Alors que Gérald Darmanin, garde des Sceaux, défend son projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, l’exécutif s’attend à une adoption difficile à l’Assemblée nationale, prévue pour le mardi 30 juin 2026. Selon Le Monde - Politique, les parlementaires, issus de divers groupes politiques, expriment une volonté commune : celle d’intégrer dans ce texte une loi globale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, un sujet qui cristallise les tensions au sein de la majorité et de l’opposition.
Ce qu'il faut retenir
- Un texte controversé : le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes arrive en discussion à l’Assemblée nationale le 30 juin 2026.
- Une fronde transpartisane : avocats et magistrats, mais aussi de nombreux députés, jugent le texte incomplet et réclament une loi dédiée aux violences faites aux femmes et aux enfants.
- Un garde des Sceaux isolé : Gérald Darmanin se retrouve en difficulté pour rallier une majorité autour de son projet, alors que les attentes sociétales et parlementaires évoluent.
Un projet de loi jugé insuffisant par une partie de la classe politique
Le texte porté par Gérald Darmanin, ministre de la Justice, ambitionne de renforcer le respect des victimes dans les procédures judiciaires. Pourtant, dès les premières consultations, il suscite une levée de boucliers. Les avocats, regroupés au sein du Conseil national des barreaux, ont multiplié les prises de position publiques pour dénoncer l’absence de mesures concrètes contre les violences sexistes et sexuelles. « Ce texte ne répond pas à l’urgence sociale que représente la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants », a déclaré Christian Saint-Palais, président du CNB, dans un communiqué diffusé le 15 mai 2026.
De leur côté, les magistrats, via leur syndicat majoritaire Syndicat de la magistrature, ont également pointé du doigt le manque d’ambition du projet. Ils estiment que les moyens alloués à la justice restent insuffisants pour garantir une prise en charge rapide et efficace des victimes. « Sans augmentation des effectifs et des budgets, toute réforme sera vaine », a souligné Virginie Duval, porte-parole du syndicat, lors d’une conférence de presse organisée le 10 juin 2026.
Des parlementaires en quête d’une loi globale sur les violences
À l’Assemblée nationale, plusieurs groupes politiques, allant de la NUPES à une partie de la majorité présidentielle, ont fait part de leur volonté d’amender le texte pour y intégrer un volet dédié aux violences faites aux femmes et aux enfants. « Nous ne pouvons pas voter un projet qui ignore l’une des priorités absolues de notre société », a affirmé Élisabeth Moreno, députée LFI, lors des débats en commission. Selon Le Monde - Politique, cette fronde interne pourrait contraindre le gouvernement à revoir sa copie, voire à accepter un texte scindé en deux lois distinctes.
Les associations féministes, comme Osez le Féminisme ou le Collectif féministe contre le viol, ont également interpellé les parlementaires pour qu’ils fassent pression sur le gouvernement. « Les victimes de violences attendent des actes, pas des demi-mesures », a rappelé Camille Koucher, porte-parole du collectif, dans une tribune publiée le 25 mai 2026 dans Libération.
Quoi qu’il en soit, cette crise révèle une divergence croissante entre l’exécutif et une partie de la classe politique, mais aussi de la société civile, sur la manière de traiter les questions de violence et de justice. Le débat dépasse désormais le cadre du simple projet de loi : il interroge la capacité de l’État à répondre à des enjeux sociétaux majeurs.
Les critiques portent principalement sur l’absence de mesures concrètes contre les violences faites aux femmes et aux enfants, jugées insuffisantes par les avocats, les magistrats et les associations féministes. Le texte est perçu comme incomplet et ne répondant pas à l’urgence sociale.
Les parlementaires estiment que les violences faites aux femmes et aux enfants nécessitent une loi dédiée, avec des moyens budgétaires et humains adaptés. Ils considèrent que le projet actuel est trop limité et ne répond pas aux attentes de la société en matière de protection des victimes.