Le choix d’une orientation professionnelle s’accompagne désormais d’une question inédite : cette voie résistera-t-elle à l’essor de l’intelligence artificielle ? Selon Le Monde, de nombreux lycéens et étudiants expriment des craintes quant à la pérennité de certains métiers dans un marché du travail en pleine mutation.
Ce qu'il faut retenir
- En 2026, 45 % des lycéens et étudiants s’interrogent sur la résistance de leur futur métier face à l’IA, selon une étude citée par Le Monde.
- Les secteurs comme le droit, la comptabilité ou le journalisme sont particulièrement concernés par cette inquiétude.
- Les pouvoirs publics et les établissements scolaires commencent à intégrer ces craintes dans leurs dispositifs d’accompagnement.
Une incertitude partagée par une génération
Le développement rapide de l’intelligence artificielle transforme le paysage professionnel, suscitant des interrogations chez les jeunes en phase d’orientation. Selon Le Monde, un nombre croissant d’élèves de terminale et d’étudiants en licence s’interrogent sur la pertinence de leurs choix. « Nous avons remarqué une hausse de 20 % des demandes de conseils sur ce thème depuis janvier 2026 », indique Sophie Martin, psychologue de l’Éducation nationale à Paris.
Les secteurs les plus exposés
Certaines filières, comme le droit ou la comptabilité, figurent en tête des inquiétudes. « L’IA est déjà capable de rédiger des contrats ou d’analyser des bilans financiers, autant dire que les métiers associés sont directement impactés », explique-t-elle. Les formations en journalisme, où l’automatisation des contenus progresse, suscitent également des craintes. Côté ingénierie, si la demande reste forte, les spécialisations en programmation ou en data science sont perçues comme plus stables.
Les dispositifs d’accompagnement en question
Face à cette angoisse, les établissements scolaires et les universités tentent de s’adapter. Le ministère de l’Éducation nationale a lancé en mars 2026 un guide intitulé « IA et orientation : anticiper les métiers de demain ». « Nous organisons des ateliers pour aider les élèves à identifier les compétences transversales qui résistent à l’automatisation », précise un responsable du rectorat de Lyon. Les CIO (Centres d’Information et d’Orientation) multiplient les interventions dans les lycées pour aborder ce sujet.
Cette prise de conscience collective pourrait aussi accélérer l’émergence de nouveaux métiers, encore difficiles à anticiper. Pour l’heure, les acteurs de l’orientation misent sur la transparence et l’information pour désamorcer les craintes.
Les experts cités par Le Monde pointent en priorité les métiers liés à la rédaction, l’analyse de données financières et les tâches répétitives en droit ou en comptabilité. À l’inverse, les métiers nécessitant de l’empathie, de la créativité ou une expertise technique pointue (comme l’ingénierie ou la santé) sont considérés comme moins exposés.