Lors des journées d'été du Parti socialiste (PS) organisées à Blois le 29 août 2026, l'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal a réaffirmé sa candidature à la primaire socialiste et démocratique prévue en octobre 2026, comme le rapporte BFM - Politique. L’ancienne ministre de l’Écologie et de l’Énergie a lancé un message aux Français : « Ne les laissez pas vous faire peur », alors que le pays traverse une période marquée par des inquiétudes économiques et sociales.

Ce qu'il faut retenir

  • Ségolène Royal, 72 ans, se présente à la primaire du PS en octobre 2026 pour porter sa vision des défis actuels.
  • Elle a mis en avant son expérience ministérielle, notamment son rôle dans le blocage du prix de l’électricité en 2014.
  • Parmi ses priorités figurent la crise climatique, la maltraitance infantile et la reconstruction de l’État.
  • Elle a refusé de commenter la possible participation de François Hollande à la primaire.
  • Son premier déplacement de terrain après sa candidature portera sur la lutte contre les violences faites aux enfants.

Une candidature portée par l’expérience et la volonté d’agir face aux crises

Âgée de 72 ans, Ségolène Royal s’est exprimée devant les militants socialistes réunis à Blois pour défendre sa candidature à la primaire du PS et de Place publique, prévue en octobre. Elle a insisté sur sa capacité à répondre aux défis actuels du pays, déclarant à la presse : « Les sujets d’actualité sont des sujets sur lesquels j’ai beaucoup travaillé. » Face à une France qu’elle juge « dans un état catastrophique », elle a souligné l’inquiétude des Français, tout en appelant à ne pas céder à la peur. « Avec l’expérience que j’ai, l’idée, c’est de dire au peuple français : ‘Ne les laissez pas vous faire peur’ », a-t-elle martelé.

Parmi les dossiers qui lui tiennent à cœur, la crise climatique occupe une place centrale. « Il faut passer de façon opérationnelle aux décisions », a-t-elle affirmé, estimant que le dérèglement climatique représente à la fois un défi et une « formidable opportunité » pour créer des emplois et améliorer le bien-être. Son engagement dans ce domaine remonte à son rôle de présidente de la COP21 en 2015, un mandat qu’elle met en avant pour justifier sa légitimité.

Électricité, enfants maltraités et solidité de l’État : les priorités annoncées

Ségolène Royal a rappelé avoir joué un rôle clé dans la régulation des prix de l’énergie alors qu’elle était ministre de l’Écologie et de l’Énergie en 2014. « J’ai bloqué le prix de l’électricité », a-t-elle affirmé, précisant avoir subi des critiques, y compris de la part d’EDF. « Mais c’était tellement évident pour moi : le maintien à bas prix de l’énergie est essentiel non seulement pour les familles, mais aussi pour les entreprises. » Un argument qu’elle compte mettre en avant pour convaincre les électeurs de sa primaire.

Autre enjeu majeur pour elle : la lutte contre les violences faites aux enfants. « Le silence sur la maltraitance sur les enfants, sur les abus sexuels, est inacceptable », a-t-elle dénoncé. Elle a promis une tolérance zéro sur ce sujet, annonçant que son premier déplacement de terrain en tant que candidate portera précisément sur cette question. « Avec moi, ça sera zéro tolérance pour les violences faites aux enfants », a-t-elle insisté, rappelant son passage au ministère de l’Éducation nationale et de la Famille et de l’Enfance.

Enfin, elle a évoqué la nécessité de « reconstruire la solidité de l’État ». « J’ai été plusieurs fois ministre, parlementaire quatre fois et présidente de région, a-t-elle souligné. Je connais à la fois le local, le global, l’appareil d’État. Aujourd’hui, un défi essentiel, c’est la reconstruction de la solidité de l’État. » Une déclaration qui s’inscrit dans un contexte où les institutions françaises sont régulièrement critiquées pour leur inefficacité perçue.

Une position claire sur la primaire et un refus de commenter Hollande

Interrogée sur la possibilité d’un recours de François Hollande en cas de faible dynamique pour le candidat issu de la primaire, Ségolène Royal a adopté une posture distante. « Moi, je respecte tout le monde et je parle aux Français. Je ne parle pas aux autres candidats », a-t-elle répondu, refusant ainsi de se prononcer sur l’éventuelle participation de son ancien compagnon de vie. François Hollande, qui avait brigué la présidence en 2012, reste une figure influente au PS, même s’il n’a pas officiellement annoncé sa candidature pour 2027.

Cette position reflète une stratégie de campagne centrée sur son propre parcours et ses propositions, plutôt que sur les querelles internes au parti. « Je parle aux Français », a-t-elle insisté, insistant sur le fait que sa candidature repose sur un dialogue direct avec les électeurs, et non sur des alliances ou des calculs politiques.

Un curriculum vitae mis en avant pour convaincre

Pour appuyer sa légitimité, Ségolène Royal a déroulé son parcours politique, soulignant ses expériences ministérielles successives, son engagement européen et ses responsabilités locales. « J’ai été plusieurs fois ministre, j’ai été parlementaire quatre fois et j’ai été présidente de région », a-t-elle résumé. Un CV qu’elle présente comme une garantie de sa capacité à gérer les crises actuelles, qu’elles soient économiques, sociales ou environnementales.

Elle a également rappelé son rôle lors de la COP21 en 2015, un mandat qui lui a valu une reconnaissance internationale et qui pourrait jouer en sa faveur dans un contexte où la transition écologique est au cœur des débats politiques. « Ma conviction profonde, c’est que dans le défi du dérèglement climatique, il y a aussi une formidable opportunité de créer des activités, des emplois et du bien-être », a-t-elle développé, insistant sur le caractère à la fois urgent et porteur de solutions de ce dossier.

Et maintenant ?

La primaire du PS et de Place publique, prévue en octobre 2026, s’annonce comme un scrutin serré entre plusieurs candidats, dont Ségolène Royal. Son positionnement sur les enjeux sociaux et écologiques pourrait séduire une partie de l’électorat traditionnel du parti, mais son âge et son image d’ancienne figure du hollandisme pourraient aussi représenter des freins. Les prochaines semaines seront déterminantes pour voir si sa campagne parvient à mobiliser au-delà de son cercle de supporters historiques.

La question d’une éventuelle entrée en lice de François Hollande reste en suspens, même si Royal a clairement choisi de faire campagne sans s’appesantir sur les rivalités internes. Enfin, la capacité du PS à retrouver une unité après des années de divisions internes sera un enjeu clé pour le parti dans la perspective de 2027.

La candidature de Ségolène Royal s’inscrit donc dans un paysage politique en pleine recomposition, où les partis traditionnels tentent de se réinventer face à la montée des extrêmes et à l’érosion de leur base électorale. Reste à savoir si son discours, fondé sur l’expérience et la fermeté, parviendra à convaincre une majorité d’électeurs socialistes.

Outre Ségolène Royal, plusieurs personnalités du PS ont déjà fait part de leur intention de se présenter ou sont pressenties. Parmi elles figurent Raphaël Glucksmann, Olivier Faure et d’autres figures du parti. Selon nos confreres de BFM - Politique, la liste définitive des candidats devrait être connue d’ici la fin septembre 2026.