Alors que l’élection présidentielle de 2027 se profile à l’horizon, Bruno Retailleau, président des Républicains (LR), s’impose comme le principal candidat de la droite, malgré des cotes de popularité en baisse et des tensions persistantes au sein de son parti. Selon BFM - Politique, les intentions de vote et l’image des figures de droite sont en recul, tandis que le Rassemblement national (RN) conserve une avance significative dans les enquêtes d’opinion. Retailleau, qui a été officiellement désigné candidat par les adhérents LR, mise sur une stratégie de fermeté et de rupture avec le macronisme pour convaincre l’électorat conservateur.

Ce qu'il faut retenir

  • Jordan Bardella (37 %) et Marine Le Pen (34 %) bénéficient des images les plus positives auprès des Français, devant Édouard Philippe (32 %) et Gabriel Attal (28 %), selon un sondage publié le 6 mai 2026.
  • Bruno Retailleau a été choisi comme candidat LR pour 2027 par les adhérents du parti et annonce un meeting le 20 juin 2026.
  • Il défend une ligne de fermeté, notamment avec son « plan d’urgence anti-trafics » et une proposition de loi contre l’entrisme islamiste au Sénat.
  • Le RN reste en tête des intentions de vote au premier tour, tandis qu’Édouard Philippe serait le seul à pouvoir le battre au second tour, selon un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche.
  • Les divisions au sein de LR persistent, avec des appels à une « union des droites » ou à une primaire ouverte, tandis que des figures comme Laurent Wauquiez ou Éric Ciotti tentent de rapprocher les sensibilités.
  • David Lisnard, maire de Cannes, menace de quitter LR si la primaire reste fermée aux autres formations politiques.

Un candidat LR sous pression, face à l’avance du RN

D’après les dernières données publiées par BFM - Politique ce 7 mai 2026, Jordan Bardella et Marine Le Pen dominent largement les intentions de vote pour la présidentielle de 2027, avec respectivement 37 % et 34 % d’image positive. Ils devancent Édouard Philippe (32 %) et Gabriel Attal (28 %), dont les cotes de popularité reculent. Si le RN caracole en tête dans les sondages, les candidats de droite et du centre peinent à fédérer au-delà de leurs bases traditionnelles.

Dans ce contexte, Bruno Retailleau, qui a été officiellement investi par les adhérents LR, mise sur une campagne axée sur la sécurité, la lutte contre l’immigration et une rupture avec le bilan du président sortant. Il a multiplié les prises de position fortes, comme son refus de soutenir Christian Estrosi à Nice lors des municipales, ou son opposition à une union formelle avec le RN, tout en se disant ouvert à dialoguer avec ses électeurs. « Je ne ruserai pas, je ne cacherai rien », a-t-il déclaré lors de l’annonce de sa candidature en février 2026.

Les divisions de la droite, entre pragmatisme local et querelles stratégiques

Malgré sa désignation, Retailleau doit composer avec des dissensions internes. Plusieurs élus LR, comme David Lisnard, menacent de quitter le parti si la primaire reste réservée aux seuls adhérents. D’autres, comme Laurent Wauquiez, prônent un « rassemblement de la droite », tandis que Éric Ciotti, allié de Marine Le Pen à l’Assemblée, estime que LR est « condamné » tant qu’il ne choisira pas clairement entre une alliance avec le RN ou une ouverture vers le centre.

Sur le terrain, la stratégie des LR oscille entre pragmatisme et confusion. Le parti multiplie les accords locaux aux municipales de 2026, allant jusqu’à s’allier avec des listes Reconquête ou Union des droites dans certaines villes, tout en fermant officiellement la porte à toute alliance nationale. Cette approche suscite des critiques, notamment de la part de socialistes, qui reprochent à Retailleau son « flou » sur les questions d’extrême droite.

« Les initiales de la France indécente », a lancé Bruno Retailleau en mars 2026, en dénonçant un « barrage systématique » contre La France insoumise (LFI), qu’il accuse d’avoir une « responsabilité politique et morale » dans des faits de violence.

Sécurité et immigration : les chevaux de bataille de Retailleau

Parmi ses propositions phares, Retailleau défend un « plan d’urgence anti-trafics », incluant la création d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) à partir du 1er janvier 2026. Il se dit convaincu que « qu’on va gagner la guerre » contre le narcotrafic, tout en critiquant la « lâcheté » du gouvernement sur d’autres sujets, comme la suspension de la réforme des retraites en novembre 2025.

Sur le dossier algérien, Retailleau maintient une ligne dure, accusant Emmanuel Macron d’avoir fait preuve de « faiblesse ». Il a même suggéré que le président démissionne, reprenant la formule gaullienne : « Le général de Gaulle l’avait fait ». Son successeur au ministère de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a en revanche privilégié le dialogue avec Alger, marquant une rupture avec la posture intransigeante de Retailleau.

Budget et alliances : les défis immédiats pour LR

À court terme, le parti doit aussi gérer les tensions autour du budget 2026. Retailleau a plusieurs fois appelé le Premier ministre Sébastien Lecornu à utiliser le 49.3 pour faire adopter un texte « responsable », tout en dénonçant une « folie fiscale » et une « tartufferie » de la part de l’exécutif. Six ministres LR, dont Rachida Dati, ont été suspendus du parti pour avoir rejoint le gouvernement, illustrant les fractures persistantes.

Enfin, l’appel de 90 personnalités de droite et du centre en faveur d’une candidature unique, publié dans La Tribune, montre l’urgence pour LR de clarifier sa stratégie. Ces personnalités estiment qu’il y aura probablement un duel entre Jean-Luc Mélenchon et un candidat du RN au second tour, ce qui rendrait toute division de la droite particulièrement risquée.

Et maintenant ?

Les prochains mois s’annoncent décisifs pour Bruno Retailleau. Son meeting du 20 juin 2026 pourrait être l’occasion de relancer une dynamique, mais il devra aussi convaincre les sceptiques au sein de son camp. Les municipales de juin 2026, où LR risque de perdre Nîmes, sa dernière grande ville de plus de 100 000 habitants, seront un test crucial. Si le RN confirme son avance dans les sondages, la pression sur Retailleau pour clarifier sa position sur les alliances avec l’extrême droite pourrait devenir intenable.

Alors que l’élection présidentielle approche, la droite reste divisée entre ceux qui prônent une union large et ceux qui refusent toute compromission. Dans ce paysage fragmenté, Retailleau mise sur une ligne de fermeté, mais son succès dépendra de sa capacité à rassembler au-delà des clivages internes.

Bruno Retailleau s’est positionné contre une « union des droites » officielle, estimant que cela affaiblirait LR. Cependant, il se dit prêt à dialoguer avec les électeurs du RN, tout en maintenant une ligne de fermeté sur les questions de sécurité et d’immigration. Cette position reflète les divisions persistantes au sein de la droite, entre un courant plus radical et un autre plus modéré.

Les municipales de juin 2026 serviront de test pour LR, qui risque de perdre Nîmes, sa dernière grande ville. Ces élections locales pourraient aussi révéler les stratégies d’alliances locales, avec des listes mêlant LR, Reconquête ou d’autres formations de droite. Une mauvaise performance pourrait fragiliser davantage le parti à l’approche de 2027.