Pour la deuxième année consécutive, Tadej Pogačar a terminé sur la deuxième marche du podium de Paris-Roubaix, dimanche 12 avril 2026. Le champion du monde slovène, quadruple vainqueur du Tour de France, s’est incliné face au Belge Wout van Aert, confirmant ainsi l’absence de ce Monument à son palmarès. Selon Franceinfo - Sport, cette performance illustre les limites du Slovène sur un parcours aussi exigeant que l’Enfer du Nord, où les aléas mécaniques et la domination des puncheurs flandriens ont une nouvelle fois dicté leur loi.

Ce qu'il faut retenir

  • Deuxième place pour Pogačar : le Slovène a terminé à 1 min 37 s du vainqueur, Wout van Aert, après deux crevaisons et une course marquée par des difficultés techniques.
  • Van Aert confirme sa domination : le Belge, plus adapté aux pavés et aux secteurs techniques, s’impose pour la première fois sur Paris-Roubaix, devant Pogačar.
  • Un Monument toujours manquant pour Pogačar : après ses victoires à Milan-San Remo, le Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie, il lui manque désormais la « Reine des classiques » pour compléter son palmarès des cinq Monuments.
  • Des crevaisons fatales : Pogačar a subi deux crevaisons en fin de course, l’une à 120 km de l’arrivée, l’autre dans les derniers secteurs pavés, limitant ses ambitions.
  • Un public en émoi : les supporters, massés dès le matin autour du bus de l’équipe UAE Team Emirates XRG, ont assisté à une course où le suspense a été maintenu jusqu’au bout.

Une course qui échappe une fois de plus à Pogačar

Depuis son arrivée sur les pavés de Paris-Roubaix, Tadej Pogačar nourrit l’ambition de remporter le seul Monument qui manque à son impressionnant palmarès. Pourtant, dimanche, c’est une nouvelle fois la frustration qui a dominé. Le Slovène, habitué à dominer le cyclisme mondial, s’est heurté à la réalité d’un parcours où la force et l’endurance priment sur la puissance pure. Selon son manager général, Mauro Gianetti, Pogačar était « tranquille » avant le départ, conscient des défis qui l’attendaient. « Il savait que c’était le plus grand défi de tous », a rappelé Gianetti après la course.

Sur un parcours long de 256 km et jalonné de 30 secteurs pavés, dont les mythiques Trouée d’Arenberg et Carrefour de l’Arbre, Pogačar a tenté de distancer ses adversaires dans les monts flamands. Mais son profil de grimpeur, avec un mètre soixante-seize pour soixante-cinq kilos, ne correspond pas à l’idéal physique des puncheurs flandriens comme Wout van Aert ou Mathieu van der Poel. « Ce n’est pas une course pour moi, mais je voulais essayer », avait-il confié avant la course, reconnaissant implicitement les limites de son gabarit sur les pavés.

Des crevaisons et un retour périlleux

Le scénario de l’édition 2026 a basculé en milieu de course, lorsque Pogačar a crevé pour la première fois à 120 km de l’arrivée. Contraint d’utiliser un vélo d’assistance, il a tenté de rejoindre le groupe de tête avant la Trouée d’Arenberg, un secteur clé où les attaques se multiplient. « Il y avait un gros écart à combler, l’équipe a fait un gros travail pour me ramener, il fallait que ça se fasse avant Arenberg », a-t-il expliqué en conférence de presse, le visage encore couvert de poussière. Mais l’effort pour revenir dans le peloton l’a épuisé, limitant ses chances de victoire.

Une deuxième crevaison dans les derniers secteurs pavés a achevé ses espoirs. « Ce genre de problème vous fait toujours perdre un peu d’énergie, mais c’est ainsi que se passe Paris-Roubaix », a-t-il souligné, résigné. Malgré ces aléas, Pogačar a tenté de résister à Wout van Aert, qui a imposé un rythme soutenu sur les pavés. « J’ai essayé, mais mes jambes n’étaient pas au mieux. Il roulait dans ma roue, je sentais qu’il était très fort, et au sprint il est vraiment très rapide », a-t-il admis, la mine déconfite.

