Ce mardi 5 mai 2026, dans sa chronique hebdomadaire USA Today, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, a analysé plusieurs dossiers majeurs pour les investisseurs, dont la publication des résultats de Palantir, jugée décevante par Wall Street. Selon BFM Business, l’expert a également abordé les tensions sur le marché du pétrole, les perspectives du S&P 500, les projets industriels d’Apple et les prévisions en demi-teinte de Duolingo. Cette chronique est diffusée chaque jour de la semaine dans l’émission BFM Bourse, présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • Palantir a déçu Wall Street lors de sa publication, suscitant la méfiance des investisseurs.
  • Chevron a alerté sur les risques de pénuries de pétrole, alimentant les craintes de hausse des prix.
  • Les bénéfices par action (BPA) du S&P 500 ont connu une forte progression, reflétant la santé des grandes entreprises américaines.
  • Apple a annoncé son intention de fabriquer ses propres puces, un virage stratégique pour le géant technologique.
  • Les prévisions de Duolingo pour le trimestre en cours se sont révélées inférieures aux attentes des analystes.

Wall Street boudent Palantir après sa publication

La société spécialisée dans l’intelligence artificielle et les solutions de renseignement Palantir a publié ses résultats trimestriels ce mardi 5 mai 2026, mais l’accueil réservé par les marchés a été mitigé. Selon John Plassard, Wall Street semble déçu par les perspectives de croissance et les annonces faites par l’entreprise. Les analystes s’attendaient à des chiffres plus robustes, notamment dans un contexte où l’IA reste un secteur porteur. « La réaction des investisseurs montre que la confiance n’est pas totale, et que les attentes restent élevées », a-t-il souligné.

Cette publication intervient alors que le marché des technologies de l’information traverse une phase de prudence accrue, après plusieurs mois de forte volatilité. Les investisseurs semblent désormais plus sélectifs, privilégiant les entreprises capables de démontrer une rentabilité durable. Pour Palantir, qui mise sur des contrats publics et privés dans le domaine de la data, la bataille pour rassurer les actionnaires s’annonce serrée.

Pétrole : Chevron alerte sur les risques de pénuries

Autre sujet de préoccupation pour les investisseurs, l’avertissement lancé par Chevron concernant les risques de pénuries de pétrole d’ici la fin du mois de mai. Le géant américain a mis en garde contre une possible tension sur l’offre, alors que la demande reste soutenue, notamment en Asie et en Europe. « Les stocks stratégiques pourraient être mis à contribution pour éviter une crise, mais les marges de manœuvre sont limitées », a indiqué John Plassard.

Cette annonce s’inscrit dans un contexte géopolitique déjà tendu, marqué par les tensions au Moyen-Orient et les incertitudes liées à la transition énergétique. Les marchés pétroliers, déjà volatils, pourraient subir de nouvelles pressions si les prévisions de Chevron se confirment. Les investisseurs surveillent de près les signaux envoyés par l’OPEP et les autres grands producteurs, dans l’attente d’une éventuelle décision sur les quotas de production.

S&P 500 : des BPA en forte hausse, mais jusqu’à quand ?

Côté indicateurs économiques, les bénéfices par action (BPA) du S&P 500 ont connu une progression significative, reflétant la bonne santé des grandes entreprises américaines. Selon les dernières données disponibles, cette hausse dépasse les attentes des analystes, confirmant la résilience des géants du CAC 40 et du S&P 500 face aux défis macroéconomiques. « Ces résultats montrent que les entreprises restent capables de générer de la valeur, malgré un environnement marqué par des taux d’intérêt élevés », a expliqué John Plassard.

Cependant, certains économistes s’interrogent sur la durabilité de cette dynamique. Les pressions inflationnistes et les incertitudes liées aux politiques monétaires pourraient, à terme, peser sur les marges des entreprises. Les investisseurs restent donc attentifs aux prochaines publications, qui pourraient révéler un ralentissement de la croissance des BPA dans les trimestres à venir.

Apple mise sur l’autonomie pour ses puces

Dans un autre registre, Apple a confirmé son intention de produire en interne ses propres puces, un virage stratégique qui pourrait redéfinir la chaîne de valeur de l’électronique grand public. Selon des sources internes citées par John Plassard, le géant de Cupertino cherche à réduire sa dépendance aux fournisseurs comme TSMC et Samsung, tout en améliorant la performance et la sécurité de ses appareils.

Cette décision s’inscrit dans une logique de verticalisation croissante, déjà observée chez d’autres géants comme Tesla ou Nvidia. « Apple cherche à contrôler davantage son écosystème, ce qui pourrait lui permettre de mieux maîtriser ses coûts et ses innovations », a précisé l’expert. Les analystes s’attendent à ce que cette stratégie se traduise par des annonces concrètes d’ici la fin de l’année, avec un impact potentiel sur les résultats financiers du groupe.

Duolingo déçoit les marchés avec des prévisions en demi-teinte

Enfin, la plateforme d’apprentissage des langues Duolingo a publié des prévisions pour le deuxième trimestre 2026, jugées décevantes par Wall Street. Les attentes des analystes tablaient sur une croissance plus dynamique, notamment dans un contexte où l’éducation en ligne reste un secteur en expansion. « Les chiffres de Duolingo montrent que la concurrence s’intensifie, et que la fidélisation des utilisateurs devient un défi majeur », a commenté John Plassard.

Le groupe, qui mise sur un modèle freemium, devra redoubler d’efforts pour convertir ses utilisateurs gratuits en abonnés payants. Les prochaines publications seront scrutées de près pour évaluer si cette tendance se confirme ou si elle relève d’un simple contretemps. Dans tous les cas, le secteur de l’EdTech reste sous haute surveillance, dans un contexte où les investisseurs privilégient les modèles économiques éprouvés.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances clés sont à surveiller dans les prochaines semaines. D’abord, les résultats détaillés de Palantir et leurs commentaires sur la croissance future pourraient donner des indications sur la capacité de l’entreprise à regagner la confiance des marchés. Ensuite, les décisions de l’OPEP sur les quotas de production, attendues d’ici la mi-mai, pourraient influencer durablement les prix du pétrole et, par ricochet, les marchés actions. Enfin, les prochaines publications de résultats trimestriels des géants technologiques, dont Apple, seront déterminantes pour confirmer ou infirmer la tendance actuelle des BPA.

Reste à voir si Wall Street parviendra à retrouver un optimisme durable, ou si la prudence actuelle, alimentée par les incertitudes économiques et géopolitiques, persistera dans les semaines à venir.

Selon John Plassard, les investisseurs s’attendaient à des résultats plus robustes et à des perspectives de croissance plus ambitieuses. Les annonces faites par Palantir n’ont pas suffi à convaincre, dans un contexte où les marchés restent prudents face aux valeurs technologiques.

Chevron alerte sur une possible tension de l’offre de pétrole d’ici fin mai, en raison d’une demande soutenue et de stocks stratégiques limités. Une telle situation pourrait entraîner une hausse des prix et peser sur la croissance économique mondiale.