Le groupe français de spiritueux Pernod Ricard traverse une période compliquée, marquée par un recul de sa performance financière sur l’exercice 2025-2026. Selon BFM Bourse, le chiffre d’affaires du groupe, propriétaire des marques Absolut, Jameson ou encore Ricard, s’est établi à 9,4 milliards d’euros, en baisse de 14,2 % en données publiées et de 3,9 % en données comparables (hors effets de change et de périmètre). Une performance en deçà des attentes du marché, qui tablait sur un recul de 3,7 % en données comparables, selon le consensus cité par la société.
Ce qu'il faut retenir
- Chiffre d’affaires en baisse de 14,2 % (données publiées) et de 3,9 % (données comparables) pour l’exercice 2025-2026.
- Recul marqué aux États-Unis (-14 %) et en Chine (-19 %), deux marchés clés pour le groupe.
- Résultat opérationnel courant en baisse de 5,2 %, avec une marge opérationnelle de 25,8 %.
- Perspectives 2026-2027 jugées « globalement stables », mais avec un recul attendu en Chine et aux États-Unis au premier trimestre.
- Dividende maintenu à 4,70 euros par action, une décision « bien accueillie » par les analystes.
Cette situation s’explique par un environnement économique dégradé dans deux de ses principaux marchés. Aux États-Unis, la demande en spiritueux recule dans un contexte de ralentissement économique et d’une confiance des consommateurs atone. En Chine, la consommation reste en berne, pénalisant lourdement les ventes du groupe. « Dans un environnement contrasté, l’exercice 2025-2026 a été marqué par la faiblesse persistante des États-Unis, amplifiée par des ajustements de stocks, ainsi que par une faible demande en Chine », explique Pernod Ricard dans un communiqué.
Malgré ce contexte difficile, le groupe a réussi à limiter la casse hors de ces deux zones. En effet, hors États-Unis et Chine, les ventes ont progressé de 0,5 %. Une dynamique positive qui s’explique notamment par la performance de l’Inde, où le chiffre d’affaires a augmenté de 7 %. Du côté de la zone « Asie-reste du monde », le groupe enregistre un chiffre d’affaires stable, compensant partiellement le recul observé en Chine.
Un recul organique du chiffre d’affaires moins marqué au second semestre
Sur l’ensemble de l’exercice, Pernod Ricard a vu son chiffre d’affaires organique reculer de 3,9 %. Cependant, une amélioration de la tendance a été observée au second semestre, avec un recul organique passant de -5,9 % au premier semestre à -1,3 % au second. « Un point plutôt encourageant de la publication », souligne Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l’analyse des marchés pour eToro.
Le groupe a également mis en avant ses efforts d’efficacité opérationnelle. Grâce à un programme accéléré d’économies, Pernod Ricard a réalisé 1 milliard d’euros d’économies sur l’exercice, dont la moitié sur la période, contre un tiers initialement prévu. « La baisse de l’activité, un peu plus prononcée, a été atténuée par une accélération du programme d’efficacité opérationnelle », notent les analystes d’Allinvest Securities.
Un résultat opérationnel en baisse et un dividende maintenu
Le résultat opérationnel courant du groupe a reculé de 5,2 % en données comparables, s’établissant à 2,43 milliards d’euros, pour une marge opérationnelle de 25,8 % (en baisse de 0,35 point de pourcentage). Les analystes anticipaient un recul plus marqué, de 5,9 %, selon le consensus cité par Reuters. Une performance qui reste supérieure aux attentes, grâce notamment au contrôle strict des frais publi-promotionnels.
Côté dividende, Pernod Ricard a confirmé le versement d’un dividende de 4,70 euros par action pour l’exercice 2025-2026, stable sur un an. « L’absence de réduction du dividende devrait être bien accueillie », relèvent les analystes de Jefferies. Une décision saluée par le marché, qui a réagi de manière neutre à positive à l’annonce des résultats, malgré un recul de 2,15 % de l’action en Bourse ce jeudi 27 août.
Des perspectives 2026-2027 prudentes et un ajustement des objectifs à moyen terme
Pour l’exercice 2026-2027, Pernod Ricard table sur un chiffre d’affaires organique « globalement stable », dans un environnement toujours « contrasté et incertain ». Le groupe anticipe un recul de son activité en Chine et aux États-Unis dès le premier trimestre, en raison d’ajustements de stocks. Cependant, une amélioration des tendances sous-jacentes en Chine est attendue « dans le courant de l’exercice », tandis que la dynamique en Inde devrait rester positive.
À moyen terme, le groupe a révisé à la baisse ses objectifs de croissance organique du chiffre d’affaires pour la période 2027-2029. Pernod Ricard vise désormais une croissance « proche du bas de la fourchette » de son objectif précédent, soit +3 à +6 %. « Le scénario est donc davantage celui d’une stabilisation que d’un véritable rebond », analyse Antoine Fraysse-Soulier. Si les États-Unis et la Chine devaient cesser de se détériorer, le groupe disposerait alors d’un levier important sur les marges et la trésorerie pour accompagner une reprise progressive.
Pour l’heure, le groupe mise sur une amélioration progressive de la demande en Chine et un maintien de la croissance en Inde. Cependant, la prudence reste de mise, alors que les perspectives macroéconomiques mondiales restent incertaines. La prochaine publication de résultats trimestriels, prévue d’ici quelques semaines, pourrait apporter de nouveaux éléments sur la trajectoire du groupe.
La demande en spiritueux recule aux États-Unis en raison d’un ralentissement économique et d’une confiance atone des consommateurs. En Chine, la faible demande s’inscrit dans un contexte de ralentissement économique plus large, avec des ajustements de stocks qui pèsent sur les ventes.
Pour l’exercice 2025-2026, le dividende a été maintenu à 4,70 euros par action, une décision « bien accueillie » par les analystes. Cependant, les perspectives à moyen terme restent prudentes, et une éventuelle réduction du dividende ne peut être exclue si la situation économique devait se dégrader davantage.