La marque suédoise Polestar, filiale du groupe Volvo, vient d’annoncer un bouleversement dans sa stratégie de lancement des modèles, inversant l’ordre de sortie de ses deux prochaines nouveautés électriques. Selon Numerama, c’est la Polestar 7, un SUV compact premium, qui sera commercialisée avant la Polestar 6, un roadster au design spectaculaire. Un revirement qui s’explique par une logique industrielle et commerciale, loin de l’idéalisme initial de la marque.

Depuis son lancement, Polestar avait adopté une nomenclature rigoureuse : chaque modèle portait un numéro correspondant strictement à son ordre d’arrivée sur le marché. Après la Polestar 1 en 2019, puis la Polestar 2 en 2020 et la Polestar 5 en juin 2026, la marque devait logiquement poursuivre avec les Polestar 6 et 7. Mais cette fois, l’ordre sera inversé. Stéphane Le Guével, directeur de Polestar France, a confirmé cette décision à Numerama, soulignant qu’il s’agissait d’un choix « plus cohérent pour le marché ».

Ce qu'il faut retenir

  • La Polestar 7, un SUV compact premium, sera lancée avant la Polestar 6, un roadster, en raison d’une stratégie axée sur le volume et la rentabilité.
  • La Polestar 6, bien que très attendue pour son design, ne correspond pas aux attentes de volume de la marque, contrairement au SUV compact.
  • La Polestar 7 sera produite en Europe à partir de 2027, évitant ainsi les surtaxes douanières sur les véhicules électriques chinois et réduisant les délais de livraison.
  • Cette inversion marque un tournant pour Polestar, qui abandonne sa logique numérique initiale au profit d’un pragmatisme industriel.
  • La Polestar 7 devrait être commercialisée en Europe en 2028, tandis que la Polestar 6 est repoussée à la fin de la décennie.

Une logique numérique abandonnée pour le pragmatisme industriel

Polestar avait jusqu’ici respecté une séquence immuable dans l’appellation de ses modèles, chaque chiffre correspondant à l’ordre chronologique de leur sortie. Mais cette rigueur a cédé la place à une approche plus pragmatique, dictée par les réalités du marché automobile électrique. Comme l’explique Stéphane Le Guével, la marque a pris acte que certains types de véhicules ne permettaient pas de générer suffisamment de volume pour assurer sa pérennité financière.

C’est notamment le cas de la Polestar 6, un roadster au design audacieux mais dont le potentiel commercial reste limité. « La Polestar 6 a de quoi faire tourner les têtes, mais ce n’est pas sur ce type de carrosserie que nous allons pouvoir faire du volume pour faire tourner les usines et payer nos salariés », a déclaré le directeur de Polestar France à Numerama. Un constat qui illustre la nécessité pour la marque de privilégier des modèles adaptés aux attentes du marché européen, où les SUV représentent une part majeure des ventes.

La Polestar 7, futur fleuron européen de la marque

Contrairement à la Polestar 6, la Polestar 7 s’inscrit pleinement dans le cœur de cible de la marque en Europe. Ce SUV premium de segment C, dont les dimensions devraient dépasser celles du Volvo EX30 (déjà produit en Chine), vise un public large et solvable. Selon les informations transmises par Numerama, son lancement est prévu pour 2028, date à laquelle le marché européen devrait être plus mature pour accueillir ce type de véhicule.

Ce choix stratégique répond à une double logique : d’une part, répondre à la demande croissante des consommateurs européens pour des SUV électriques, et d’autre part, sécuriser la rentabilité de la marque en misant sur un modèle capable de générer des volumes de vente significatifs. Une priorité d’autant plus cruciale que le contexte de la transition vers l’électrique s’avère plus complexe que prévu pour de nombreux constructeurs.

Une production européenne pour contourner les taxes et accélérer les livraisons

L’atout majeur de la Polestar 7 réside dans sa production locale. Contrairement aux autres modèles de la gamme, assemblés en Chine, ce SUV compact sera fabriqué en Europe, plus précisément dans la future usine Volvo de Slovaquie, dont l’ouverture est prévue en 2027. Ce site accueillera également d’autres modèles du groupe suédois, renforçant ainsi la synergie entre les deux marques.

Ce positionnement géographique présente plusieurs avantages concurrentiels. Il permet à Polestar d’éviter les surtaxes douanières de 10 % appliquées par l’Union européenne aux véhicules électriques importés de Chine, un avantage tarifaire non négligeable dans un marché ultra-concurrentiel. Stéphane Le Guével a également souligné que cette production locale pourrait réduire les délais de livraison : « Aujourd’hui, un modèle configuré sur mesure nécessite 14 à 16 semaines de délai, contre seulement 3 semaines pour un véhicule déjà disponible en stock européen ». Une réduction des délais qui pourrait s’avérer déterminante pour séduire les flottes d’entreprises, un segment clé pour Polestar en France.

Un tournant stratégique pour une marque en pleine mutation

Ce revirement dans la stratégie de lancement des modèles marque un tournant pour Polestar. La marque, née d’un partenariat entre Volvo et Geely, avait一开始 mis en avant une philosophie basée sur l’innovation et l’audace technologique. Mais face aux défis économiques et industriels, elle adopte désormais une approche plus réaliste, privilégiant la rentabilité et le volume à l’idéalisme des débuts.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large où Polestar doit faire face à une concurrence accrue sur le marché des véhicules électriques, notamment en Europe. La marque suédoise compte ainsi capitaliser sur ses atouts industriels et commerciaux pour se différencier, tout en préparant l’avenir avec des modèles toujours plus performants. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits, alors que le marché automobile électrique continue de se structurer et de se complexifier.

Et maintenant ?

La priorité de Polestar sera désormais de finaliser le développement de la Polestar 7 et de préparer le lancement de son usine slovaque pour 2027. La marque devra également surveiller l’évolution des réglementations européennes, qui pourraient encore influencer sa stratégie de production et de tarification. Par ailleurs, l’arrivée prochaine de nouveaux modèles et restylages, comme une Polestar 2 profondément remaniée, pourrait brouiller davantage la logique des appellations numériques. Autant dire que les prochaines années seront décisives pour la marque suédoise.

Pour les consommateurs, cette inversion de l’ordre des modèles offre une perspective intéressante : celui d’un SUV compact premium produit localement, disponible plus rapidement et potentiellement éligible à des aides publiques, comme l’éco-score. Un argument de poids pour séduire les particuliers comme les professionnels. Quant à la Polestar 6, elle devra patienter jusqu’à la fin de la décennie, le temps que le marché soit prêt à l’accueillir.

La marque suédoise privilégie désormais une stratégie axée sur le volume et la rentabilité. La Polestar 7, un SUV compact premium, correspond mieux aux attentes du marché européen que le roadster Polestar 6, dont le potentiel commercial est jugé insuffisant pour assurer la pérennité financière de la marque.

La Polestar 7 sera produite en Europe, plus précisément dans la future usine Volvo de Slovaquie à partir de 2027. Cette localisation permet à Polestar d’éviter les surtaxes douanières de 10 % appliquées par l’UE aux véhicules électriques importés de Chine et de réduire les délais de livraison, passant de 14-16 semaines à seulement 3 semaines pour les modèles en stock.