Une vidéo diffusée le 27 avril sur les réseaux sociaux relance le débat sur les méthodes pédagogiques utilisées dans certains cours de sport pour enfants. Selon Franceinfo - Sport, la séquence montre un entraîneur de MMA de Villeurbanne, dans le Rhône, donner des coups de pied à des enfants lors d'une séance. La vidéo, partagée sur X, a dépassé le million de vues en quelques jours, suscitant l'indignation d'associations et de parents.

Ce qu'il faut retenir

  • Un million de vues pour une vidéo publiée le 27 avril 2026 sur X, montrant un coach de MMA frappant des enfants.
  • Yom Yidikes, l'entraîneur concerné, affirme ne pas être licencié à la Fédération française de boxe et n'avoir « aucune violence » dans sa salle.
  • Mouv'Enfants, une association spécialisée, dénonce des pratiques dangereuses et a lancé une pétition dépassant les 8 000 signatures.
  • La Fédération française de boxe confirme que l'entraîneur n'a « pas de qualification fédérale » et que sa structure n'est pas affiliée.
  • Le ministère des Sports a pris l'affaire en main, mais aucune réponse officielle n'a encore été formulée.

Une vidéo virale qui choque

Les images, capturées lors d'un cours de MMA à Villeurbanne, montrent l'entraîneur Yom Yidikes s'adressant à des enfants alignés en leur assénant des coups de pied dans le torse. « Toi, lève-toi, reviens vite ! » lance-t-il à l'un d'eux, qui recule sous l'impact. « Je sais que t'as pas mal, je sais que t'as pas mal ! », répète-t-il face à un enfant visiblement affecté, essuyant des larmes. La séquence, filmée et partagée par Impact Media, a rapidement suscité des réactions vives sur les réseaux sociaux.

Parmi les critiques les plus virulentes, l'association Mouv'Enfants dénonce des pratiques inacceptables. « Le sport, ce n'est pas ça », déclare Arnaud Gallais, son président, à Franceinfo - Sport. « On voit des enfants qui souffrent, qui ont peur. Même si les parents ne réagissent pas, c'est notre devoir de signaler de telles images », ajoute-t-il. Une pétition en ligne, lancée par l'association, a déjà recueilli plus de 8 000 signatures en quelques jours.

L'entraîneur se défend, la fédération s'inquiète

Interrogé par France 2 le 28 avril, Yom Yidikes a justifié ses méthodes en affirmant que les enfants étaient « préparés » et qu'aucun d'eux n'avait jamais été blessé lors de ses séances. « Ça paraît violent, mais au moment où je pousse le petit, il fait exprès de décoller », explique-t-il. Il reconnaît cependant vouloir « provoquer avec ses vidéos » pour attirer l'attention sur son club. « C'est une partie qui dure 30 secondes sur un entraînement de 1h30 », précise-t-il, ajoutant que les enfants, « très en avance » grâce aux réseaux sociaux, ne seraient pas surpris par ces exercices.

Côté fédération, la réponse est sans appel. Lionel Brézéphin, en charge du MMA à la Fédération française de boxe, confirme à Franceinfo - Sport que Yom Yidikes n'a « pas de qualification fédérale » et n'a « jamais été licencié ». Pire, il souligne que « les images démontrent une pédagogie qui n'est pas du tout adaptée ». La structure dans laquelle évolue l'entraîneur n'est pas non plus affiliée à la fédération, qui rappelle que « les contacts sont limités sur le public jeune, en pleine construction physique et psychologique ».

Un passé déjà controversé pour l'entraîneur

Ce n'est pas la première fois que Yom Yidikes fait parler de lui. En novembre 2025, il avait mis à terre le streamer Inoxtag lors de l'événement caritatif « Stream for Humanity », un coup de pied spectaculaire qui avait également alimenté les débats sur les méthodes brutales en MMA. Ces antécédents ajoutent une dimension particulière à la polémique actuelle, certains y voyant une stratégie délibérée de provocation pour médiatiser son club.

Sur son compte Instagram, Yom Yidikes a réagi en qualifiant les accusations de « diffamation ». « On va vous attaquer pour diffamation », a-t-il lancé dans une vidéo postée en réponse aux critiques. Il insiste sur le fait que ses méthodes seraient encadrées et adaptées, malgré les images qui laissent entrevoir une réalité différente.

Le ministère des Sports saisi, mais pas de réponse officielle pour l'instant

Le ministère des Sports a confirmé avoir été saisi de l'affaire, mais aucune prise de position officielle n'a encore été rendue publique. « Nous avons pris connaissance de ces images et nous examinons la situation », a indiqué un porte-parole, sans préciser de délai pour une éventuelle décision. Cette affaire intervient dans un contexte où les débats sur la protection de l'enfance dans le sport sont particulièrement sensibles, notamment après plusieurs affaires de maltraitance ou de dérives pédagogiques dans divers clubs.

Les associations spécialisées, comme Mouv'Enfants, appellent à une réaction rapide des autorités. « Il est urgent que le ministère des Sports et les fédérations clarifient les règles encadrant l'encadrement sportif des mineurs », souligne Arnaud Gallais. « On ne peut pas laisser des enfants subir ce genre de pratiques, même si elles sont présentées comme des « défis » ou des « jeux ». »

Et maintenant ?

Plusieurs pistes pourraient être explorées dans les prochaines semaines. La Fédération française de boxe, qui a déjà pris ses distances avec Yom Yidikes, pourrait saisir la commission des litiges pour statuer sur son cas. Quant au ministère des Sports, il pourrait imposer un audit des structures proposant des activités de contact pour mineurs, afin de vérifier leur conformité avec les règles de sécurité et de pédagogie. Une décision pourrait intervenir d'ici la fin du mois de mai, selon des sources proches du dossier.

Dans l'immédiat, les parents des enfants ayant participé à ces séances pourraient également engager des démarches pour faire entendre leur voix. La pétition lancée par Mouv'Enfants, si elle continue de recueillir des signatures, pourrait servir de levier pour alerter les autorités locales et nationales.

Reste à savoir si cette polémique entraînera des changements concrets dans l'encadrement des sports de combat pour enfants, ou si elle restera un simple feu de paille médiatique. Une chose est sûre : les images de Yom Yidikes frappant des enfants continueront de circuler, alimentant le débat sur les limites à ne pas franchir dans l'éducation sportive.

Yom Yidikes est un entraîneur de MMA basé à Villeurbanne, connu pour ses vidéos de démonstration où il met en scène des techniques de combat, parfois avec des mineurs. En novembre 2025, il avait mis à terre le streamer Inoxtag lors d'un événement caritatif, un geste qui avait déjà suscité des polémiques. Il n'est licencié à aucune fédération française et affirme utiliser des méthodes pédagogiques adaptées, bien que les images montrent des pratiques brutales.

Yom Yidikes risque des poursuites pour diffamation, comme il l'a lui-même évoqué dans une vidéo de réponse. La Fédération française de boxe pourrait également saisir la commission des litiges pour statuer sur son exclusion définitive. Enfin, une plainte des parents des enfants concernés n'est pas exclue, bien que pour l'instant, aucune n'ait été officiellement déposée.