Selon BFM Business, l’émission French Tech a mis en lumière, ce lundi 3 août 2026, le projet FF72 porté par la start-up française Positive Aviation. Ce bombardier d’eau amphibie vise à s’imposer comme une alternative locale aux Canadair, les avions bombardiers d’eau traditionnellement utilisés pour lutter contre les incendies. Laurent Schmitt, président de Positive Aviation, était l’invité de l’émission Good Morning Business présentée par Erwan Morice, aux côtés d’Anne-Catherine Loisier, sénatrice UDI de la Côte-d’Or et gestionnaire de forêts, ainsi que de François Tissier, concepteur d’IZIBoat.

Ce qu'il faut retenir

  • Le FF72 est un projet de bombardier d’eau amphibie développé par Positive Aviation, une entreprise française de la French Tech.
  • L’objectif est de proposer une alternative aux Canadair, les avions spécialisés dans la lutte contre les incendies.
  • Le projet a été présenté dans l’émission Good Morning Business sur BFM Business le 3 août 2026.
  • Laurent Schmitt, président de Positive Aviation, a détaillé les caractéristiques et les ambitions de ce nouvel appareil.
  • Anne-Catherine Loisier, sénatrice UDI de la Côte-d’Or, a également participé à l’émission pour évoquer la gestion des forêts et la prévention des incendies.

Un projet ambitieux pour la filière aéronautique française

Positive Aviation, une entreprise française spécialisée dans l’innovation aéronautique, travaille depuis plusieurs années sur le développement du FF72. Ce bombardier d’eau amphibie se distingue par sa capacité à décoller et atterrir aussi bien sur l’eau que sur des pistes terrestres, une caractéristique qui pourrait s’avérer déterminante dans la lutte contre les feux de forêt. Selon Laurent Schmitt, « le FF72 représente une solution locale, adaptée aux besoins spécifiques des territoires français », d’après les propos rapportés par BFM Business. L’appareil pourrait ainsi réduire la dépendance aux Canadair, souvent sollicités en urgence lors de grands incendies.

L’ambition de Positive Aviation ne se limite pas à la performance technique. La start-up mise également sur une production française, un argument fort dans un contexte où la souveraineté industrielle et écologique est de plus en plus mise en avant. Le projet s’inscrit dans la dynamique de la French Tech, qui soutient les innovations technologiques dans des secteurs stratégiques, dont celui de la défense et de la sécurité civile. La présentation du FF72 dans l’émission Good Morning Business souligne l’importance accordée à cette initiative par les médias économiques.

Un contexte marqué par les défis des incendies en France

L’annonce du projet FF72 intervient alors que la France fait face à des épisodes récurrents de feux de forêt, notamment dans le sud du pays. Anne-Catherine Loisier, sénatrice UDI de la Côte-d’Or et gestionnaire de forêts, a évoqué lors de l’émission la nécessité de renforcer les moyens de prévention et de lutte. Elle a rappelé que « la gestion des forêts et la prévention des incendies restent des enjeux majeurs », selon les propos rapportés par BFM Business. La sénatrice a souligné que des solutions innovantes, comme le FF72, pourraient compléter les dispositifs existants, tout en insistant sur l’importance de la coordination entre les acteurs publics et privés.

Les incendies de 2025 et 2026 ont montré les limites des moyens actuels, avec des surfaces brûlées records et des interventions souvent tardives. Dans ce contexte, le FF72 pourrait offrir une réponse plus réactive, grâce à sa capacité amphibie et à une logistique adaptée aux zones difficiles d’accès. Le projet s’ajoute à d’autres initiatives visant à moderniser les outils de lutte contre les incendies, comme l’utilisation de drones ou de systèmes de détection précoce.

Une alternative économique et écologique aux Canadair ?

Les Canadair, bien que performants, présentent plusieurs inconvénients : leur coût élevé, leur disponibilité limitée et leur empreinte carbone. Positive Aviation met en avant le FF72 comme une solution plus économique et plus écologique. Laurent Schmitt a indiqué que « l’appareil serait conçu pour minimiser son impact environnemental », sans préciser toutefois de détails techniques dans l’émission. L’entreprise mise également sur un coût d’exploitation réduit, grâce à une maintenance simplifiée et à une consommation de carburant optimisée.

Sur le plan économique, le FF72 pourrait permettre à la France de réduire sa dépendance aux importations de matériel de lutte contre les incendies. Actuellement, les Canadair sont souvent loués ou achetés à l’étranger, ce qui pose des questions sur la souveraineté industrielle et la réactivité en cas de crise. Avec le FF72, la France disposerait d’un outil entièrement conçu et produit localement, un argument de poids pour les collectivités territoriales et l’État. Le projet s’inscrit ainsi dans une logique de relocalisation industrielle, un thème cher aux politiques publiques actuelles.

Les prochaines étapes pour le FF72

Selon les informations rapportées par BFM Business, Positive Aviation n’a pas encore annoncé de date précise pour la mise en service du FF72. Laurent Schmitt a toutefois indiqué que « les tests en vol devraient débuter d’ici la fin de l’année 2026 ». L’entreprise devra ensuite obtenir les certifications nécessaires auprès des autorités aéronautiques, un processus qui peut prendre plusieurs années. Une fois opérationnel, le FF72 devra prouver sa fiabilité et son efficacité dans des conditions réelles, un défi de taille pour une start-up spécialisée dans l’aéronautique.

Côté marché, Positive Aviation vise en priorité les collectivités territoriales françaises, ainsi que les pays européens confrontés à des risques similaires d’incendies. L’entreprise pourrait également envisager des partenariats avec des acteurs internationaux, notamment dans les zones où les Canadair sont déjà déployés. Pour séduire ces clients, Positive Aviation devra démontrer que le FF72 offre un meilleur rapport qualité-prix, tout en garantissant une sécurité optimale pour les pilotes et les équipes au sol.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, les premiers tests en vol du FF72 devraient être réalisés, une étape clé pour valider les performances de l’appareil. Si ces essais sont concluants, Positive Aviation entamera les démarches de certification, un processus qui pourrait s’étendre jusqu’en 2028. En parallèle, l’entreprise devra convaincre les collectivités et les États de l’intérêt de ce nouvel outil, dans un marché déjà occupé par des acteurs historiques comme les Canadair. La réussite du FF72 dépendra donc de sa capacité à prouver son efficacité, son coût maîtrisé et son adaptabilité aux différents territoires.

La question de la souveraineté industrielle sera également au cœur des débats. Avec un appareil conçu et produit en France, Positive Aviation pourrait non seulement répondre à un besoin opérationnel, mais aussi renforcer la filière aéronautique nationale. Reste à voir si les pouvoirs publics soutiendront ce projet, notamment via des commandes ou des subventions, une décision qui pourrait accélérer son déploiement.

Le FF72 se distingue par sa capacité amphibie, permettant de décoller et atterrir sur l’eau comme sur des pistes terrestres, ce qui réduit les contraintes logistiques. Il est conçu pour être plus économique à l’achat et à l’utilisation, avec un impact environnemental moindre. Enfin, sa production locale renforcerait la souveraineté industrielle de la France, contrairement aux Canadair, souvent importés.