Le nouveau drone de combat russe Geran-4, présenté comme plus performant que ses prédécesseurs, a connu un premier engagement opérationnel en Ukraine qui s’est soldé par un échec. Selon Capital, qui cite Le Parisien, l’appareil a été abattu par un drone intercepteur ukrainien Sting lors de sa toute première utilisation confirmée sur le terrain, le 5 mai 2026. Cette interception marque un coup d’arrêt pour Moscou, alors que Moscou misait sur cet engin pour renforcer ses capacités de frappe à distance.
L’opération de neutralisation a été menée par le 1 020e régiment de missiles antiaériens ukrainien, comme le rapporte Capital. Les images diffusées par la société ukrainienne Wild Hornets, spécialisée dans les systèmes d’interception, montrent l’engin russe détruit en vol. Selon Serhii Beskrestnov, conseiller du ministère ukrainien de la Défense et expert en guerre électronique, l’interception a été réalisée à distance grâce au système Hornet Vision CTRL. Ce dispositif permet de contrôler le drone Sting depuis une position sécurisée, tout en ciblant des menaces situées à plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres.
Ce qu'il faut retenir
- Première utilisation confirmée du drone russe Geran-4 en Ukraine, intercepté le 5 mai 2026 par un intercepteur ukrainien Sting.
- L’appareil a été détruit par le 1 020e régiment de missiles antiaériens ukrainien, opérant depuis une position sécurisée grâce au système Hornet Vision CTRL.
- Le Geran-4 est une version améliorée du Geran-3, lui-même dérivé des drones iraniens Shahed, avec des performances supérieures en termes de vitesse, d’altitude et de portée.
- L’engin pèse jusqu’à 450 kg au décollage, atteint une vitesse de croisière comprise entre 350 et 500 km/h, et peut évoluer jusqu’à 5 000 mètres d’altitude.
- Des essais du Geran-4 auraient été menés fin 2025 depuis plusieurs sites en Russie, dont la région d’Oryol et près de Donetsk.
Le Geran-4 : un drone russe aux caractéristiques techniques ambitieuses
Le Geran-4 représente une évolution majeure par rapport au Geran-3, lui-même inspiré des drones iraniens Shahed. Selon les données techniques recueillies par Capital, cet appareil conserve des dimensions similaires à celles de son prédécesseur, avec une longueur d’environ 3,5 mètres et une envergure proche de 3 mètres. Cependant, ses performances ont été nettement améliorées. Plus lourd, avec une masse au décollage pouvant atteindre 450 kg, il est équipé d’un moteur turboréacteur plus puissant, doublant la poussée de la version précédente.
Résultat : une vitesse de croisière estimée entre 350 et 500 km/h, contre 280 à 330 km/h pour le Geran-3. Il peut évoluer jusqu’à 5 000 mètres d’altitude, avec une portée pouvant atteindre 850 kilomètres et une autonomie d’environ deux heures et demie. Sa charge explosive maximale est estimée à 50 kg, ce qui en fait une arme potentielle redoutable pour les frappes de précision.
Des essais menés en Russie avant une production en série
Les autorités russes auraient mené des essais du Geran-4 dès la fin de l’année 2025. Selon Capital, ces tests auraient été réalisés depuis plusieurs sites en Russie, notamment dans la région d’Oryol et près de Donetsk, une zone sous contrôle russe depuis 2022. Ces essais visaient à valider les performances de l’appareil avant une éventuelle production en série, une étape cruciale pour Moscou dans le cadre de son effort de guerre.
Par ailleurs, les responsables militaires russes envisageraient d’adapter le Geran-4 à des lancements depuis des avions d’attaque Sukhoi Su-25. Une telle adaptation permettrait d’augmenter le rayon d’action des drones et d’améliorer leur flexibilité opérationnelle, en combinant la mobilité des avions avec la discrétion et la portée des drones.
