Le procès de Marie-Thérèse Garcia, 79 ans, accusée du meurtre de Corinne Di Dio en juin 1995, a débuté le 16 juin devant la cour d’assises des Yvelines à Versailles. Ce lundi 22 juin, au sixième jour des débats, le témoignage d’une amie proche de la victime a révélé les zones d’ombre entourant le rôle d’Antonio Marquez-Gomez, ex-compagnon de Corinne Di Dio et co-accusé absent du procès.

Selon BFM - Faits Divers, Valérie P., amie et confidente de Corinne Di Dio depuis plusieurs années, a livré devant la cour un récit détaillé des semaines précédant la disparition de la victime. Elle a notamment décrit l’emprise progressive exercée par Antonio Marquez-Gomez sur Corinne Di Dio, au point de la présenter comme une « toile » tissée jour après jour pour la déstabiliser.

Ce qu'il faut retenir

  • Marie-Thérèse Garcia, 79 ans, est jugée pour le meurtre de Corinne Di Dio, 37 ans, dont le corps démembré a été retrouvé dans une malle métallique sur la Seine en juin 1995.
  • Antonio Marquez-Gomez, ex-compagnon de la victime et bandit notoire, est co-accusé mais absent du procès. Il est visé par un mandat d’arrêt et soupçonné de se cacher en Colombie.
  • Valérie P., amie proche de Corinne Di Dio, a témoigné de l’emprise d’Antonio Marquez-Gomez et du rôle ambigu de Marie-Thérèse Garcia, intermédiaire entre les deux.
  • En mars 1995, Corinne Di Dio prévoyait de rejoindre Antonio Marquez-Gomez en Colombie avec leur fils Romain, avant que le projet ne tombe à l’eau.
  • Le 19 juin 1995, Corinne Di Dio a disparu après avoir quitté son travail. Son corps, privé de tête et de mains, n’a été identifié qu’en 1997.

Une amitié et une disparition entourées de mystère

Valérie P., vêtue d’une robe à motifs et les cheveux grisonnants coupés court, a témoigné devant la cour d’assises des Yvelines à Versailles avec une émotion palpable. « Corinne, c’est un grand vide encore aujourd’hui, mais surtout une incompréhension totale », a-t-elle déclaré, la voix tremblante. Amie et confidente de la victime, elle a retracé les derniers mois de sa vie, marquée par une tentative désespérée de reconstruction.

Corinne Di Dio, commerciale de 37 ans, traversait une période difficile en 1995. En plein divorce avec Antonio Marquez-Gomez, elle élevait seule leur fils, Romain, alors âgé de huit ans. Après une tentative d’enlèvement du garçon en Espagne huit ans plus tôt, elle cherchait à renouer un lien avec son ex-compagnon, par l’intermédiaire de Marie-Thérèse Garcia, sa belle-sœur.

L’emprise d’Antonio Marquez-Gomez et le rôle de Marie-Thérèse Garcia

Selon Valérie P., Antonio Marquez-Gomez a progressivement « tissé une toile » autour de Corinne Di Dio, alternant promesses et contradictions pour la déstabiliser. « Il lui a fait miroiter beaucoup de choses, lui a raconté une chose et son contraire. Et encore, je ne suis pas sûre d’avoir eu connaissance de tout. Il la déstabilisait », a-t-elle affirmé. Pour Valérie P., cette manipulation visait à garder un contrôle sur Corinne Di Dio, malgré l’échec du projet de départ en Colombie.

