Quatre mois après leur sacre olympique à Milan-Cortina, les Français Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry ont officialisé vendredi 11 juin 2026 leur volonté de poursuivre leur association sportive, avec un objectif ambitieux : remporter un nouveau titre aux Jeux olympiques de 2030, qui se dérouleront en France. Selon RMC Sport, les deux patineurs, champions olympiques et mondiaux en 2026, ont évoqué leur motivation lors d’une visioconférence avec l’Agence France-Presse (AFP) et L’Équipe.
Cette annonce met fin aux spéculations sur l’avenir du duo, qui avait marqué les esprits par leur performance artistique et leur complémentarité depuis leur association en 2025. Après une saison 2025-2026 couronnée de succès, le couple a choisi de se relancer dans l’aventure, malgré les défis à venir. « On s’est octroyé le luxe de réfléchir un peu. Je crois qu’on a encore des choses à vivre sur la glace en compétition, donc on se relance dans un nouveau challenge », a expliqué Guillaume Cizeron, 31 ans, lors de la conférence de presse virtuelle.
Ce qu'il faut retenir
- Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry, champions olympiques en février 2026 à Milan-Cortina, ont annoncé poursuivre leur collaboration en vue des JO 2030 en France.
- Le duo, déjà sacrés champions du monde fin mars 2026, vise un nouveau titre mondial et olympique dans les prochaines années.
- Leur séparation d’avec leurs anciens partenaires respectifs – Gabriella Papadakis pour Cizeron et un départ de la scène compétitive pour la précédente partenaire de Fournier Beaudry – avait marqué la fin de deux duos historiques.
- Cizeron et Fournier Beaudry ont souligné leur désir de continuer à innover artistiquement et à explorer de nouvelles facettes de leur discipline.
Un retour sur une saison historique
Le parcours de Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry depuis leur association a été marqué par une ascension fulgurante. Dès leur première saison ensemble, ils ont remporté le titre mondial à la fin du mois de mars 2026, atteignant tous les objectifs fixés en un temps record. Leur performance aux Jeux de Milan-Cortina, où ils ont décroché l’or olympique, avait déjà confirmé leur statut de favoris pour les années à venir.
Pourtant, fin 2024, Cizeron avait connu une rupture difficile avec sa partenaire historique, Gabriella Papadakis, après cinq titres mondiaux et une médaille d’or olympique à Pékin en 2022. De son côté, Fournier Beaudry avait également quitté son ancien partenaire, mettant fin à une collaboration prometteuse. Leur union inattendue en 2025 avait alors surpris le monde du patinage, avant de s’imposer comme une évidence sportive.
Une motivation artistique au cœur de leur décision
L’envie de poursuivre leur aventure ensemble repose avant tout sur une quête artistique et créative. « On voulait vraiment réfléchir à la raison qui nous ferait continuer, et on avait la curiosité de poursuivre ce qu’on avait commencé », a déclaré Laurence Fournier Beaudry, 33 ans. « On a touché à quelque chose, mais on n’a pas eu le temps de le développer à 100 %. » Pour Cizeron, la réponse est simple : « En cherchant une raison de continuer, on a fini par se poser la question de pourquoi arrêter. Et vu qu’il n’y avait pas vraiment de bonne raison d’arrêter maintenant, on continue. »
Leur approche de la discipline repose sur une recherche constante d’innovation. La saison dernière, ils avaient marqué les esprits avec deux programmes ambitieux : une danse rythmique inspirée du voguing, exigeante en termes de technique, et une danse libre plongeant dans un univers poétique et intime. Ces choix avaient donné lieu à plusieurs moments de grâce sur la glace, salués par le public et les critiques.
« Plus on avance, plus il y a une exigence qui est haute par rapport à ce qu’on a envie de délivrer », a précisé Cizeron. « Et c’est ça qui est le plus difficile, c’est qu’il faut vraiment aller chercher l’approche et les mouvements qui font en sorte qu’on se sent avancer vers quelque chose qu’on n’a pas encore fait. » Le duo mise désormais sur leur créativité pour imaginer des programmes toujours plus audacieux, tout en restant lucide sur les défis à relever.
Un calendrier ambitieux vers les Alpes en 2030
Avec les Jeux olympiques de 2030 organisés dans les Alpes françaises, le duo dispose d’un calendrier idéal pour préparer leur future participation. « On avance année après année mais le fait que les Jeux soient en France, c’est certain que ça nous inspire et ça nous titille. Le timing est quand même sympa », a souligné Cizeron avec un sourire. Leur objectif est clair : viser l’or à domicile, dans un contexte où le public français sera particulièrement attentif à leurs performances.
Cependant, la route s’annonce semée d’embûches. La préparation d’un programme de haut niveau demande un travail colossal, tant sur le plan technique que chorégraphique. « Il y a des journées où on a des bonnes idées, d’autres journées où on se perd... », a reconnu Fournier Beaudry. « On y va un peu au jour le jour, on se laisse un peu emporter par ce dont on a envie, ce qu’on découvre, ce qu’on crée. Mais on en est vraiment encore au tout début. »
Le duo a déjà commencé à esquisser les contours de leurs futurs programmes, sans pour autant se précipiter. « Là, on vient à peine de décider qu’on continuait, donc on commence à un peu débattre lucidement d’idées, de directions, de programmes. C’est toute une gestation », a expliqué Cizeron. Leur priorité reste de préserver leur plaisir de patiner, tout en maintenant un niveau d’exigence maximal.
Cette décision de poursuivre leur carrière ensemble illustre l’évolution du patinage artistique, où l’aspect artistique et émotionnel prend une place de plus en plus prépondérante. Leur parcours, marqué par des ruptures et des renaissances, pourrait inspirer d’autres athlètes à repenser leur rapport à la compétition et à la création.
Le duo vise d’abord à finaliser ses programmes pour la saison 2026-2027, avec comme priorité les compétitions internationales comme les Grand Prix ou les championnats nationaux. Leur préparation s’inscrira dans une logique de progression vers les mondiaux 2027, avant de se concentrer sur l’objectif des JO 2030 en France.
Leur motivation repose sur une quête artistique et créative, ainsi que sur l’envie de continuer à explorer de nouvelles facettes de leur discipline. Selon leurs déclarations, ils estiment avoir encore des choses à vivre sur la glace en compétition et voient dans leur association un potentiel inachevé.