La métropole de Rouen a décidé de porter plainte contre le site de production de pesticides de BASF à Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Maritime), accusé de rejets de « polluants éternels » dans la Seine. Dans un courrier adressé le 30 juillet 2026 au procureur de la République de Rouen, la collectivité a annoncé engager des poursuites pour pollution des eaux, comme le rapporte Ouest France.
L’entreprise BFAS Agri Production, filiale du géant chimique allemand BASF, y fabrique des pesticides interdits sur le territoire européen. Plusieurs associations environnementales dénoncent depuis des années des rejets de PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) dans le fleuve, des composés chimiques persistants dans l’environnement et potentiellement nocifs pour la santé humaine.
Ce qu'il faut retenir
- La métropole de Rouen porte plainte contre BASF pour pollution aux PFAS via son site de BFAS Agri Production à Saint-Aubin-lès-Elbeuf.
- Les rejets, selon des associations, concerneraient des pesticides interdits en Europe et des « polluants éternels » dans la Seine.
- Le courrier de plainte a été envoyé au procureur de la République de Rouen le 30 juillet 2026.
- Les PFAS sont des substances chimiques persistantes, difficiles à éliminer, et suspectées d’effets néfastes sur la santé.
Un site industriel sous surveillance
Le site de BFAS Agri Production, situé à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, est au cœur des préoccupations depuis plusieurs années. Selon Ouest France, des associations environnementales alertent régulièrement sur les rejets de PFAS liés à la production de pesticides sur place. Ces substances, qualifiées de « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement, s’accumulent dans les sols et les cours d’eau.
Les PFAS sont utilisés pour leurs propriétés antiadhésives et imperméables, mais leur toxicité potentielle pour l’homme et les écosystèmes fait l’objet de vives critiques. En Europe, certains de ces composés sont déjà interdits, mais leur production et leur utilisation persistent dans certains secteurs industriels.
La métropole de Rouen passe à l’action
Face à l’inaction perçue des autorités locales et nationales, la métropole de Rouen a choisi de saisir la justice. Dans son courrier du 30 juillet 2026, elle demande au procureur de la République d’engager des poursuites contre BASF pour pollution des eaux. « Nous ne pouvons plus ignorer les risques sanitaires et environnementaux liés à ces rejets », a indiqué un responsable de la métropole, cité par Ouest France.
Cette décision intervient après des années de signalements par des associations, dont certaines ont mené des analyses indépendantes confirmant la présence de PFAS dans la Seine. « Les preuves s’accumulent, et il est temps d’agir pour protéger notre fleuve et nos concitoyens », a ajouté la même source.
Les PFAS, un enjeu sanitaire et environnemental majeur
Les PFAS sont des molécules synthétiques utilisées depuis les années 1950 dans de nombreux produits industriels et de consommation. Leur particularité ? Elles ne se dégradent pas naturellement et s’accumulent dans les organismes vivants. Des études scientifiques ont établi un lien entre une exposition prolongée à ces substances et divers problèmes de santé, comme certains cancers, des troubles thyroïdiens ou des effets sur le développement fœtal.
En France, plusieurs régions, dont l’Île-de-France et le Grand Est, ont déjà été touchées par des contaminations aux PFAS. Les autorités sanitaires recommandent désormais une surveillance accrue des eaux potables et des sols dans les zones industrielles. À Rouen, la Seine, principale ressource en eau potable pour des millions de personnes, est particulièrement exposée.
« Les PFAS sont une bombe à retardement. Leur persistance dans l’environnement en fait un problème de santé publique à long terme. »
— Une association environnementale locale
La métropole de Rouen, qui couvre un territoire de près de 700 000 habitants, mise sur cette initiative pour faire pression sur les pouvoirs publics et les industriels. Une victoire juridique pourrait ouvrir la voie à des indemnisations pour les victimes de la pollution et à des mesures correctives immédiates.