Pour La France insoumise (LFI), la collecte des 500 parrainages nécessaires pour présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2027 s’annonce comme un « enjeu » majeur, a indiqué ce dimanche 28 juin la députée Clémence Guetté, chargée de coordonner le programme de Jean-Luc Mélenchon. Selon BFM - Politique, cette démarche, déjà difficile en 2022, pourrait se heurter à des obstacles persistants malgré l’élargissement de l’assise parlementaire et locale du mouvement.
Ce qu'il faut retenir
- Clémence Guetté, députée LFI, a souligné que l’obtention des 500 parrainages reste « un enjeu » pour Jean-Luc Mélenchon en vue de la présidentielle de 2027.
- En 2022, LFI avait obtenu ces signatures « avec difficulté », alors que le parti ne comptait que 17 députés et « deux ou aucun maire ».
- Le mouvement dispose aujourd’hui de plus de 70 députés et d’un nombre bien plus important de maires, mais la tâche reste complexe.
- LFI a lancé des démarches auprès des maires pour les inciter à soutenir Mélenchon, qui se présente pour la quatrième fois.
- Le parti critique le système actuel des parrainages, jugé peu démocratique, et propose une alternative via des parrainages citoyens.
- La règle des 500 parrainages, en vigueur depuis 1976, impose aux candidats de recueillir des signatures de parlementaires, maires ou conseillers départementaux et régionaux.
Un système toujours aussi contraignant pour LFI
Clémence Guetté, interrogée lors de l’émission Dimanche en politique sur France 3, a rappelé que le processus de collecte des signatures n’avait pas évolué depuis 1976. « On ne part pas du même niveau », a-t-elle déclaré, soulignant que LFI partait désormais avec un avantage certain : « On avait 17 députés, on en a plus de 70. On n’avait pas de maire, ou deux. On en a beaucoup plus maintenant. » Pourtant, malgré cette progression, elle a insisté sur le fait que « ça continue pour nous d’être un enjeu ».
Des démarches ciblées auprès des élus locaux
Pour surmonter cet obstacle, LFI a engagé des actions spécifiques auprès des maires, notamment via des sollicitations directes. « Des démarches ont été entreprises auprès des maires pour les inciter à accorder leur signature à Jean-Luc Mélenchon », a précisé Guetté. Le parti mise sur l’élargissement de son réseau local pour faciliter ce processus, tout en reconnaissant que la tâche reste ardue. « Quand la plus grosse opposition de gauche a des difficultés, on voit que ça pose un problème démocratique », a-t-elle ajouté, pointant du doigt les limites du système actuel.
Une proposition alternative en débat
Pour contourner les difficultés liées aux parrainages institutionnels, LFI défend depuis plusieurs années la mise en place d’un système de parrainages citoyens. « On a proposé un système alternatif avec parrainages citoyens », a rappelé la députée, estimant que cette solution permettrait une meilleure représentativité. Cette idée s’inscrit dans une réflexion plus large sur la démocratisation de l’accès à la candidature présidentielle, alors que le nombre d’élus sollicités reste restreint et souvent influencé par des logiques partisanes ou locales.
Un contexte politique sous tension
Cette question des parrainages survient dans un contexte où LFI, principale force d’opposition à gauche, cherche à consolider sa position en vue de 2027. Jean-Luc Mélenchon, déjà candidat en 2012, 2017 et 2022, incarne une ligne politique radicale qui divise autant qu’elle fédère. Le mouvement mise sur une mobilisation populaire et culturelle pour compenser les obstacles institutionnels, comme en témoignent ses initiatives récentes : maillots de foot personnalisés, jeux en ligne ou organisation de concerts. « Maillots de foot, jeux en ligne, concerts… Comment LFI cherche à provoquer un « bouillonnement culturel » pour mobiliser ses électeurs ? », soulignait récemment BFM - Politique.
Un défi qui dépasse LFI
Si LFI est particulièrement concernée par cette problématique, elle n’est pas la seule formation politique à devoir composer avec ce système. D’autres candidats potentiels, comme Raphaël Glucksmann ou Manuel Bompard, devront également relever ce défi. Glucksmann, par exemple, devra enclencher une dynamique pour résister à la pression de LFI et du Parti socialiste, tandis que Bompard mise sur la figure de Mélenchon comme seul capable de « l’emporter face à l’extrême droite » en 2027. Autant dire que la course aux parrainages pourrait bien devenir un prélude à la campagne elle-même.
La présidentielle de 2027 s’annonce donc comme un marathon où la collecte des parrainages pourrait bien jouer un rôle aussi crucial que les débats d’idées ou les alliances politiques.
LFI estime que le système actuel, basé sur des signatures d’élus, est peu démocratique car il limite l’accès à la candidature à une minorité d’intervenants institutionnels. Le parti propose en échange un système de parrainages citoyens, plus large et inclusif, pour permettre une meilleure représentation des citoyens.