Le premier vol supersonique du X-59, avion expérimental de la NASA conçu pour réduire le bang sonique, est imminent. Selon Numerama, cette étape clé devrait intervenir dès le début du mois de juin 2026, marquant une avancée majeure pour ce démonstrateur technologique. Pourtant, malgré les efforts de discrétion sonore, le bang ne pourra pas être entendu lors de ce vol. La raison ? Le X-59 ne sera pas seul dans les airs.

Dans un communiqué publié le 28 mai 2026, l’agence spatiale américaine a confirmé que le X-59 s’apprête à franchir le mur du son pour la première fois. « L’avion X-59 s’apprête à entamer une nouvelle série de vols d’essai, dont son premier vol à une vitesse supérieure à celle du son », indique le texte. Ce vol inaugural, qui devrait dépasser les 1 000 km/h à une altitude d’environ 13 km, constitue l’objectif principal de cet appareil conçu pour révolutionner l’aviation supersonique.

Ce qu'il faut retenir

  • Le premier vol supersonique du X-59 de la NASA est prévu pour début juin 2026, selon un communiqué publié le 28 mai 2026.
  • L’avion expérimental doit atteindre une vitesse de plus de 1 000 km/h à une altitude de 13 km lors de ce premier vol supersonique.
  • Un second vol, prévu en « conditions de mission », devrait atteindre Mach 1,4 (1 500 km/h) à 16 km d’altitude.
  • Le X-59 a été conçu pour limiter le bang sonique, mais celui-ci sera masqué lors du premier vol par un avion de chasse qui l’accompagnera.
  • Les vols dédiés à l’évaluation du bruit réduit du X-59 sont prévus pour l’été 2026.

Un avion conçu pour voler plus vite que le son… mais discrètement

Le X-59, développé par la NASA en collaboration avec Lockheed Martin, n’est pas un avion comme les autres. Sa forme aérodynamique atypique, avec un nez allongé et des ailes delta, a été pensée pour réduire au maximum le bang sonique. Contrairement aux avions de ligne classiques, il n’est pas destiné à transporter des passagers, mais à prouver qu’un vol supersonique peut être réalisé avec un niveau sonore acceptable. « Toute la conception de l’avion vise à limiter fortement le bruit du « bang », habituellement très fort, pour en faire plutôt un bruit sourd, quasiment inaudible », explique la NASA dans son communiqué.

Pourtant, lors de son premier vol supersonique prévu début juin, le X-59 ne sera pas seul dans le ciel. Un avion de chasse traditionnel, chargé de suivre le démonstrateur, volera à ses côtés. Or, cet avion suiveur, nécessaire pour des raisons de sécurité, produira lui aussi un bang sonique en franchissant le mur du son. Résultat : le bruit discret du X-59 sera masqué par celui de son compagnon. « Même si le X-59 fait un bruit discret, ce son sera donc masqué par le bruit de son compagnon », précise l’agence spatiale.

Deux phases de tests avant l’évaluation du bruit réel

Le calendrier des essais du X-59 s’articule en deux grandes phases. La première, qui débutera début juin 2026, consistera à valider les performances de base de l’appareil. L’avion devra atteindre une vitesse supérieure à celle du son, soit plus de 1 000 km/h, tout en respectant les contraintes de vol. Un second vol, qualifié de « conditions de mission », est ensuite prévu. Lors de cet essai, le X-59 devrait atteindre Mach 1,4, soit environ 1 500 km/h, à une altitude de 16 km. Ces paramètres correspondent aux objectifs initiaux fixés par la NASA pour ce démonstrateur.

Ce n’est qu’après ces deux vols que l’agence spatiale se concentrera sur son objectif principal : évaluer le niveau sonore du X-59. Ces essais, prévus pour l’été 2026, impliqueront un avion suiveur équipé d’une sonde spécialisée. « Cet avion sera équipé d’une sonde spécialisée de détection des ondes de choc, ce qui permettra de prendre les premières mesures des ondes de choc créées par le X-59 », indique la NASA. Ces données seront cruciales pour déterminer si le X-59 parvient à réduire significativement le bang sonique, ouvrant ainsi la voie à une aviation supersonique commerciale plus respectueuse des populations.

Une technologie conçue pour survoler des zones urbaines

L’enjeu du X-59 dépasse la simple performance technologique. À terme, la NASA ambitionne de démontrer qu’un avion supersonique peut survoler des zones urbaines sans causer de nuisances sonores excessives. Pour l’instant, les vols supersoniques commerciaux sont interdits au-dessus des terres aux États-Unis en raison du bang sonique, un phénomène qui peut causer des dégâts matériels et des perturbations importantes pour les riverains. Le X-59 pourrait changer la donne en prouvant que le bang sonique peut être réduit à un niveau acceptable.

Côté calendrier, la NASA n’a pas encore communiqué de date précise pour le premier vol supersonique du X-59, se contentant d’indiquer qu’il interviendrait « début juin 2026 ». En revanche, les essais dédiés à l’évaluation du bruit sont clairement planifiés pour l’été. « Les vols servant spécifiquement à étudier ce son auront lieu durant l’été », confirme l’agence. Ces tests seront déterminants pour la suite du projet, qui pourrait aboutir à une certification permettant à terme aux avions supersoniques de survoler les villes.

Et maintenant ?

Si les essais initiaux du X-59 se déroulent comme prévu, la NASA pourrait passer dès l’été 2026 à la phase d’évaluation du bruit, une étape cruciale pour valider la viabilité de cette technologie. En cas de succès, le X-59 pourrait servir de base à une nouvelle génération d’avions supersoniques, plus silencieux et donc plus adaptés aux vols commerciaux. Reste à voir si les résultats des mesures confirmeront les promesses de la conception aérodynamique de l’appareil. Pour l’instant, la NASA maintient le suspense sur la date exacte du premier vol supersonique, mais l’échéance se rapproche.

D’ici la fin de l’année, les données recueillies lors des essais devraient permettre à l’agence spatiale de dresser un premier bilan. Si le X-59 parvient à réduire le bang sonique à un niveau quasi inaudible, cela pourrait relancer l’intérêt pour les vols supersoniques commerciaux, un secteur en sommeil depuis la fin du Concorde en 2003. Pour l’heure, l’attention se porte sur les prochaines semaines, où le X-59 devrait enfin franchir le mur du son.

Un avion de chasse accompagnera le X-59 pour des raisons de sécurité. Bien que le X-59 soit conçu pour être stable et prévisible, la présence d’un suiveur permet de surveiller en temps réel les paramètres de vol et d’intervenir rapidement en cas d’anomalie. De plus, le bang sonique de l’avion de chasse masquera celui, plus discret, du X-59, mais cela ne remet pas en cause l’objectif principal de ces premiers essais, qui consiste à valider les performances de base de l’appareil.