La compagnie aérienne australienne Qantas devra patienter jusqu’au premier semestre 2027 pour recevoir le premier de ses douze Airbus A350-1000ULR, des appareils conçus pour relier l’Australie à l’Europe et à l’Amérique du Nord sans escale. Initialement prévu pour 2025, puis reporté à fin 2026, ce retard de deux ans illustre les difficultés persistantes de la filière aéronautique depuis la crise sanitaire, selon BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • Le premier Airbus A350-1000ULR de Qantas est désormais attendu pour avril 2027, au lieu de 2025 ou fin 2026.
  • Ce retard est imputé aux difficultés de production et d’approvisionnement dans le secteur aéronautique post-Covid.
  • L’appareil, doté d’un réservoir supplémentaire de 20 000 litres, permettra des vols de plus de 20 heures.
  • La cabine, limitée à 238 sièges répartis en quatre classes, intègre des aménagements spécifiques pour le confort sur longues distances.
  • Qantas mise sur ce projet « Sunrise » pour établir les liaisons sans escale les plus longues au monde, dépassant les 19 heures actuelles du vol New York-Singapour.

Ce contretemps s’inscrit dans un contexte plus large de tensions persistantes au sein de la chaîne d’approvisionnement de l’industrie aéronautique. Les retards ne concernent pas seulement des appareils spécialisés comme l’A350-1000ULR, mais également des modèles standard, signe d’un secteur encore en phase de rattrapage après les perturbations liées à la pandémie. Airbus, partenaire de Qantas sur ce projet ambitieux, a dû adapter la conception du réservoir supplémentaire en cours de développement, ajoutant une complexité technique supplémentaire.

Un avion taillé pour le « projet Sunrise »

L’Airbus A350-1000ULR (Ultra Long Range) n’est pas un appareil comme les autres. Conçu spécifiquement pour répondre aux exigences du « projet Sunrise » de Qantas, il doit permettre de relier Sydney, Melbourne ou Brisbane à Londres ou New York en un seul vol, sans escale. Avec une autonomie annoncée de 22 heures, il dépasse largement les capacités des avions long-courriers actuels, dont le record est détenu par le vol Singapore Airlines entre New York et Singapour, d’une durée moyenne de 19 heures.

Pour garantir cette autonomie exceptionnelle, l’appareil est équipé d’un réservoir additionnel de 20 000 litres de carburant. Propulsé par des moteurs Rolls-Royce Trent XWB, il mise également sur une cabine repensée pour le confort des passagers sur des trajets aussi longs. Avec seulement 238 sièges répartis en quatre classes – Première, Affaires, Premium Economy et Économie –, Qantas a fait le choix d’une configuration spacieuse, visant à offrir un espace accru et des équipements dédiés au bien-être en vol.

Parmi ces aménagements, on trouve des lits complets en Première classe, des sièges ergonomiques en Économie, ainsi qu’une zone dédiée au « bien-être ». « Nous avons conçu une cabine qui anticipe les besoins physiologiques des passagers sur plus de vingt heures de vol », a précisé la compagnie australienne.

Un calendrier ajusté, mais des objectifs maintenus

Si le report de la livraison du premier appareil à avril 2027 est un revers pour Qantas, la compagnie se veut rassurante quant à la suite du calendrier. « Même si la livraison du premier appareil a été repoussée à avril 2027, les quatre suivants arriveront rapidement après, ce qui nous permettra de revenir à notre calendrier initial d’ici novembre », a indiqué Qantas. La compagnie ajoute qu’elle « continue à travailler étroitement avec Airbus sur le processus de livraison et de certification », une étape clé pour le lancement des vols commerciaux prévus la même année.

Ce projet, qui vise à établir les liaisons sans escale les plus longues au monde, s’inscrit dans une stratégie de diversification des destinations pour Qantas. L’objectif est de réduire la dépendance aux escales techniques, souvent coûteuses en temps et en ressources. Cependant, la réussite de ce pari dépendra en grande partie de la capacité d’Airbus à tenir ses engagements, dans un contexte industriel toujours marqué par des retards récurrents.

Et maintenant ?

Le premier semestre 2027 marquera un tournant si l’Airbus A350-1000ULR est bien livré à temps. Qantas prévoit ensuite une montée en puissance progressive de sa flotte, avec l’arrivée des appareils suivants dans les mois qui suivront. La certification des avions et l’obtention des autorisations de vol pour les liaisons envisagées resteront des étapes critiques. Reste à voir si les améliorations apportées à la conception du réservoir et les ajustements logistiques permettront de tenir les délais annoncés.

Ce retard, bien que significatif, ne remet pas en cause l’ambition de Qantas de révolutionner les vols long-courriers. Il rappelle en revanche les défis persistants d’une industrie encore en convalescence après la pandémie. Pour les passagers, l’attente pourrait enfin toucher à sa fin en 2027, à condition que les prochaines étapes se déroulent sans nouveau contretemps.

Selon le projet « Sunrise » de Qantas, les destinations envisagées incluent Sydney, Melbourne et Brisbane vers Londres et New York. Ces liaisons sans escale, d’une durée supérieure à 20 heures, permettraient à la compagnie de se positionner sur le marché des vols ultra long-courriers.