Un premier cas de grippe aviaire de souche H5 a été confirmé en Australie, a annoncé samedi 20 juin la ministre australienne de l’Agriculture, Julie Collins, lors d’une conférence de presse à Canberra. Franceinfo - Santé, relayant l’information de l’AFP, rapporte que le virus a été identifié chez un oiseau marin migrateur, un labbe brun, dans une zone reculée de l’Australie-Occidentale. Des échantillons prélevés sur un second oiseau, un pétrel géant, ont également donné un résultat positif présumé. Selon les autorités sanitaires, aucun signe de mortalité massive n’a été observé à ce stade, et aucun cas d’infection n’a été détecté chez les volailles.
Ce qu'il faut retenir
- Un premier cas de grippe aviaire H5 confirmé en Australie chez un labbe brun en Australie-Occidentale, selon Franceinfo - Santé.
- Un second oiseau, un pétrel géant, présente un résultat positif présumé, sans confirmation définitive.
- La souche H5, déjà présente sur les cinq continents, a provoqué des taux de mortalité élevés chez les volailles et les oiseaux sauvages dans le monde.
- Aucun signe de mortalité massive ou d’infection chez la volaille n’est rapporté en Australie à ce jour.
- La ministre australienne de l’Agriculture, Julie Collins, a souligné que cette détection était « décevante mais pas inattendue » face à la propagation mondiale du virus.
Une souche déjà répandue sur l’ensemble de la planète
La détection du virus H5 en Australie marque un tournant dans l’épidémiologie de la grippe aviaire. Jusqu’ici épargnée, l’Australie devient ainsi le dernier continent à déclarer la présence de cette souche hautement pathogène. Selon l’Organisation mondiale de la santé animale (WOAH), la grippe aviaire H5 a déjà touché des élevages et des populations d’oiseaux sauvages sur les cinq continents, provoquant des abattages massifs et des pertes économiques considérables dans le secteur avicole. Les mammifères marins, mais aussi des animaux domestiques comme les chats, les chèvres, les alpagas ou les porcs, ont également été concernés par des cas d’infection.
Les autorités sanitaires australiennes ont précisé que l’échantillon prélevé sur le labbe brun avait été analysé par l’agence scientifique nationale, confirmant la présence du virus. « Nous savions tous que nous ne pourrions pas rester à l’abri de la grippe aviaire éternellement », a reconnu Julie Collins, rappelant que la propagation du virus était inévitable compte tenu de la mobilité des oiseaux migrateurs.
Un virus aux conséquences dévastatrices dans le monde
La souche H5, notamment la sous-variante H5N1, s’est distinguée ces dernières années par sa capacité à franchir les barrières d’espèces. En 2024 et 2025, plusieurs foyers ont été signalés en Europe, en Afrique et en Amérique du Nord, entraînant l’euthanasie de millions de volailles pour endiguer la propagation. Aux États-Unis, par exemple, plus de 90 millions de volailles avaient été abattues en 2022 pour lutter contre une épidémie de H5N1, selon le département américain de l’Agriculture (USDA).
En France, bien que moins touché que d’autres pays, le virus avait provoqué des abattages ciblés dans plusieurs départements en 2023, notamment en Vendée et dans les Pays de la Loire. Les autorités sanitaires avaient alors renforcé les mesures de biosécurité dans les élevages, tout en surveillant les oiseaux sauvages migrateurs. La détection en Australie s’inscrit dans cette dynamique mondiale de surveillance accrue, alors que les scientifiques s’interrogent sur l’évolution future du virus et son potentiel à muter.
L’Australie met en place des mesures de surveillance renforcée
Face à cette découverte, le gouvernement australien a indiqué qu’il allait intensifier la surveillance des oiseaux migrateurs et des populations de volailles. Julie Collins a confirmé que des équipes vétérinaires se rendraient sur place pour prélever des échantillons supplémentaires et évaluer le risque de propagation. « Nous suivons de près la situation et travaillons en étroite collaboration avec les experts nationaux et internationaux pour contenir tout risque », a-t-elle déclaré. Les autorités ont également appelé les éleveurs et les propriétaires d’animaux domestiques à signaler tout comportement anormal chez leurs animaux, notamment des troubles respiratoires ou des mortalités inexpliquées.
Pour l’heure, aucun cas humain n’a été signalé en lien avec cette souche en Australie. La grippe aviaire H5 peut, dans de rares cas, se transmettre à l’homme, principalement lors de contacts rapprochés avec des oiseaux infectés. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle cependant que le risque de transmission interhumaine reste faible, même si la vigilance doit être maintenue.
Si la détection en Australie confirme la présence du virus sur tous les continents, elle rappelle aussi l’importance de la coopération internationale pour lutter contre les zoonoses. Les migrations d’oiseaux, combinées aux échanges commerciaux, rendent la propagation des virus aviaires particulièrement difficile à endiguer. Les experts estiment que des foyers pourraient encore survenir dans des régions jusqu’ici épargnées, malgré les mesures de biosécurité mises en place.
La grippe aviaire H5 peut, dans de rares cas, infecter l’homme, généralement après un contact prolongé et direct avec des oiseaux infectés ou des surfaces contaminées par leurs sécrétions. Les symptômes vont d’une simple grippe à des formes graves, voire mortelles, en particulier chez les personnes immunodéprimées. Cependant, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le risque de transmission interhumaine reste très faible à ce stade. Les autorités sanitaires recommandent d’éviter tout contact avec des oiseaux malades et de signaler toute suspicion aux services vétérinaires locaux.