« On espère tout simplement être renvoyés chez nous pour finir le confinement dans notre maison tranquillement, tout simplement. » Roland Seitre, 68 ans, et son épouse Julia, confinés depuis un mois à l’hôpital Bichat à Paris, attendent avec impatience leur libération prévue le 21 juin. Le couple, installé dans une chambre de 25 m², critique les conditions strictes de leur quarantaine, alors qu’ils n’ont contracté aucun virus malgré la présence d’un foyer d’hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius où ils voyageaient. Selon Franceinfo - Santé, ce dispositif exceptionnel, décidé par les autorités sanitaires, vise à écarter tout risque de contamination.
Ce qu'il faut retenir
- Julia et Roland Seitre, deux retraités français, sont confinés à l’hôpital Bichat depuis trente jours sans avoir contracté l’hantavirus.
- Le navire MV Hondius, où s’est déclaré le foyer viral, a enregistré trois décès parmi ses passagers.
- Le couple n’a accès qu’à une heure de sortie par jour dans la cour de l’hôpital et subit deux tests médicaux quotidiens.
- Leur libération est prévue pour le 21 juin, mais ils saisissent le juge des libertés pour tenter d’obtenir un retour anticipé chez eux.
- Les autorités sanitaires maintiennent une quarantaine stricte pour éviter tout risque de propagation.
Un isolement carcéral dans une chambre d’hôpital
Julia et Roland Seitre, deux retraités français en voyage sur le MV Hondius, se retrouvent aujourd’hui prisonniers d’une chambre d’hôpital à l’hôpital Bichat à Paris. « C’est plus grand que la cabine du bateau. Et ça bouge moins », a ironisé Roland Seitre lors de son entretien avec Franceinfo - Santé. Pourtant, derrière cette tentative de détente se cache une réalité bien plus contraignante. « On a une vue sur l’extérieur, mais on n’a pas d’accès à l’extérieur. C’est quand même très carcéral », a-t-il précisé. Les premiers jours, les normes sanitaires étaient encore plus strictes : pas de salle de bains, un seau pour les besoins et un gant de toilette humidifié pour leur hygiène quotidienne. Aujourd’hui, la situation s’est légèrement assouplie, mais la liberté reste limitée à une heure de promenade par jour dans la cour de l’hôpital.
Des examens médicaux quotidiens pour écarter tout risque
Pour s’assurer que les deux retraités n’ont pas contracté le virus, les équipes médicales de l’hôpital Bichat multiplient les contrôles. « Deux tests par jour pour nos constantes : température, poumons, pression artérielle, rythme cardiaque et respiration », a détaillé Roland Seitre. En complément, des prises de sang sont réalisées deux fois par semaine. « Il faut être sûr à 100 % que nous n’avons pas le virus », a-t-il ajouté. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie sanitaire visant à éviter toute propagation de l’hantavirus, responsable de trois décès à bord du MV Hondius. Une décision qui, selon les autorités, est nécessaire pour garantir la sécurité de tous.
Une impatience croissante malgré la date de sortie fixée
Le 21 juin, Julia et Roland Seitre devaient normalement rentrer chez eux en France pour y achever leur quarantaine dans leur domicile. Pourtant, après deux mois passés entre le navire et l’hôpital, l’attente pèse de plus en plus lourd. « On espère simplement être renvoyés chez nous pour finir le confinement dans notre maison tranquillement, comme cela avait été prévu au départ », a expliqué Roland Seitre. Face à cette situation, le couple a décidé de saisir le juge des libertés ce lundi 8 juin, dans l’espoir d’obtenir une libération anticipée. Une démarche qui reflète leur frustration face à un isolement prolongé, alors que leur état de santé ne justifie plus une telle rigueur.
Un anniversaire marqué par la quarantaine
Demain, mardi 9 juin, Roland Seitre fêtera ses 68 ans. Un anniversaire qui aurait dû être célébré en famille, mais qui se déroulera à nouveau dans cette chambre d’hôpital. « Voilà deux mois que le virus a bouleversé notre vie », a-t-il rappelé. Julia et lui, qui étaient en croisière pour profiter de leur retraite, se retrouvent aujourd’hui confrontés à une routine médicale strictement encadrée. Pourtant, malgré cette épreuve, le couple garde une certaine résilience, comme en témoigne leur humour face à l’absurdité de leur situation : « C’est plus grand que la cabine du bateau. Et ça bouge moins. »
L’histoire de Julia et Roland Seitre illustre les conséquences concrètes des politiques sanitaires strictes, même lorsqu’elles ne sont plus strictement nécessaires. Leur cas pourrait, à terme, influencer les pratiques en matière de quarantaine pour les voyageurs exposés à des risques infectieux.
Les autorités sanitaires maintiennent leur quarantaine jusqu’au 21 juin par précaution, afin d’écarter tout risque de contamination résiduelle. Cette décision s’inscrit dans le cadre des protocoles sanitaires en vigueur pour les foyers d’hantavirus, une maladie qui peut se transmettre même en l’absence de symptômes apparents.