Plourin-lès-Morlaix, dans le Finistère, un couple d’actifs de plus de soixante ans a fait de la lutte contre la maladie de Parkinson un engagement autant qu’un mode de vie. Annick et François Tosser, tous deux diagnostiqués il y a plus de treize ans, ont choisi de ne pas renoncer à leur vie sociale et associative. Une stratégie qui, selon Ouest France, repose sur un principe simple : « Il ne faut pas s’écarter du monde. »

Ce qu'il faut retenir

  • Le diagnostic de la maladie de Parkinson pour François Tosser a été posé le 7 mars 2013, alors qu’il souhaitait quitter son poste au centre communal d’action sociale (CCAS) de Plourin-lès-Morlaix.
  • Malgré la maladie, François a continué son engagement associatif en devenant trésorier du Groupe Parkinson 29.
  • Annick Tosser a pris le relais au sein de cette association en tant que secrétaire, perpétuant leur engagement commun.
  • Le couple met en avant l’importance de maintenir une vie sociale active pour cultiver l’espoir face à la maladie.

Le parcours de François Tosser illustre cette volonté de ne pas laisser la maladie définir leur existence. En 2013, alors qu’il envisageait de se retirer du CCAS de Plourin-lès-Morlaix, ses collègues lui ont fait part de leur regret. « On m’a dit que c’était dommage, car mes avis étaient pertinents. Alors, j’ai continué », explique-t-il. Ce refus de s’isoler s’est transformé en un engagement durable au service des autres, à travers le Groupe Parkinson 29, antenne départementale de l’association nationale.

Annick Tosser, de son côté, a rejoint l’association en tant que secrétaire après que François en ait été trésorier. Leur engagement reflète une conviction partagée : la maladie ne doit pas devenir un frein à la participation sociale. « Il ne faut pas s’écarter du monde », résume François Tosser. Ce mantra guide leur quotidien depuis le diagnostic, posé il y a treize ans.

Un diagnostic qui a bouleversé leur routine

Le 7 mars 2013 marque un tournant dans la vie de François Tosser. Ce jour-là, le diagnostic de la maladie de Parkinson tombe. À l’époque, il occupait des responsabilités au sein du CCAS de Plourin-lès-Morlaix, une commune du nord du Finistère. Son projet initial était de se retirer progressivement, une décision qui, rétrospectivement, aurait pu l’amener à s’isoler. Pourtant, ses collègues l’ont encouragé à rester, soulignant l’importance de son expertise. Il a donc maintenu son engagement, tout en intégrant progressivement la réalité de sa maladie.

Ce choix n’était pas anodin. La maladie de Parkinson, maladie neurodégénérative chronique, se manifeste par des symptômes moteurs comme les tremblements ou la raideur, mais aussi par des troubles cognitifs ou psychiques. Pour les Tosser, la clé a été de ne pas laisser ces symptômes dicter leur rythme de vie. « Rapidement, j’ai voulu m’investir ailleurs pour continuer à donner du sens à mes journées », précise François Tosser. C’est ainsi qu’il a rejoint le Groupe Parkinson 29 en tant que trésorier, un rôle qui lui permet de mettre son expérience au service d’une cause collective.

Une vie associative comme levier d’espoir

L’association Groupe Parkinson 29, basée dans le Finistère, joue un rôle central dans l’accompagnement des patients et de leurs familles. Pour le couple Tosser, y prendre part a été une évidence. François y a officié comme trésorier avant que sa conjointe ne lui succède au poste de secrétaire. Cette dynamique associative leur offre un cadre pour échanger, soutenir les autres patients, et surtout, maintenir un lien social essentiel. « En restant actifs, on garde une forme de contrôle sur la maladie », explique Annick Tosser.

Leur engagement s’inscrit dans une démarche plus large de sensibilisation et de lutte contre l’isolement, un fléau bien connu des personnes atteintes de maladies chroniques. En participant à des événements locaux ou en intervenant dans des réunions d’information, ils brisent l’image souvent associée à la maladie de Parkinson : celle d’un déclin inéluctable. « On cultive l’espoir en restant en contact avec les autres », confie Annick Tosser.

Leur histoire résonne particulièrement dans un département comme le Finistère, où les associations de patients jouent un rôle clé dans l’accompagnement des maladies neurodégénératives. Selon les données de l’Assurance Maladie, près de 200 000 personnes sont atteintes de Parkinson en France, un chiffre qui ne cesse de croître avec le vieillissement de la population. Pourtant, comme le montrent les Tosser, le diagnostic ne signe pas la fin de l’autonomie ni de la contribution sociale.

Un modèle inspirant pour les patients et leurs proches

Leur parcours rappelle que vivre avec Parkinson ne signifie pas renoncer à ses passions ou à ses engagements. François et Annick Tosser ont transformé leur expérience en une forme de militantisme discret mais efficace. Leur message est clair : la maladie ne doit pas devenir un prétexte à l’effacement social. « Continuer à agir, c’est aussi continuer à vivre », résume François Tosser.

Leur histoire, rapportée par Ouest France, met en lumière l’importance des associations dans le parcours des patients. En Bretagne, comme ailleurs en France, ces structures offrent un soutien précieux, qu’il soit médical, psychologique ou social. Pour le couple Tosser, l’association est devenue un second foyer, un lieu où l’on se sent utile malgré la maladie.

Leur engagement a aussi un effet boule de neige : en s’investissant, ils inspirent d’autres patients à sortir de l’isolement. « Quand on voit des gens comme eux, on se dit que c’est possible de garder le sourire et de rester acteur de sa vie », confie un bénévole du Groupe Parkinson 29.

Et maintenant ?

Le couple Tosser continue de s’investir dans l’association, tout en adaptant leurs activités à l’évolution de leur maladie. Leur prochaine participation à un événement organisé par le Groupe Parkinson 29 est prévue le 6 juin 2026, une occasion de rappeler que la vie avec Parkinson peut rimer avec engagement et solidarité. Leur parcours montre aussi que les avancées médicales, comme les thérapies innovantes ou les traitements en développement, pourraient offrir de nouvelles perspectives aux patients dans les années à venir. Reste à voir si ces innovations permettront de mieux prendre en charge les formes les plus invalidantes de la maladie.

Leur histoire interroge aussi sur le rôle des associations dans l’accompagnement des maladies chroniques. Face à un système de santé parfois saturé, ces structures jouent un rôle complémentaire essentiel. Leur modèle, fondé sur l’entraide et la persévérance, pourrait inspirer d’autres régions en France.

Pour François et Annick Tosser, l’essentiel reste de ne pas s’arrêter. Leur mantra, « Il ne faut pas s’écarter du monde », résonne comme un appel à l’action pour tous ceux qui, un jour, pourraient être confrontés à une maladie similaire.

Le Groupe Parkinson 29 est une antenne départementale de l’association nationale France Parkinson, basée en Bretagne. Elle accompagne les patients et leurs proches, organise des réunions d’information, des ateliers et des événements pour briser l’isolement et soutenir la recherche.

Les patients doivent souvent faire face à des symptômes moteurs (tremblements, raideur) et non moteurs (troubles de l’humeur, fatigue). L’isolement social est également un enjeu majeur, d’où l’importance des associations et des groupes de parole.