La journaliste France Pierron, membre de l'équipe de La chaîne L'Équipe, s'est exprimée publiquement ce samedi 20 juin 2026 sur son compte X au lendemain de déclarations qui ont suscité une vive polémique. Ses propos, tenus lors d'un débat sur le plateau de l'émission, portaient sur le choix de Jérémy Doku, attaquant star de l'équipe de Belgique, de quitter temporairement la Coupe du monde 2026 pour assister à la naissance de son premier enfant.

Ce qu'il faut retenir

  • France Pierron, journaliste de La chaîne L'Équipe, a qualifié la naissance d'enfant de « moment dégueulasse » pour un père, selon RMC Sport
  • Jérémy Doku a indiqué qu'il pourrait s'absenter pendant la Coupe du monde, prévue du 11 juin au 19 juillet 2026, si sa compagne accouche dans la deuxième semaine de juillet
  • La Fédération belge de football a assuré comprendre les situations personnelles de ses joueurs
  • Pierron a présenté ses excuses pour les propos tenus, tout en réaffirmant que son intention n'était pas de minimiser le rôle des pères
  • Le débat relance la question du choix entre carrière sportive et vie familiale en période de compétition majeure

La polémique est née lors d'un échange contradictoire sur le plateau de La chaîne L'Équipe ce vendredi 19 juin 2026. Jérémy Doku, âgé de 24 ans et considéré comme la nouvelle star des Diables Rouges après sa saison remarquée à Manchester City, avait annoncé qu'il pourrait s'absenter brièvement pour assister à la naissance de son premier enfant. « Cela dépendra du moment où cela se passera, mais c'est mon premier enfant, donc je voudrais vraiment être là », avait-il expliqué à la presse. « Si vous me demandez ce que je souhaite, ma réponse est que personne ne veut manquer la naissance de son premier enfant. Mais je sais aussi que le football implique bien d’autres considérations. »

France Pierron a réagi vivement à cette annonce, déclarant : « Il faut réaliser que c'est vraiment une chance de participer à une Coupe du monde, c'est un bonheur inouï. Il y a des centaines de footballeurs qui tueraient pour être à ta place, ça ne se représentera peut-être plus jamais dans ta vie, c'est vraiment un moment particulier, un rêve de gosse qui se réalise. Et tu vas quitter tout ça pour aller assister à la naissance de ton enfant, qui est un moment dégueulasse, excusez-moi, où le papa ne sert à rien, il a un rôle de figurant. » Ces propos ont immédiatement déclenché une vague de réactions sur les réseaux sociaux, certains internautes estimant que la journaliste avait « franchi une ligne » en minimisant l'importance de la paternité.

« Quelle époque ! Tout le monde se mêle de tout et donne son avis », a réagi un utilisateur, tandis qu'un autre écrivait : « Quelle horreur d'entendre ça, de la bouche d'une femme en plus. »

Face à la tourmente, France Pierron a tenu à clarifier sa position sur le réseau social X samedi en fin d'après-midi. « J’y exprimais un avis personnel, dans le cadre d’un échange contradictoire. Ces propos n’engagent que moi et ne reflètent en aucun cas une position collective. Je comprends qu’ils aient pu choquer, heurter ou blesser certains d’entre vous, et j'en suis désolée », a-t-elle écrit. « Mon intention n’a jamais été de minimiser la place ou le rôle des pères auprès de leur conjointe et de leur enfant. » Elle a précisé que son intervention s'inscrivait dans un débat contradictoire sur la hiérarchie des priorités entre carrière et vie personnelle.

Sur le plateau de La chaîne L'Équipe, l'ancien boxeur Brahim Asloum avait réagi avec véhémence aux propos de Pierron, ne partageant pas son point de vue. Le sujet a également été abordé dans l'émission Les Grandes Gueules du Sport sur RMC ce samedi. L'ex-tennisman Julien Benneteau a défendu une position opposée à celle de Pierron : « Sur l’exemple de Doku, certains disent que c’est le rêve d’une vie de jouer une Coupe du monde. D’accord, mais si l’accouchement ne se passe pas bien et qu’il n’est pas là ? Là, il va faire l’aller-retour et ne va louper qu’un match. Il faut regarder tout ce qu’il va gagner en bonheur ! »

L'absence éventuelle de Jérémy Doku représenterait en effet un coup dur pour les ambitions belges en Coupe du monde. L'ailier, désormais considéré comme la figure centrale des Diables Rouges, a pris une dimension internationale cette saison avec son club. La Belgique, qui a fait match nul 1-1 face à l'Égypte lors de son entrée en lice, affronte l'Iran ce dimanche 21 juin à 21h pour son deuxième match de poule. Dans le groupe D, où figurent également le Canada et l'Australie, une victoire serait cruciale pour se repositionner.

Et maintenant ?

La polémique autour des déclarations de France Pierron devrait continuer à alimenter les débats dans les prochains jours, notamment sur les réseaux sociaux et dans les médias sportifs. La Fédération royale belge de football n'a pas encore communiqué officiellement sur une éventuelle absence de Doku, mais a déjà indiqué comprendre les situations personnelles de ses joueurs. Pour la Belgique, l'enjeu est double : assurer sa qualification en phase finale tout en gérant au mieux les absences potentielles liées à des motifs familiaux. Doku, lui, attend la confirmation de la date d'accouchement pour décider de sa présence ou non sur le terrain.

Ce débat relance plus largement la question de l'équilibre entre carrière sportive et vie familiale en période de compétition internationale. Alors que la Coupe du monde 2026 bat son plein, d'autres fédérations pourraient être confrontées à des situations similaires, soulevant des interrogations sur la flexibilité des calendriers sportifs et la prise en compte des événements personnels dans la gestion des effectifs.

Le football, comme d'autres sports professionnels, est souvent associé à des valeurs de sacrifice, de dévouement et de priorité absolue donnée à la carrière. Dans certains pays ou milieux, la présence du père lors de la naissance d'un enfant est moins mise en avant, voire considérée comme secondaire par rapport à des engagements sportifs. Cette vision tend cependant à évoluer, avec une prise de conscience croissante de l'importance de l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, notamment chez les jeunes générations de sportifs.