Certains individus semblent être des cibles privilégiées pour les moustiques, tandis que d’autres en sont épargnés. Une observation courante que Ouest France met en lumière dans son podcast « La question pas si bête » de l’édition du soir.

Ce qu'il faut retenir

  • Les facteurs biologiques comme le groupe sanguin, la composition de la sueur ou le métabolisme jouent un rôle majeur dans l’attraction des moustiques.
  • Les moustiques sont également sensibles à la chaleur corporelle et au CO₂ exhalé, ce qui explique pourquoi certaines personnes sont plus exposées.
  • Les vêtements foncés et les parfums sucrés peuvent augmenter l’attractivité pour ces insectes.

Des différences biologiques bien réelles

Selon une étude citée par Ouest France, les moustiques seraient attirés par des composants spécifiques de la sueur humaine. «

Les personnes dont la peau produit davantage d’acide lactique, d’acide urique ou d’ammoniac sont souvent plus piquées
», explique un chercheur en entomologie interrogé par le média. Ces éléments, présents en concentrations variables selon les individus, agissent comme des signaux chimiques pour les insectes.

Le groupe sanguin constitue un autre facteur déterminant. Les moustiques, notamment l’espèce Aedes aegypti, auraient une préférence marquée pour le groupe O, comme l’ont montré plusieurs travaux scientifiques. À l’inverse, les personnes du groupe A semblent moins ciblées.

La chaleur et le dioxyde de carbone, des signaux puissants

Les moustiques repèrent leurs proies grâce à des capteurs sensoriels ultrasensibles. La chaleur corporelle et le CO₂ exhalé lors de la respiration constituent deux des principaux signaux. «

Plus une personne émet de CO₂, plus elle attire les moustiques
», précise un expert en maladies vectorielles. C’est pourquoi les adultes, dont le métabolisme produit davantage de CO₂ que les enfants, sont généralement plus exposés.

La transpiration joue également un rôle. Les bactéries présentes sur la peau transforment la sueur en composés volatils que les moustiques détectent à des dizaines de mètres. Les vêtements foncés, qui absorbent la chaleur, amplifient cette attractivité. Une raison de plus pour privilégier les tenues claires et amples en période estivale.

L’influence des parfums et des habitudes

Les produits parfumés, notamment ceux contenant des notes florales ou sucrées, peuvent rendre une personne plus attractive pour les moustiques. «

Les parfums à base d’esters ou d’alcools attirent particulièrement ces insectes
», indique un biologiste. Les déodorants et lotions corporelles, selon leur composition, peuvent donc soit repousser, soit favoriser les piqûres.

Les habitudes alimentaires influencent aussi le risque. La consommation d’aliments riches en potassium, comme les bananes, ou en magnésium, comme le chocolat, peut modifier l’odeur corporelle et, par conséquent, l’attractivité. Une étude récente a même suggéré que la bière pourrait augmenter les chances d’être piqué, bien que les mécanismes exacts restent à éclaircir.

Et maintenant ?

Face à ces découvertes, les recherches se poursuivent pour développer des répulsifs plus ciblés. Plusieurs laboratoires travaillent sur des solutions basées sur la modulation de l’odeur corporelle, tandis que des applications mobiles commencent à proposer des analyses personnalisées des risques. Une avancée majeure pourrait intervenir d’ici 2028, selon les projections du secteur.

Des solutions pratiques existent

Pour limiter les risques, les spécialistes recommandent d’utiliser des répulsifs à base de DEET ou d’icaridine, de porter des vêtements clairs et longs, et d’éviter les parfums sucrés. L’installation de moustiquaires et l’utilisation de ventilateurs en extérieur, qui dispersent le CO₂, s’avèrent également efficaces. «

La prévention reste la meilleure arme
», souligne un médecin infectiologue.

Alors que les moustiques vecteurs de maladies comme la dengue ou le chikungunya progressent en Europe, comprendre ces mécanismes devient une priorité sanitaire. En France, les cas autochtones de dengue ont été multipliés par cinq depuis 2020, selon Santé publique France. Autant dire que ces recherches pourraient sauver des vies.

Oui, certaines espèces comme Aedes albopictus sont plus actives au crépuscule et à l’aube. Cependant, d’autres, comme Culex pipiens, piquent toute la nuit. Les habitudes de ces insectes varient selon les espèces et les régions.