Alors que l’été approche et que les températures commencent à grimper, les conseils pour « préparer » sa peau au soleil se multiplient sur les réseaux sociaux et dans les magazines. Pourtant, comme le rapporte Franceinfo - Santé, une partie de ces recommandations, bien que bien intentionnées, peut s’avérer contre-productive, voire dangereuse pour la santé cutanée. L’enjeu ? Éviter les expositions excessives tout en préservant l’équilibre naturel de la peau.
Ce qu'il faut retenir
- Certains conseils, comme l’exposition progressive au soleil, sont parfois mal adaptés aux types de peau et peuvent aggraver les risques de brûlures.
- Les crèmes auto-bronzantes sont souvent présentées comme une alternative sûre, mais elles n’offrent aucune protection contre les UV et peuvent donner un faux sentiment de sécurité.
- Les dermatologues soulignent l’importance d’une protection solaire adaptée dès les premiers rayons, quel que soit le phototype.
- Les « pré-tannages » artificiels, comme les cabines de bronzage, sont pointés du doigt pour leur rôle dans le vieillissement prématuré de la peau et l’augmentation des risques de cancer cutané.
- L’hydratation et une alimentation riche en antioxydants restent les meilleures alliées pour une peau résiliente face au soleil.
Des méthodes de préparation souvent inefficaces, voire risquées
Parmi les conseils les plus répandus, on retrouve la fameuse « exposition progressive » pour s’habituer au soleil. Pourtant, selon les dermatologues interrogés par Franceinfo - Santé, cette pratique ne réduit pas significativement les risques de brûlures, surtout pour les peaux claires ou sensibles. « S’exposer lentement ne protège pas des coups de soleil, explique le Dr Sophie Seité, dermatologue à Paris. La mélanine met plusieurs jours à se former, et pendant ce temps, la peau reste vulnérable. »
Autre recommandation souvent mise en avant : l’utilisation de crèmes auto-bronzantes avant l’été pour donner un teint hâlé sans risque. Or, ces produits, qui contiennent généralement de la dihydroxyacétone (DHA), n’offrent aucune protection contre les ultraviolets. Pire, ils peuvent inciter à prolonger les expositions, sous prétexte que la peau est déjà « préparée ». « Ces crèmes donnent une fausse impression de sécurité, rappelle le Dr Seité. Elles ne remplacent en rien une crème solaire indice 30 ou plus. »
Les cabines de bronzage, un danger reconnu
Les dermatologues s’accordent également à dénoncer les cabines de bronzage, souvent présentées comme un moyen de préparer sa peau en douceur. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe les UV artificiels dans la catégorie des cancérogènes avérés depuis 2009. En France, leur utilisation est désormais strictement encadrée, avec une interdiction totale pour les mineurs et une obligation d’information sur les risques pour les adultes. Entre 2010 et 2020, le nombre de cancers cutanés a augmenté de 30 %, selon les données de Santé publique France, un phénomène en partie attribué à l’usage intensif des UV artificiels dans les décennies précédentes.
Les experts insistent sur un point : il n’existe pas de « préparation » valable pour le soleil. La seule méthode fiable reste une protection solaire rigoureuse, dès les premiers jours de beau temps. « La peau n’a pas de mémoire, souligne le Dr Seité. Chaque exposition, même minime, compte et s’accumule. »
Hydratation et alimentation : les véritables alliés de la peau
Plutôt que de recourir à des astuces douteuses, les dermatologues recommandent deux approches complémentaires pour renforcer la résistance de la peau face au soleil. D’abord, une hydratation quotidienne, avec des produits adaptés au type de peau, pour maintenir la barrière cutanée. Ensuite, une alimentation riche en antioxydants — fruits, légumes, noix, poissons gras — qui aident à lutter contre le stress oxydatif causé par les UV.
Les compléments alimentaires à base de bêta-carotène ou de polyphénols sont également plébiscités, bien que leur efficacité varie selon les individus. « Ces nutriments ne remplacent pas une crème solaire, précise le Dr Seité, mais ils peuvent apporter un soutien supplémentaire, surtout pour les peaux très claires ou sujettes aux rougeurs. »
Alors que les températures devraient dépasser les moyennes saisonnières dès juin dans plusieurs régions, la vigilance reste de mise. Les peaux les plus fragiles — enfants, personnes âgées, individus à peau claire ou porteurs de maladies cutanées — doivent faire l’objet d’une attention particulière.
Les compléments à base de bêta-carotène peuvent aider à préparer la peau en améliorant légèrement sa résistance aux UV, mais ils n’offrent pas de protection comparable à une crème solaire. Ils agissent comme un soutien nutritionnel, pas comme un écran solaire. Les dermatologues recommandent de les associer systématiquement à une protection externe.