Alors que la présidentielle de 2027 se profile à moins d’un an, plusieurs candidats à l’Élysée envisagent de recourir aux référendums pour contourner les blocages politiques, selon Le Figaro - Politique. Face à l’effritement du fait majoritaire – cette tradition républicaine garantissant au président élu une majorité absolue à l’Assemblée nationale – les prétendants à la présidence anticipent une législature divisée et ingouvernable sans outils constitutionnels renforcés.
Ce qu'il faut retenir
- Un retour en grâce des référendums : plusieurs candidats à la présidentielle de 2027 envisagent d’y recourir pour faire adopter des réformes clés dès le début de leur mandat.
- Un contexte politique tendu : l’effritement du fait majoritaire, phénomène récurrent depuis des années, rend les majorités absolues à l’Assemblée nationale de plus en plus rares.
- Un outil controversé : les candidats adorent en faire la promesse en campagne, mais les présidents une fois élus les évitent autant que possible.
- Un précédent lourd : le traumatisme du « Non » au référendum sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe (TECE) en 2005 reste dans les mémoires.
- Une solution envisagée : le référendum est perçu comme un moyen de contourner les impasses législatives face à une Assemblée nationale potentiellement divisée.
Une Assemblée nationale de plus en plus ingouvernable
Depuis des années, le paysage politique français se caractérise par une fragmentation croissante des forces parlementaires. Autrefois, l’élection présidentielle offrait systématiquement au vainqueur une majorité absolue à l’Assemblée nationale, lui permettant de gouverner sans entrave. Mais cette dynamique, appelée « fait majoritaire », s’est progressivement érodée. Désormais, les candidats à la présidence de 2027 savent qu’obtenir les clés de l’Élysée ne suffira pas à garantir une majorité stable. D’où l’intérêt renouvelé pour les référendums, présentés comme un moyen de légitimer directement certaines réformes auprès des citoyens, sans passer par un Parlement potentiellement hostile.
Un outil constitutionnel sous haute tension
Le recours au référendum n’est pas une nouveauté en France. Pourtant, son usage reste entouré de prudence, notamment depuis le rejet du traité constitutionnel européen en 2005. Ce scrutin, qui avait abouti à un « Non » massif, avait marqué un tournant dans l’histoire des consultations populaires. Depuis, les présidents successifs ont préféré éviter d’y recourir, malgré les avantages qu’il pourrait offrir. « Les candidats adorent promettre des référendums, les présidents détestent en faire », a souligné un constitutionnaliste cité par Le Figaro - Politique. Cette opposition entre la rhétorique de campagne et la réalité du pouvoir illustre les réticences persistantes à utiliser cet outil.
Les candidats de 2027 face à un dilemme
Alors que les sondages anticipent une Assemblée nationale fragmentée après le scrutin de 2027, les prétendants à l’Élysée se retrouvent confrontés à un dilemme. D’un côté, promettre des référendums en campagne leur permet de contourner les promesses de blocage parlementaire. De l’autre, une fois élus, ils devront composer avec les réalités institutionnelles et politiques. Certains candidats n’hésitent pas à intégrer cette option dans leur programme, quitte à bousculer les usages traditionnels de la Ve République. Pour eux, le référendum devient un moyen de contourner les lenteurs et les divisions d’un Parlement souvent paralysé par ses propres contradictions.
Un scénario déjà anticipé
Ce débat n’est pas nouveau. Dès 2026, plusieurs observateurs politiques avaient alerté sur les risques d’un président élu sans majorité absolue à l’Assemblée nationale. Une situation qui, selon eux, pourrait paralyser l’action gouvernementale et affaiblir la légitimité de l’exécutif. Face à ce scénario, certains candidats misent sur le référendum comme solution de dernier recours. Pourtant, cette stratégie soulève des questions sur la légitimité démocratique d’une telle approche. Un président élu au suffrage universel direct pourrait-il imposer sa volonté sans passer par le Parlement ? La réponse n’est pas évidente, et les débats juridiques et politiques s’annoncent vifs.
Une chose est sûre : la question des référendums ne manquera pas de s’inviter dans les débats électoraux. Avec, en toile de fond, une interrogation majeure : dans un contexte politique aussi fragmenté, la démocratie directe peut-elle offrir une issue aux blocages institutionnels ?
Le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen a abouti à un rejet massif par les Français, avec 54,7 % de « Non ». Ce résultat a marqué les esprits et dissuadé les présidents suivants d’utiliser cet outil, par crainte d’un rejet populaire ou d’une instrumentalisation politique. Depuis, aucun référendum n’a été organisé en France.
Selon Le Figaro - Politique, plusieurs candidats, issus de différents bords politiques, étudient sérieusement l’hypothèse d’un recours au référendum. Leurs noms n’ont pas encore été officiellement dévoilés, mais des rumeurs évoquent des figures issues à la fois de la droite, du centre et de l’extrême droite.