Les automobilistes traversant l’Europe ce mois d’août 2026 paient leur plein d’essence ou de gazole entre **60 euros** et **123 euros** pour un réservoir de 50 litres, selon les pays. BFM Business publie, dans son édition du 8 août, un comparatif détaillé des prix à la pompe, révélant des écarts de plus de 60 % entre les États membres.

Ce qu'il faut retenir

  • Un plein de 50 litres coûte entre **60 €** (Malte) et **123 €** (Danemark) selon les pays européens en août 2026.
  • La France figure parmi les pays où l’essence est la plus chère, avec un litre de SP95 à plus de **2 €** et de gazole à **2,23 €** en moyenne.
  • Les écarts s’expliquent principalement par les accises et la TVA, dont les taux varient fortement d’un État à l’autre.
  • Les pays appliquant les accises minimales de l’UE (0,359 € pour le SP95, 0,330 € pour le gazole) affichent les prix les plus bas.
  • À l’inverse, les pays cumulant taxes élevées et TVA (France, Allemagne, Pays-Bas, pays nordiques) figurent en haut du classement.

Des écarts de prix liés aux politiques fiscales nationales

Les différences de prix à la pompe entre les pays européens s’expliquent avant tout par les choix fiscaux des États. Malgré un prix du pétrole brut identique sur les marchés internationaux, chaque gouvernement applique des accises et une TVA dont les montants varient considérablement.

L’Union européenne fixe un plancher minimal : 0,359 € par litre pour le SP95 et 0,330 € pour le gazole. Plusieurs pays, comme la Bulgarie (1,53 €/litre de SP95) ou la Pologne (1,76 €/litre), s’en tiennent à ces seuils légaux, ce qui leur permet d’afficher des prix parmi les plus bas du continent.

À l’opposé, d’autres États appliquent des prélèvements bien plus lourds. En France, l’accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE) atteint **0,69 € par litre** pour le SP95 et **0,61 €** pour le gazole, avant l’ajout de la TVA à 20 %. Résultat : la France, l’Allemagne (2,18 €/litre de SP95) et les Pays-Bas (2,37 €/litre) figurent parmi les pays où l’essence est la plus chère.

Un plein de 50 litres : jusqu’à 63 € d’écart entre Malte et le Danemark

Pour un véhicule de type berline compacte ou SUV doté d’un réservoir de 50 litres, le coût du plein varie du simple au double selon la destination. En France, il faut compter en moyenne **103,30 €** pour de l’essence et **110,80 €** pour du gazole, des montants qui placent le pays dans le haut du classement européen.

BFM Business détaille les écarts pour chaque pays, à partir des données du Weekly Oil Bulletin de la Commission européenne (édition du 6 août 2026). Le Danemark affiche les prix les plus élevés : **2,46 €/litre** pour le SP95 (122,90 € le plein) et **2,26 €/litre** pour le gazole (113,20 € le plein), soit un surcoût de **19,60 €** par rapport à la France en essence.

À l’autre extrémité du classement, Malte propose le carburant le moins cher d’Europe, avec un litre de SP95 à **1,34 €** et de gazole à **1,21 €**, grâce à des accises minimales et des subventions publiques. Un plein de 50 litres y coûte donc **67 €** en essence et **60,50 €** en diesel, soit une économie de **36,30 €** et **50,30 €** respectivement par rapport à la France.

Où rouler pour payer moins cher ? Le classement des pays européens

Voici le détail des prix moyens en août 2026 pour un plein de 50 litres, selon les données compilées par BFM Business :

