Le numéro un français des auto-écoles en ligne, Ornikar, officialise le rachat de sa principale concurrente, En Voiture Simone, selon BFM Business. Cette opération, annoncée ce mardi 2 juin 2026, vise à renforcer la position du groupe sur le marché français et à préparer l’émergence d’un acteur majeur en Europe. Le PDG d’Ornikar, Philippe Maso y Guell Rivet, et son co-fondateur, Benjamin Gaignault, ont confirmé à l’AFP l’ambition de créer un leader paneuropéen à terme.
Ce qu'il faut retenir
- Ornikar rachète En Voiture Simone, son principal concurrent en France, pour un chiffre d’affaires combiné de près de 145 millions d’euros.
- Cette fusion portera la part de marché d’Ornikar de 10 % à 14 % en France, avec 100 000 nouveaux élèves par an et un million d’élèves préparant le code.
- Les deux plateformes, créées en 2013, totalisent 3 000 enseignants indépendants et 276 collaborateurs.
- Le marché des auto-écoles en ligne, encore marginal avec 20 % de parts de marché, connaît une croissance de 15 à 20 % par an, bien supérieure à celle des agences traditionnelles.
- Ornikar a diversifié ses activités dans l’assurance et les services financiers, ciblant notamment les jeunes conducteurs.
- Le prix moyen du permis a baissé de 1 000 euros, passant de 2 500 euros à 1 500 euros depuis l’arrivée des plateformes en ligne.
Avec ce rachat, Ornikar ne se contente pas de consolider sa position en France. Le groupe, qui revendique déjà 10 % du marché français, ambitionne de devenir un acteur incontournable en Europe. Selon Philippe Maso y Guell Rivet, ce rapprochement permettra de mutualiser les ressources et d’accélérer le développement à l’international. Les deux entreprises, nées en 2013, totaliseront ensemble un chiffre d’affaires annuel proche de 145 millions d’euros.
Le marché des auto-écoles en ligne, qui représente encore seulement 20 % des permis délivrés en France, est en pleine expansion. Les plateformes comme Ornikar ou En Voiture Simone misent sur des modèles innovants : pas d’agences physiques, des moniteurs indépendants et une digitalisation poussée des parcours de formation. Leur croissance annuelle, estimée entre 15 % et 20 %, dépasse largement celle des auto-écoles traditionnelles, dont le marché reste globalement stable, avec environ un million de permis délivrés chaque année.
Ornikar, qui a réalisé 104 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, s’est diversifiée au-delà de la formation au permis. Le groupe propose désormais des services d’assurance, notamment automobile, et s’est lancé dans les services financiers, comme le financement des achats de véhicules. Cette stratégie vise à fidéliser une clientèle jeune, souvent en quête de solutions flexibles et accessibles. Depuis sa création, Ornikar a levé plus de 146 millions d’euros et compte poursuivre sa croissance externe pour consolider sa position.
Une baisse des prix et un allongement de l’âge moyen des candidats
L’arrivée des auto-écoles en ligne a profondément transformé le marché. Philippe Maso y Guell Rivet souligne une réduction significative du coût du permis : « Nous avons fait baisser le prix moyen à 1 500 euros contre 2 500 euros avant l’arrivée des plateformes », a-t-il déclaré à l’AFP. Cette démocratisation de l’accès au permis s’accompagne cependant d’un allongement de l’âge moyen des candidats. Il est passé de 21 ans il y a 13 ans à 25-26 ans aujourd’hui, bien que 80 % des candidats aient encore 17-18 ans.
Cette évolution s’explique en partie par des contraintes économiques et sociales. Les jeunes générations, souvent contraintes par des budgets serrés, privilégient des solutions moins onéreuses et plus flexibles. Pourtant, depuis 2024, l’âge minimum pour passer le permis a été abaissé à 17 ans, une mesure qui pourrait, à terme, inverser cette tendance. Autre changement notable : la demande pour les permis en boîte automatique explose. Leur nombre a augmenté de 40 % par an, reflétant une adaptation aux nouvelles habitudes de conduite. Il est possible de convertir ce permis en permis classique via une « formation passerelle » de sept heures.
Un secteur en mutation, entre opportunités et défis
Le rachat d’En Voiture Simone par Ornikar s’inscrit dans une logique de consolidation d’un secteur encore émergent mais en pleine mutation. Les quatre principaux acteurs des auto-écoles en ligne, bien que minoritaires sur le marché, affichent une dynamique bien supérieure à celle des acteurs traditionnels. Leur modèle repose sur une flexibilité accrue et des coûts réduits, deux atouts majeurs dans un contexte économique tendu.
Pourtant, ce secteur n’est pas exempt de défis. La qualité de la formation, la régulation des enseignants indépendants et la reconnaissance des diplômes à l’étranger restent des sujets sensibles. Ornikar et En Voiture Simone devront également faire face à une concurrence accrue, notamment de la part de nouveaux entrants ou d’acteurs internationaux cherchant à s’imposer en Europe. Leur capacité à innover et à maintenir des standards élevés sera déterminante pour consolider leur position de leaders.
Cette opération marque une nouvelle étape dans la transformation du secteur de la formation à la conduite. Alors que les auto-écoles traditionnelles voient leur part de marché stagner, les plateformes en ligne, portées par des modèles agiles et des coûts maîtrisés, pourraient bien redéfinir les règles du jeu. Reste à voir si cette consolidation suffira à convaincre les derniers réticents, ou si des obstacles réglementaires ou concurrentiels viendront freiner cette dynamique.
Le regroupement d’Ornikar et En Voiture Simone devrait permettre une offre plus large et potentiellement des tarifs encore plus compétitifs grâce aux économies d’échelle. Les élèves bénéficieront aussi d’un accès à des services financiers et d’assurance élargis, ainsi que d’une plateforme unifiée pour leur formation.
Les dirigeants d’Ornikar ont indiqué vouloir maintenir des prix accessibles. Cependant, la consolidation du secteur pourrait, à long terme, réduire la pression concurrentielle. Tout dépendra de la stratégie commerciale adoptée par le nouveau groupe et de l’évolution du marché.