Près d’un an et demi après la chute du régime de Bachar al-Assad, la Syrie tente de tourner la page d’une décennie de conflits. Parmi les signes d’une normalisation encore fragile, le site archéologique de Palmyre, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, voit progressivement revenir des visiteurs. Selon Franceinfo - Culture, les ruines de la cité antique, partiellement détruites par l’État islamique, deviennent désormais un lieu où se superposent l’histoire millénaire et les stigmates des batailles récentes.
Ce qu'il faut retenir
- Le site de Palmyre, joyau archéologique en Syrie, attire de nouveau des touristes près d’un an et demi après la chute d’Assad.
- Les visiteurs viennent autant pour les vestiges antiques que pour observer les destructions laissées par l’État islamique.
- En 2025, le site a accueilli entre 500 et 700 visiteurs par semaine après la reprise, selon les autorités locales.
- Une enveloppe de 5 millions de dollars a été allouée par l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine pour sa réhabilitation.
- La fréquentation reste fragile, notamment en raison de la guerre entre l’Iran et les États-Unis depuis mars 2026.
- Les habitants investissent dans des projets touristiques, mais réclament un soutien accru de l’État.
Un site historique devenu symbole des conflits modernes
Perchée au cœur du désert syrien, Palmyre incarne depuis des millénaires le mélange unique de cultures grecque, romaine et orientale. Mais depuis 2015, la cité antique porte aussi les stigmates de l’occupation par l’État islamique. « Toutes les destructions que vous voyez, c’est l’État islamique », explique Khaldoum, guide touristique local, devant les colonnes brisées et les temples dynamités. Selon Franceinfo - Culture, les visiteurs ne viennent plus seulement pour admirer les vestiges de la reine Zénobie, mais aussi pour mesurer l’ampleur des destructions causées par les combats.
Sur place, les traces de la guerre sont omniprésentes : obus non explosés, douilles et murs criblés d’impacts parsèment le paysage. Un touriste australien, interrogé par nos confrères, souligne cette dualité : « On peut voir toutes les marques de l’histoire récente. On se rend compte de ce qui a été détruit et de ce qui ne l’a pas été. C’est ce qui rend cet endroit si particulier, n’est-ce pas ? »
La renaissance économique portée par les habitants
Le retour des touristes à Palmyre s’accompagne d’une lente reprise économique. Après des années d’exil, certains habitants ont choisi de revenir et d’investir dans des structures d’accueil. Khaldoum, qui rénove son hôtel, raconte que « peu après la chute du régime, des visiteurs ont commencé à arriver de Damas, de Homs, d’Alep. Ils venaient par groupes, parfois jusqu’à 700 personnes par semaine ». Bientôt, restaurants et boutiques de souvenirs ont rouvert leurs portes, proposant aux visiteurs des colliers et autres objets artisanaux.
Parmi eux, un marchand de souvenirs se dit « heureux avec ce travail » après avoir fui le désert pendant quinze ans. Pourtant, malgré ces signes encourageants, les besoins restent colossaux. Les habitants appellent à un soutien plus marqué de l’État pour pérenniser ces initiatives et attirer davantage de touristes étrangers.
Des défis persistants et une fréquentation fragile
Le principal frein à cette reprise reste la situation géopolitique régionale. Depuis mars 2026, la guerre entre l’Iran et les États-Unis a déjà fait reculer la fréquentation touristique à Palmyre. « Nous avons besoin d’un soutien de l’État pour aider les personnes qui portent des projets touristiques ici et d’un programme de promotion régional pour attirer davantage les touristes européens », explique Rachid Al-Saleh, l’un des maires de la ville. Les projets de réhabilitation, bien que soutenus par des fonds internationaux, peinent à combler l’ampleur des dégâts.
Une enveloppe de 5 millions de dollars, approuvée l’été dernier par l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine, a permis de financer des travaux de sécurisation et de restauration partiels. Mais pour les autorités locales, ces efforts ne suffiront pas sans une stabilisation durable de la région.
Pour les Syriens revenus d’exil et les investisseurs locaux, Palmyre représente bien plus qu’un site archéologique : un symbole de résilience. « Il faut que le gouvernement protège ce lieu », rappelle Rachid Al-Saleh. Entre mémoire antique et cicatrices de la guerre, le joyau syrien tente de renaître, à condition que la paix tienne ses promesses.
Palmyre attire désormais les visiteurs pour deux raisons principales : d’une part, ses vestiges antiques, classés à l’Unesco, et d’autre part, les traces des destructions causées par l’État islamique entre 2015 et 2017. Ce double aspect historique et contemporain en fait une destination unique.
Les infrastructures sont en cours de reconstruction. Certains hôtels et restaurants ont rouvert, mais les besoins en réhabilitation restent importants. Une enveloppe de 5 millions de dollars a été allouée pour des travaux de sécurisation et de restauration, mais les projets dépendent largement de la stabilité sécuritaire.