Selon Franceinfo – Faits divers, la Défenseure des droits, Claire Hédon, a officiellement demandé au ministère de l’Intérieur d’engager une procédure disciplinaire à l’encontre des policiers impliqués dans la mort de Nahel Merzouk, survenue en juin 2023. Cette demande cible en priorité l’agent ayant tiré, estimant que son usage de l’arme n’était « pas absolument nécessaire » et « disproportionné ».

Ce qu’il faut retenir

  • Trois ans après les faits, la Défenseure des droits publie ses conclusions et exige une sanction disciplinaire contre les policiers.
  • Le tir mortel est jugé non proportionné par l’autorité indépendante, qui souligne des manquements déontologiques.
  • La course-poursuite initiale est qualifiée de contraire aux consignes en vigueur à l’époque.
  • Un nouveau rebondissement judiciaire intervient le 12 juin 2026, avec l’annulation par la Cour de cassation de la requalification des faits en violences.

Une enquête de la Défenseure des droits aux conclusions accablantes

Dans son rapport rendu public le 19 juin 2026, Claire Hédon, qui s’était saisie d’office de l’affaire, met en lumière plusieurs manquements graves des policiers. Elle rappelle que la course-poursuite engagée ce jour-là contre Nahel Merzouk, alors âgé de 17 ans, « contrevenait aux consignes » alors en vigueur. Celles-ci restreignaient ces pratiques à des « faits présentant une certaine gravité », ce qui n’était pas le cas selon l’autorité.

L’enquête révèle également des écarts aux règles déontologiques : l’un des policiers, s’étant penché dans l’habitacle du véhicule avec son arme à la main, a adopté des « gestes non conformes » aux procédures enseignées. Au moment où Nahel Merzouk a redémarré son véhicule « à une vitesse réduite », les agents ne se trouvaient pas sur sa trajectoire, ce qui, pour la Défenseure des droits, « ne constituait pas un péril imminent ».

Une utilisation de l’arme jugée injustifiée et disproportionnée

Le cœur des critiques de Claire Hédon porte sur le tir mortel lui-même. L’autorité indépendante estime que l’usage de l’arme à feu « n’était pas absolument nécessaire » et « disproportionné » au regard de la situation. Dans son analyse, elle souligne que le jeune homme, au volant de sa voiture, ne représentait pas une menace immédiate pour les policiers. Ces derniers auraient donc pu recourir à d’autres moyens pour neutraliser la situation.

Par ailleurs, le rapport pointe un « manquement déontologique » de l’agent ayant tiré, ainsi qu’un défaut d’obéissance et de discernement de la part des deux policiers impliqués dans l’interpellation. Ces éléments ont conduit Claire Hédon à demander une sanction disciplinaire, sans pour autant préjuger des suites pénales de l’affaire.

Un nouveau rebondissement judiciaire en juin 2026

Le dossier judiciaire a connu un nouvel épisode le 12 juin 2026, lorsque la Cour de cassation a annulé la requalification des faits en violences pour le policier auteur du tir. Cette décision rouvre la voie à un possible procès pour meurtre, comme le précise l’autorité judiciaire dans ses attendus. Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Intérieur n’a pas fait de commentaire immédiat sur cette demande de procédure disciplinaire, ni sur les conclusions du rapport de la Défenseure des droits.

« Elle considère ainsi que l’usage d’une arme n’était pas absolument nécessaire ni proportionné. »
— Claire Hédon, Défenseure des droits

Et maintenant ?

La balle est désormais dans le camp du ministère de l’Intérieur, qui doit se prononcer sur l’engagement d’une procédure disciplinaire à l’encontre des policiers. La décision pourrait intervenir dans les prochains mois, alors que le dossier judiciaire reste en suspens. Par ailleurs, les conclusions de la Défenseure des droits pourraient alimenter les débats autour des pratiques policières et des règles encadrant l’usage des armes à feu lors des interpellations.

Côté associations et proches de Nahel Merzouk, la publication de ce rapport est perçue comme une étape vers une reconnaissance des manquements dans cette affaire. Des mobilisations, comme celle organisée à Nanterre en mars 2026, rappellent que l’affaire reste un sujet de tension sociale et politique.

Claire Hédon estime que le tir du policier n’était pas nécessaire ni proportionné, et que plusieurs manquements déontologiques ont été commis, notamment lors de la course-poursuite et de l’intervention elle-même.