« On le connaît, il voulait gagner, il est passé proche, donc ça lui laissera l’envie de revenir. Il a déjà écrit des grandes pages de l’histoire, ça reste une bonne chose qu’il puisse revenir et réessayer. »
— Mauro Gianetti, manager général de l’équipe UAE Team Emirates XRG

Van Aert s’impose et écrit l’histoire

Face à un Pogačar affaibli par les crevaisons, Wout van Aert a profité de l’occasion pour remporter sa première victoire sur Paris-Roubaix. Le Belge, déjà vainqueur de Milan-San Remo en 2023, a confirmé son statut de puncheur redoutable sur les pavés. « Je savais que si je tenais jusqu’au bout, il n’y aurait plus grand monde pour me suivre », a-t-il déclaré après la course. Van Aert a résisté aux attaques de Pogačar et a contrôlé la fin de course, s’imposant avec une avance confortable de 1 min 37 s.

Cette victoire marque un tournant dans la carrière du Belge, qui rejoint ainsi le cercle très fermé des coureurs ayant remporté au moins un Monument. Pour Pogačar, en revanche, c’est une nouvelle déception. Le Slovène, qui avait déjà terminé deuxième en 2025, reste sur le carreau, privé une fois de plus de ce qui pourrait être le dernier trophée à ajouter à son palmarès.

Un défi qui n’est pas près de s’arrêter

Malgré cet échec, Tadej Pogačar n’a pas caché sa détermination à revenir sur les pavés de Paris-Roubaix. « J’ai toujours l’envie de revenir ici. J’ai encore plusieurs années dans ma carrière, peut-être pas l’année prochaine, mais je reviendrai », a-t-il promis. Ses déclarations ont ravi les organisateurs, comme Thierry Gouvenou, le directeur de course, qui espérait dans la semaine que le Slovène « patiente encore deux ou trois ans avant de gagner », afin de ne pas épuiser l’attrait de la course.

Pogačar, qui vise désormais un doublé inédit sur le Tour de France et Paris-Roubaix, devra revoir sa stratégie. Son profil, plus adapté aux courses par étapes qu’aux classiques d’un jour, lui impose de peaufiner sa préparation sur les pavés. Pour l’heure, le Slovène reste sur une série de deux podiums consécutifs, mais le Graal lui échappe toujours. « Il a déjà écrit des grandes pages de l’histoire, ça reste une bonne chose qu’il puisse revenir et réessayer », a conclu Mauro Gianetti, laissant entrevoir une nouvelle tentative en 2027 ou 2028.

Et maintenant ?

La question se pose désormais de savoir si Tadej Pogačar parviendra un jour à remporter Paris-Roubaix. Son gabarit et son style de course ne correspondent pas parfaitement aux exigences de l’Enfer du Nord, mais son ambition et sa résilience pourraient lui permettre de surmonter ces obstacles. Pour Wout van Aert, en revanche, cette victoire pourrait marquer le début d’une domination sur les classiques pavées, où son profil polyvalent est un atout majeur. Les prochains mois seront déterminants, avec le Tour de France en juillet, avant un retour attendu sur les pavés en 2027.

Si Pogačar parvient à ajouter Paris-Roubaix à son palmarès, il rejoindra Eddy Merckx, Rik van Looy et Roger De Vlaeminck au panthéon des coureurs ayant remporté les cinq Monuments. En attendant, les amateurs de cyclisme peuvent déjà se réjouir : la « Reine des classiques » reste une épreuve où le suspense et les rebondissements sont toujours au rendez-vous.

Pogačar, avec un gabarit de 1,76 m pour 65 kg, est avant tout un grimpeur et un puncheur, adapté aux courses par étapes comme le Tour de France. Les pavés de Paris-Roubaix, où la force et l’endurance priment, correspondent moins à son profil que celui de puncheurs flandriens comme Wout van Aert ou Mathieu van der Poel, plus lourds et plus robustes.

Pogačar a indiqué qu’il ne reviendrait probablement pas en 2027, préférant se concentrer sur d’autres objectifs comme le Tour de France. Une nouvelle tentative pourrait avoir lieu en 2028, après deux ou trois ans de préparation spécifique sur les pavés.