Marie-Thérèse Garcia, surnommée « Mamie Trésor » par les enfants dont elle s’occupait, jouait selon Valérie P. le rôle d’intermédiaire entre Corinne Di Dio et Antonio Marquez-Gomez. « Elle était tout le temps au milieu, c’était le seul point de contact avec Antonio pour Corinne. Elle devait toujours passer par Madame Garcia pour entrer en contact avec lui », a expliqué l’amie de la victime. Cette dernière a également évoqué les mots de Marie-Thérèse Garcia, cinq jours après la disparition de Corinne Di Dio : « Si sa mère n’est pas là, je ne veux pas que Romain soit mis à la DDASS, je préfère encore le donner à son père. »

« Pour moi, il y a eu beaucoup de précipitation, comme un état d’urgence que je ne comprenais pas. (...) La priorité, c’était pas ça. Là, c’était très logistique là où moi, j’étais dans l’émotion. »
— Valérie P., devant la cour d’assises des Yvelines

Les derniers jours de Corinne Di Dio et la découverte macabre

Début 1995, Corinne Di Dio envisageait de partir s’installer en Colombie avec son fils et Antonio Marquez-Gomez. Elle avait même désinscrit Romain de son école en prévision de ce départ, prévu pour la fin mars. Cependant, au dernier moment, Antonio Marquez-Gomez a fait marche arrière. « Quand le projet de la Colombie est tombé à l’eau, ça a été une grosse déception », a souligné Valérie P.

Romain a alors été inscrit dans une école à Saint-Hilarion, et Marie-Thérèse Garcia a accepté de s’occuper de lui en semaine. Le 19 juin 1995, Corinne Di Dio a quitté son travail en laissant entendre à ses collègues qu’elle devait se rendre à un rendez-vous étrange. Ce fut la dernière fois qu’elle a été vue vivante. Neuf jours plus tard, son corps démembré était retrouvé dans une malle métallique flottant sur la Seine, dans l’Eure. Sans tête ni mains, l’identification n’a pu être faite qu’en 1997.

Un procès sous le signe des questions sans réponses

Trente et un ans après les faits, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Pourquoi Antonio Marquez-Gomez a-t-il souhaité garder un contrôle sur Corinne Di Dio alors que le projet de Colombie avait échoué ? Pourquoi Marie-Thérèse Garcia a-t-elle insisté pour que Romain soit confié à son père en cas de disparition de sa mère ? Ces questions, Valérie P. ne peut y répondre. « Je ne vois pas l’intérêt de tout ça. Je ne sais pas pourquoi. Pour faire ce que lui voulait, qu’elle finisse par lâcher l’affaire pour Romain ? Je ne sais pas, franchement, je ne sais pas », a-t-elle admis devant la cour.

Antonio Marquez-Gomez, bien que co-accusé, n’est pas présent à l’audience. Visé par un mandat d’arrêt international, il est soupçonné de se cacher en Colombie. Son absence soulève des interrogations sur les motivations profondes de son comportement en 1995 et sur les raisons de sa fuite.

Et maintenant ?

Le procès de Marie-Thérèse Garcia doit se poursuivre dans les prochains jours à Versailles. Les débats devraient porter sur les liens entre les deux accusés, ainsi que sur les circonstances exactes de la disparition de Corinne Di Dio. Quant à Antonio Marquez-Gomez, son arrestation et son éventuelle extradition de Colombie restent incertaines, dans un contexte où les autorités françaises et colombiennes devront coordonner leurs efforts.

Pour Valérie P., ce procès représente une occasion de faire la lumière sur une affaire qui a marqué sa vie et celle de nombreux proches de Corinne Di Dio. « Corinne, c’est un grand vide encore aujourd’hui », a-t-elle rappelé, soulignant que l’incompréhension persiste malgré le temps écoulé.

Antonio Marquez-Gomez est visé par un mandat d’arrêt international et est soupçonné de se cacher en Colombie. Son absence s’explique par son refus de se rendre en France pour répondre des accusations portées contre lui.

Marie-Thérèse Garcia est accusée d’avoir participé à la disparition de Corinne Di Dio. Elle était l’intermédiaire entre cette dernière et Antonio Marquez-Gomez, et s’est occupée de leur fils, Romain, après la disparition de la victime. Elle clame son innocence et affirme avoir agi par bienveillance.