Entre les terrasses de café où certains restent emmitouflés dans leur veste et les cours d’école où d’autres se pavanent en tongs dès les premiers rayons, la différence de frilosité au printemps interpelle. D’après Top Santé, cette opposition reflète bien plus qu’un simple caprice vestimentaire : elle révèle des mécanismes biologiques et comportementaux souvent méconnus.

Ce qu'il faut retenir

  • La génétique influence jusqu’à 30 % la sensibilité au froid, selon des études citées par Top Santé.
  • Les femmes, en moyenne, ont une température corporelle plus basse que les hommes, ce qui peut expliquer une frilosité plus marquée.
  • Le vieillissement réduit la capacité du corps à réguler sa température, augmentant la sensation de froid chez les seniors.
  • Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle clé : un déséquilibre peut rendre plus sensible aux variations thermiques.
  • Les habitudes vestimentaires et l’exposition progressive au froid modulent aussi cette sensibilité.

Une sensibilité au froid en partie inscrite dans les gènes

La génétique explique en partie pourquoi certains ressentent le froid plus intensément que d’autres. Selon Top Santé, jusqu’à 30 % de la variation de la sensibilité au froid serait héréditaire. Des gènes impliqués dans la régulation thermique ou la perception sensorielle influencent directement la façon dont le corps réagit aux températures fraîches. Une étude citée par le magazine suggère que ces différences peuvent se manifester dès l’enfance, certains enfants frissonnant plus vite que d’autres face à une baisse de quelques degrés.

Les hormones jouent également un rôle central. La thyroïde, par exemple, régule le métabolisme et la production de chaleur. Un dysfonctionnement, même léger, peut rendre une personne plus sensible au froid. Le Dr Martin Weber, endocrinologue interrogé par Top Santé, rappelle que « les femmes, dont le métabolisme est souvent plus bas que celui des hommes, sont statistiquement plus sujettes aux frissons ». Cette différence s’explique aussi par une masse musculaire généralement moins importante, source de chaleur corporelle.

L’âge et les habitudes, des facteurs clés

Avec le vieillissement, la capacité du corps à maintenir une température stable diminue. La peau devient plus fine, la circulation sanguine moins efficace, et la sensation de froid s’accentue. D’après Top Santé, les personnes âgées ressentent souvent une baisse de 1 à 2 °C de leur température interne par rapport à un adulte jeune, ce qui explique pourquoi elles gardent plus facilement une veste en avril. Les habitudes jouent aussi leur rôle : une personne habituée à vivre dans des environnements surchauffés ou climatisés développera une tolérance moindre au froid extérieur.

Autre élément souvent sous-estimé : l’alimentation. Les régimes pauvres en graisses saines ou en protéines, essentiels à la production de chaleur, peuvent aggraver la frilosité. Top Santé souligne que les régimes restrictifs, en réduisant la masse grasse corporelle, limitent aussi la couche isolante naturelle du corps. À l’inverse, une alimentation équilibrée, riche en noix, poissons gras ou avocats, peut atténuer cette sensibilité.

Comment adapter son comportement ?

Pour limiter l’inconfort face aux variations printanières, quelques ajustements peuvent faire la différence. D’abord, bouger régulièrement pour stimuler la circulation sanguine : une marche rapide ou quelques étirements suffisent à réchauffer le corps. Ensuite, privilégier des vêtements en couches, comme le conseille Top Santé, permet de s’adapter aux changements de température tout au long de la journée. Les matières respirantes, comme la laine mérinos ou le coton, sont particulièrement recommandées pour éviter la surchauffe ou le froid soudain.

Enfin, surveiller son apport calorique peut aussi aider. Une étude citée par le magazine rappelle que les régimes hypocaloriques, surtout s’ils excluent les lipides, peuvent réduire la production de chaleur interne. « Manger suffisamment, mais de manière équilibrée, est essentiel pour maintenir une bonne thermorégulation », explique le Dr Élise Lambert, nutritionniste, dans les colonnes de Top Santé.

Et maintenant ?

Les recherches sur la sensibilité au froid devraient s’intensifier dans les prochaines années, notamment avec l’avancée des études sur le microbiote intestinal, qui pourrait jouer un rôle inattendu dans la régulation thermique. D’ici 2028, des tests génétiques personnalisés pourraient même permettre d’identifier les personnes les plus à risque de frilosité excessive. En attendant, adapter son mode de vie reste la meilleure solution pour traverser le printemps sans grelotter.

Qu’il s’agisse d’une question de gènes, d’hormones ou d’habitudes, la frilosité printanière n’est pas une fatalité. Comme le souligne Top Santé, comprendre ces mécanismes permet d’agir de manière ciblée — que ce soit en ajustant son alimentation, en bougeant davantage ou en choisissant des vêtements adaptés.

Oui, dans une certaine mesure. Le corps peut développer une tolérance progressive grâce à des expositions régulières et modérées au froid, un phénomène appelé acclimatation. Cela passe par une meilleure circulation sanguine et une production accrue de chaleur métabolique. Cependant, cette adaptation reste limitée et ne supprime pas les différences individuelles liées à la génétique ou à l’âge.