  • SP95 (essence) :
    • Danemark : 122,90 € (+19,60 € vs France)
    • Pays-Bas : 118,50 € (+15,20 €)
    • Finlande : 109,80 € (+6,50 €)
    • Allemagne : 109,20 € (+5,90 €)
    • Italie : 99,60 € (-3,70 €)
    • Portugal : 99,10 € (-4,20 €)
    • Belgique : 94,10 € (-9,20 €)
    • Espagne : 84,40 € (-18,90 €)
    • Luxembourg : 85,40 € (-17,90 €)
    • Croatie : 84,60 € (-18,70 €)
    • Pologne : 87,80 € (-15,50 €)
    • Hongrie : 82,40 € (-20,90 €)
    • Bulgarie : 76,70 € (-26,60 €)
    • Suède : 72,60 € (-30,70 €)
    • Malte : 67,00 € (-36,30 €)
  • Gazole (diesel) :
    • Pays-Bas : 120,70 € (+9,90 € vs France)
    • Finlande : 116,90 € (+6,10 €)
    • Danemark : 113,20 € (+2,40 €)
    • Allemagne : 110,40 € (quasi identique à la France)
    • Italie : 104,50 € (-6,30 €)
    • Portugal : 102,50 € (-8,30 €)
    • Belgique : 108,90 € (-1,90 €)
    • Espagne : 89,70 € (-21,10 €)
    • Luxembourg : 92,70 € (-18,10 €)
    • Croatie : 94,50 € (-16,30 €)
    • Pologne : 93,90 € (-16,90 €)
    • Hongrie : 91,20 € (-19,60 €)
    • Bulgarie : 87,10 € (-23,70 €)
    • Suède : 91,20 € (-19,60 €)
    • Malte : 60,50 € (-50,30 €)

Hors Union européenne, la Suisse affiche des tarifs proches de ceux de la France : **2,05 €/litre** pour le SP95 (102,50 € le plein) et **2,26 €/litre** pour le gazole (113 € le plein), soit un écart négligeable. La Norvège, en revanche, propose un gazole à **2,05 €/litre** (102,50 € le plein, économie de 8,30 € vs France), tandis que son essence (2,10 €/litre) reste légèrement plus chère. Enfin, au Royaume-Uni, les prix sont bien inférieurs : **1,73 €/litre** pour le SP95 (86,50 € le plein, économie de 16,80 €) et **1,81 €/litre** pour le gazole (90,50 € le plein, économie de 20,30 €).

Pourquoi la France reste-t-elle parmi les pays les plus chers ?

Plusieurs facteurs expliquent la position de la France dans le haut du classement européen. L’État applique des accises élevées sur les produits pétroliers, héritées de la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques), qui s’élèvent à **0,69 € par litre** pour l’essence et **0,61 €** pour le gazole. Ces taxes sont ensuite majorées par la TVA à 20 %, ce qui renchérit encore le prix final à la pompe.

Cette structure fiscale place la France au même niveau que l’Allemagne ou les Pays-Bas, où les prélèvements sont également élevés. En revanche, les pays d’Europe de l’Est, comme la Hongrie (1,65 €/litre de SP95) ou la Bulgarie (1,53 €/litre), bénéficient d’accises alignées sur les minimums légaux de l’UE, ce qui leur permet d’afficher des tarifs bien plus bas.

Et maintenant ?

Les écarts de prix entre les pays européens devraient persister à moyen terme, tant que les États maintiennent leurs politiques fiscales distinctes. La Commission européenne pourrait, dans les prochains mois, réévaluer les accises minimales imposées aux États membres, mais aucune décision n’a encore été annoncée. Les automobilistes souhaitant réduire leur budget carburant devront donc continuer à comparer les prix avant de traverser les frontières, ou opter pour des véhicules moins gourmands.

Les prochaines données publiées par le Weekly Oil Bulletin, attendues début septembre 2026, permettront d’évaluer d’éventuelles évolutions des tarifs en Europe.

Les prix à la pompe en Europe reflètent avant tout des choix politiques nationaux. Tant que les gouvernements ne harmoniseront pas leurs fiscalités sur les carburants, les écarts resteront marqués entre les États, offrant aux voyageurs des économies substantielles… ou des dépenses imprévues.

Les écarts s’expliquent principalement par les différences de fiscalité appliquées par chaque État. Les accises (taxes forfaitaires par litre) et la TVA sont fixées librement par chaque pays, dans le respect des planchers minimaux imposés par l’UE. Par exemple, la France applique des accises élevées sur les carburants, ce qui renchérit les prix malgré une proximité géographique avec l’Allemagne ou la Belgique, où les taxes sont moins lourdes.