Une interception ukrainienne rendue possible par des systèmes d’interception avancés
L’interception du Geran-4 par un drone Sting ukrainien repose sur des technologies de guerre électronique de pointe. Selon Serhii Beskrestnov, conseiller du ministère ukrainien de la Défense, le système Hornet Vision CTRL a joué un rôle clé dans cette opération. Ce dispositif permet de contrôler à distance le drone intercepteur depuis une position sécurisée, tout en ciblant des menaces situées à plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres.
« L’utilisation du système Hornet Vision CTRL a permis une interception précise et sécurisée, sans exposer nos unités au feu ennemi », a déclaré Beskrestnov. Ce système illustre la capacité croissante de l’Ukraine à contrer les drones russes, malgré l’avantage technologique initial dont disposait Moscou avec ses nouveaux engins. Depuis le début du conflit, Kiev a développé plusieurs solutions pour neutraliser les drones ennemis, allant des systèmes antiaériens classiques aux drones intercepteurs dédiés.
« L’interception du Geran-4 montre que l’Ukraine maîtrise désormais des technologies lui permettant de contrer efficacement les drones russes, même les plus récents. »
Serhii Beskrestnov, conseiller du ministère ukrainien de la Défense
Contexte : une guerre où les drones jouent un rôle central
Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, les drones sont devenus un élément clé du conflit en Ukraine. Côté russe, des engins comme les Shahed ou les Lancet ont été massivement déployés pour des frappes de précision ou des missions de reconnaissance. L’Ukraine, de son côté, a développé une gamme variée de solutions pour contrer ces menaces, allant des systèmes antiaériens classiques comme le STASH aux drones intercepteurs spécialisés comme le Sting ou le JEDI.
Cette bataille technologique entre drones et systèmes d’interception s’inscrit dans un conflit où chaque camp cherche à prendre l’avantage en termes de précision, de portée et de discrétion. L’interception du Geran-4 s’ajoute à une série de succès ukrainiens récents, comme l’utilisation du drone Nexis pour abattre un Shahed-136 ou le déploiement du drone supersonique JEDI capable de détruire des Shahed. Autant dire que la course aux armements dans ce domaine reste plus que jamais d’actualité.
Quelles perspectives pour les drones de combat en Ukraine ?
L’échec du Geran-4 soulève plusieurs questions sur l’avenir des drones de combat en Ukraine. Pour Moscou, l’enjeu est de taille : si le Geran-4 s’avère inefficace ou trop vulnérable, cela pourrait retarder le déploiement massif de ces engins et réduire leur impact stratégique. À l’inverse, pour Kiev, chaque interception réussie renforce la crédibilité de ses systèmes de défense et pourrait inciter les partenaires occidentaux à accélérer les livraisons d’équipements similaires.
Par ailleurs, cette interception illustre l’importance croissante de la guerre électronique et des contre-mesures dans le conflit. Les drones ne sont plus seulement des armes de frappe, mais aussi des cibles prioritaires pour les systèmes de défense. Les prochains mois pourraient voir l’émergence de nouvelles technologies, tant russes qu’ukrainiennes, pour tenter de prendre l’avantage dans ce domaine.
Le Geran-4 est une version améliorée des drones iraniens Shahed, dont il conserve certaines caractéristiques techniques comme la taille et la forme. Cependant, il bénéficie d’un moteur turboréacteur plus puissant, ce qui lui permet d’atteindre une vitesse de croisière comprise entre 350 et 500 km/h (contre 280 à 330 km/h pour les Shahed). Son altitude maximale est également supérieure, avec 5 000 mètres contre environ 3 000 mètres pour les Shahed. Enfin, sa portée et son autonomie sont accrues, avec une capacité de frappe à 850 kilomètres et une endurance de deux heures et demie.
Le système Hornet Vision CTRL permet de contrôler à distance un drone intercepteur comme le Sting depuis une position sécurisée, tout en ciblant des menaces situées à plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres. Cela réduit considérablement les risques pour les unités ukrainiennes, qui peuvent neutraliser des drones ennemis sans s’exposer directement au feu adverse. Cette technologie illustre l’évolution des capacités de guerre électronique de l’Ukraine face aux drones russes.