Trois syndicats représentant les hôtesses et stewards d’EasyJet France ont déposé un préavis de grève couvrant la période du 7 août au 2 septembre 2026, dénonçant une « dégradation continue » des conditions de travail, selon un communiqué commun publié mardi 4 août par BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- Un préavis de grève a été déposé pour la période du 7 août au 2 septembre 2026, couvrant l’intégralité de ces dates.
- Les syndicats SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC et UNPNC-CFDT pointent des « instabilités chroniques des plannings », des « changements de dernière minute » et des « trippings imposés ».
- Ils reprochent à la direction de ne pas avoir apporté de réponses « concrètes et engageantes » malgré des alertes depuis près d’un an.
- Le préavis est volontairement large : les « dates clés » de mobilisation seront communiquées 48 heures à l’avance.
- Le précédent appel à la grève, lors du lundi de Pâques en avril 2026, a eu un impact très limité sur le trafic aérien.
- EasyJet, deuxième compagnie aérienne en France en nombre de passagers, opère principalement sur des vols court et moyen-courriers.
Les syndicats SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC et UNPNC-CFDT — trois organisations représentatives du personnel navigant commercial (PNC) d’EasyJet France — ont annoncé leur intention de se mobiliser en raison d’une dégradation persistante des conditions de travail au sein de la compagnie. Dans leur communiqué commun, rendu public mardi 4 août par BFM Business, ils évoquent un « préavis volontairement ouvert afin de couvrir l’ensemble de la période », précisant que les « dates clés » de la mobilisation seraient communiquées « 48 heures à l’avance ».
Leur principale critique porte sur « l’instabilité chronique des plannings », les « changements de dernière minute », les « trippings imposés » (enchaînement de vols sur plusieurs jours sans interruption), ainsi que les « rotations particulièrement pénalisantes ». Les syndicats dénoncent également l’absence totale de mesures protectrices, malgré des alertes répétées auprès de la direction depuis près d’un an. « Ils reprochent à la direction de ne pas avoir apporté de réponses concrètes et engageantes », souligne le communiqué.
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes au sein du secteur aérien français, où les conditions de travail des personnels navigants font régulièrement l’objet de débats. EasyJet, deuxième compagnie aérienne en France en nombre de passagers — derrière Air France —, s’appuie sur plusieurs milliers de salariés en France, dont une part importante de PNC. Ses bases principales, comme Paris, Lyon ou Nice, en font un acteur clé du transport aérien, notamment sur les liaisons court et moyen-courriers.
Le marché français représente l’un des principaux bassins d’activité d’EasyJet en Europe continentale. La compagnie y a fortement développé ses activités ces dernières années, profitant du recul de certains concurrents et de la reprise du trafic aérien post-Covid-19. En 2025, EasyJet a transporté des millions de passagers au départ et à destination de la France, confirmant son rôle central dans le paysage aérien national.
Une mobilisation encadrée mais ouverte à toutes les formes d’action
Le préavis déposé couvre une période de près d’un mois, du 7 août au 2 septembre 2026. Contrairement à des appels à la grève ponctuels, cette stratégie vise à « couvrir l’ensemble de la période », laissant la possibilité aux syndicats de choisir les dates précises de mobilisation en fonction de l’évolution des négociations. Cette approche, selon les organisateurs, permet de maintenir une pression constante sur la direction tout en évitant une usure prématurée des équipes.
Les syndicats ont précisé que les « dates clés » seraient communiquées avec un préavis de 48 heures, afin de laisser le temps aux salariés de s’organiser et aux passagers de se renseigner sur d’éventuelles perturbations. Cette méthode avait déjà été utilisée lors du précédent appel à la grève, lancé pour le lundi de Pâques en avril 2026. À l’époque, l’impact sur le trafic aérien avait été « très limité », selon les premières estimations.
Cette mobilisation intervient dans un contexte où les conditions de travail des personnels navigants sont de plus en plus scrutées. Les syndicats dénoncent notamment des plannings instables, source de fatigue et de stress pour les employés, ainsi que des pratiques comme les « trippings imposés », qui imposent des enchaînements de vols sans repos suffisant. « Les rotations particulièrement pénalisantes » sont également pointées du doigt, reflétant une pression accrue sur les équipes pour répondre aux exigences opérationnelles de la compagnie.
Des revendications ignorées selon les syndicats
Les trois syndicats à l’origine du préavis rappellent avoir alerté la direction d’EasyJet France « depuis près d’un an » sans obtenir de réponses « concrètes et engageantes ». Leur mobilisation s’inscrit dans une logique de défense des droits des salariés, mais aussi de préservation de la qualité du service pour les passagers.
« Ils reprochent à la direction de ne pas avoir apporté de réponses adaptées », explique le communiqué. Les revendications portaient vraisemblablement sur des améliorations des plannings, la mise en place de mesures protectrices contre les changements de dernière minute, ou encore la réduction des enchaînements de vols pénalisants. Les syndicats estiment que ces problèmes, s’ils ne sont pas résolus, pourraient aggraver la crise de confiance déjà existante entre la direction et les équipes.
Cette situation rappelle les tensions observées dans d’autres compagnies aériennes, où les conditions de travail des personnels navigants sont souvent au cœur des conflits sociaux. En France, EasyJet fait face à une concurrence accrue, notamment de la part d’Air France, mais aussi de nouveaux acteurs sur le marché du low-cost. La gestion des ressources humaines devient un enjeu stratégique pour maintenir la compétitivité de la compagnie.
Ce conflit illustre les défis auxquels fait face le secteur aérien en matière de gestion des ressources humaines. Entre exigences opérationnelles et attentes des salariés, les compagnies doivent trouver un équilibre pour éviter des mouvements sociaux récurrents. Pour EasyJet, l’enjeu sera de concilier performance économique et bien-être au travail, sous peine de voir se multiplier les appels à la grève.
Les syndicats SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC et UNPNC-CFDT ont déposé le préavis de grève. Ces trois organisations représentent les hôtesses et stewards de la compagnie en France.
Ils pointent notamment l’instabilité des plannings, les changements de dernière minute, les « trippings imposés » (enchaînements de vols sans repos), ainsi que l’absence de mesures protectrices, malgré des alertes répétées depuis près d’un an.