales ». Cette autonomie est présentée comme un gage de crédibilité, un point crucial pour l’entreprise alors que les critiques sur l’influence des géants de la tech sur les médias se multiplient.
