Des centaines de supporters bangladais brandissant des maillots de l’Argentine, scandant le nom de Lionel Messi devant des écrans géants à Dacca : autant dire que la Coupe du monde 2026 a trouvé un public particulièrement enthousiaste au Bangladesh. Selon RMC Sport, cette ferveur dépasse largement les frontières d’un simple engouement sportif, révélant une passion footballistique ancrée dans la culture du pays, malgré des résultats décevants de sa sélection nationale.
Avec plus de 170 millions d’habitants, le Bangladesh, huitième pays le plus peuplé au monde, compte une majorité de supporters passionnés. « Traditionnellement, le Bangladesh est un pays qui adore le football », explique Rejwan Uz Raman, journaliste pour Channel 24 au Bangladesh. « Les gens supportent surtout l’Argentine ou le Brésil, avec une division claire entre les deux camps à chaque Coupe du monde. » Cette division s’explique notamment par des figures emblématiques : Maradona pour l’Argentine, Romario, Ronaldo et Ronaldinho pour le Brésil. Une passion souvent transmise de génération en génération, comme en témoigne Rejwan Uz Raman : « Ça a commencé dans les années 1980, et c’est souvent familial. Si tes parents supportent l’Argentine, tu supportes l’Argentine. »
Ce qu'il faut retenir
- Le Bangladesh, huitième pays le plus peuplé au monde, compte plus de 170 millions d’habitants et une passion footballistique marquée.
- Les supporters bangladais se divisent entre l’Argentine et le Brésil, en raison de figures emblématiques comme Maradona pour les Albiceleste ou Romario, Ronaldo et Ronaldinho pour la Seleção.
- Cette passion est souvent familiale et transmise de génération en génération.
- En 2022, l’engouement pour l’Argentine a conduit à un rapprochement diplomatique entre le Bangladesh et l’Argentine.
- Malgré sa 181e place au classement FIFA, le Bangladesh reste un pays de passionnés, avec une équipe nationale encore loin des compétitions mondiales.
Une passion ancrée dans l’histoire et la culture
Le football occupe une place centrale dans la société bangladaise, bien que la sélection nationale peine à briller sur la scène internationale. Selon Rejwan Uz Raman, cette passion trouve ses racines dans les années 1980, période durant laquelle le sport a commencé à se démocratiser. « C’est un héritage familial », précise-t-il. « Si tes parents sont supporters de l’Argentine, tu le deviens aussi. » Cette transmission explique pourquoi les couleurs de l’Albiceleste et du Brésil dominent les écrans et les rues du pays pendant les Coupes du monde.
Les vidéos circulant sur les réseaux sociaux ces dernières semaines montrent des rassemblements spontanés à Dacca, où des centaines de supporters, vêtus de maillots argentins, célèbrent chaque but de Lionel Messi comme s’ils étaient à Buenos Aires. Cette ferveur populaire a même dépassé les frontières du sport. En 2022, après la victoire de l’Argentine en finale de la Coupe du monde, les relations diplomatiques entre le Bangladesh et l’Argentine se sont renforcées. « Quelques semaines après le sacre de Messi, l’Argentine a rouvert son ambassade à Dacca », rappelle RMC Sport, « un geste interprété comme un hommage à l’accueil chaleureux réservé à l’équipe argentine lors du Mondial. »
L’Argentine et le Brésil en tête, mais pas seulement
Si l’Argentine et le Brésil captivent l’essentiel des supporters bangladais, d’autres sélections bénéficient également d’un engouement notable. « Les Bangladais adorent Kylian Mbappé, qu’ils suivent au Real Madrid », explique Rejwan Uz Raman. « Les nouvelles générations suivent de près le football européen, et c’est pour cette raison qu’ils apprécient Mbappé ou d’autres joueurs français. » La France, déjà mise en avant lors des succès passés de Zinédine Zidane, reste un autre favori, en partie grâce à l’origine algérienne de l’ancien international. « Zidane est aimé notamment parce qu’il est musulman, comme beaucoup de Bangladais, ce qui crée une connexion particulière avec lui », souligne le journaliste.
Le Portugal, porté par Cristiano Ronaldo, et l’Angleterre, avec ses stars de la Premier League, complètent ce tableau de supporters diversifiés. Cette diversité reflète l’ouverture progressive des Bangladais vers les grands championnats européens, où évoluent désormais plusieurs de leurs idoles. « Les jeunes générations suivent de près le football européen », confirme Rejwan Uz Raman, « et cela influence leurs choix de supporters. »
Un rapprochement diplomatique grâce au football
L’impact de cette passion footballistique dépasse le cadre sportif. En 2022, après la victoire de l’Argentine en Coupe du monde, les autorités argentines ont salué l’accueil exceptionnel réservé à leur équipe au Bangladesh. « Les joueurs argentins sont au courant du phénomène qui a lieu chez nous », indique Rejwan Uz Raman. « Emiliano Martinez est venu, et Lionel Messi aussi en 2011 pour un match amical. » Ces visites, couplées à l’engouement populaire, ont permis de renforcer les liens entre les deux pays.
« J’adore le Bangladesh, j’y suis allé et j’adore ce pays », avait déclaré Emiliano Martinez lors d’une interview après un match. Cette déclaration, largement relayée par les médias locaux, a contribué à ancrer l’image d’un pays accueillant et passionné. « Les Argentins ont ressenti l’amour que leur porte le peuple bangladais », ajoute Rejwan Uz Raman, « et cela a créé une forme de reconnaissance mutuelle. »
Pour les prochaines éditions de la Coupe du monde, une question se pose : cette passion persistante pourrait-elle inspirer une meilleure structuration du football local ? Les autorités sportives bangladaises pourraient y voir une opportunité de développer des programmes de détection et de formation, afin de transformer cette ferveur en résultats concrets sur le terrain. Une ambition qui, pour l’instant, reste à l’état de projet.
Le Bangladesh occupe actuellement la 181e place au classement FIFA, sur un total de 211 nations, selon les dernières données disponibles en juillet 2026.
Lionel Messi s’est rendu au Bangladesh en 2011 pour un match amical, marquant ainsi une visite officielle dans le pays.